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50% de nos étudiants sont recrutés avant même la fin de leurs études

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Entretien avec Thami Ghorfi, président de l’ESCA

Selon M, Ghorfi, l’enjeu pour une institution comme ESCA est de renforcer son positionnement en tant que référence académique, à la fois au Maroc et à l’international, tout en consolidant ce qui fait sa singularité : un modèle qui combine exigence académique, proximité avec le monde de l’entreprise et ouverture à l’international.

Aujourd’hui les établissements d’enseignement supérieur sont constamment en quête de nouvelles ressources. Quelle est votre stratégie en matière de recherches et quel rôle réservez-vous aux étudiants dans ce sens ?

Thami Ghorfi : Dans un contexte où les établissements d’enseignement supérieur sont appelés à se réinventer, la recherche ne peut plus être envisagée comme une finalité académique en soi. Elle doit être orientée vers l’impact, en lien direct avec les enjeux économiques, sociaux et managériaux.
Dans cette logique, la stratégie de recherche s’appuie sur une ambition claire : produire des connaissances utiles, ancrées dans les réalités du Maroc et de l’Afrique, et capables d’enrichir à la fois le monde académique et les pratiques des organisations. L’objectif n’est pas uniquement de publier, mais de contribuer concrètement aux dynamiques de transformation des entreprises et des écosystèmes.
Cette approche repose sur un écosystème de recherche structuré et collaboratif, intégrant des chaires, des groupes de recherche et des initiatives comme l’Africa Case Lab. Ces dispositifs permettent de développer une recherche à la fois spécialisée, transdisciplinaire et connectée aux problématiques réelles, en interaction avec les entreprises, les institutions et les acteurs publics.
Dans cette dynamique, l’étudiant occupe une place centrale. Il n’est pas seulement exposé aux résultats de la recherche, mais progressivement impliqué dans des démarches d’analyse et de réflexion appliquées. À travers les études de cas, les projets et l’intégration de savoirs actualisés dans les enseignements, il développe des compétences clés: capacité d’analyse, esprit critique, compréhension des enjeux complexes et aptitude à proposer des solutions.
Enfin, la recherche est pensée comme un levier d’amélioration globale de l’écosystème. Au-delà de la production scientifique, elle vise à favoriser le transfert de connaissances, à enrichir l’expérience étudiante, à accompagner les organisations dans leurs transformations et à contribuer aux réflexions sur les politiques publiques et le développement socio-économique.
Ainsi, la recherche s’inscrit dans une logique intégrée, où production de savoirs, formation des étudiants et impact sur l’environnement économique avancent de manière cohérente et complémentaire.

En tant que professionnel chevronné, quelle est votre vision pour l’ESCA en 2030?

Dans un environnement marqué par des transformations profondes (technologiques, économiques et sociétales) la projection à l’horizon 2030 ne peut pas se limiter à une ambition de croissance. Elle doit avant tout s’inscrire dans une vision de transformation, en phase avec les évolutions du monde du travail et les attentes des nouvelles générations.
L’enjeu pour une institution comme ESCA est de renforcer son positionnement en tant que référence académique, à la fois au Maroc et à l’international, tout en consolidant ce qui fait sa singularité : un modèle qui combine exigence académique, proximité avec le monde de l’entreprise et ouverture à l’international.
Pour les étudiants, cela signifie évoluer dans un environnement encore plus connecté aux réalités économiques, où les compétences développées ne répondent pas uniquement aux besoins actuels, mais anticipent ceux de demain.
L’ambition est de former des leaders capables d’évoluer dans des carrières non linéaires, d’intégrer les transformations technologiques, notamment liées à l’intelligence artificielle, et de prendre des décisions dans des contextes complexes, incertains et globaux.
Cette vision passe également par un renforcement de l’ancrage africain et international, avec une volonté de positionner ESCA comme un hub académique entre l’Afrique et le reste du monde, capable de produire de la recherche à impact, de former des leaders engagés et de contribuer activement aux grandes transitions.
Enfin, à horizon 2030, la priorité reste inchangée : garantir aux étudiants une expérience de formation à forte valeur ajoutée, qui leur permette non seulement de s’insérer rapidement, mais surtout de construire des trajectoires professionnelles durables, évolutives et porteuses de sens.

Quels sont les diplômes qu’on peut obtenir aujourd’hui à travers votre école ?

Aujourd’hui, les diplômes proposés à ESCA reposent sur un double socle de reconnaissance : la reconnaissance par l’État marocain, qui garantit leur validité académique au niveau national, et des accréditations internationales telles que AACSB et AMBA, qui attestent de leur alignement avec les standards des meilleures business schools à l’échelle mondiale.
Après le baccalauréat, un étudiant peut intégrer des parcours structurés en management, soit en Bac+3 avec la «Licence en Management des Entreprises» ou «International Business Administration Program», un parcours 100% en anglais, soit en Bac+5 à travers le «Programme Grande Ecole». Ces programmes offrent également des opportunités de double diplomation à l’international avec de prestigieuses Business Schools telles que KEDGE ou NEOMA, permettant d’enrichir le parcours académique de nos étudiants par une expérience et une reconnaissance complémentaires à l’étranger.
Ces parcours sont complétés par des Masters Spécialisés, également reconnus par l’État marocain, et offrant une double diplomation internationale délocalisée avec des institutions de renom, comme l’IAE de Poitiers, renforçant ainsi la portée académique et professionnelle du diplôme.
En parallèle, les programmes du pôle ESCA Executive Education permettent d’accéder à des diplômes internationaux délocalisés, en partenariat avec des institutions étrangères de référence. C’est notamment le cas des Executive Masters délivrant des diplômes d’État français de l’IAE de Montpellier par exemple, mais aussi de programmes de haut niveau comme le MBA International de HEC Liège doublement accrédité ou le Global Executive MBA de Telfer School of Management (Université d’Ottawa) triplement accrédité.

Souvent les entreprises reprochent aux jeunes diplômés leur manque d’expérience et le décalage des formations avec la réalité du travail en entreprise. Comment l’ESCA apporte-t-elle une réponse concrète à cette problématique ?

Le décalage entre formation académique et réalité de l’entreprise est une critique récurrente, mais il renvoie souvent à une question plus profonde : la capacité d’une formation à exposer l’étudiant, dès son parcours, à des situations concrètes et à des environnements professionnels réels.
Pour un étudiant, l’enjeu n’est pas seulement d’accumuler des connaissances, mais de développer des compétences directement mobilisables : analyser une situation, prendre des décisions, travailler en équipe et s’adapter à des contextes évolutifs.
Dans cette logique, l’approche développée à ESCA repose sur une forte intégration de l’expérience professionnelle tout au long du parcours. Cela se traduit par des stages, des projets en lien avec des entreprises, des études de cas réels et des interventions de professionnels, permettant aux étudiants d’être confrontés très tôt aux attentes du monde du travail.
Cette immersion progressive est renforcée par un écosystème connecté aux entreprises, avec un réseau de partenaires qui contribue à aligner les contenus pédagogiques avec les besoins réels du marché. L’étudiant ne découvre donc pas l’entreprise à la fin de son cursus, mais construit son expérience au fil des années.
Par ailleurs, les méthodes pédagogiques privilégient l’apprentissage actif : simulations, business games, projets collaboratifs… autant de formats qui développent des compétences opérationnelles et une capacité à évoluer dans des environnements complexes. Les résultats observés traduisent cette approche : une insertion rapide, souvent avant même la fin des études, et un accès à des postes à responsabilité dès le début de carrière.

Combien faut-il en moyenne à vos lauréats pour décrocher leur premier emploi à la sortie de l’ESCA ?

La rapidité d’accès au premier emploi constitue aujourd’hui un indicateur clé de la pertinence d’une formation au-delà du simple taux d’insertion.
Les données à ESCA montrent une intégration particulièrement rapide : 50% de nos étudiants sont recrutés avant même la fin de leurs études, et 46% à l’issue de leur stage de fin d’études. Autrement dit, une très grande majorité accède à un premier emploi dans une continuité directe avec leur parcours académique.
Au-delà du délai, c’est aussi la qualité de cette insertion qui est significative : 85% débutent en CDI et 77% accèdent à des fonctions managériales dès leur premier emploi, traduisant un positionnement à responsabilité dès l’entrée sur le marché. Ainsi, plus que le temps nécessaire pour décrocher un premier emploi, ces indicateurs montrent la capacité des diplômés à s’insérer rapidement, mais surtout à intégrer des environnements structurés et à évoluer dans des trajectoires professionnelles solides.

L’associatif est considéré comme un pont entre le monde des entreprises et l’univers des étudiants. Est-ce que vous encouragez ce genre de démarche à l’ESCA ?

L’engagement associatif est aujourd’hui bien plus qu’une activité complémentaire. Il constitue un véritable espace d’apprentissage, qui permet aux étudiants de développer des compétences difficilement acquises dans un cadre purement académique.
Pour un étudiant, s’impliquer dans la vie associative, c’est se confronter à des situations concrètes : gérer des projets, travailler en équipe, prendre des décisions, communiquer et parfois même gérer des contraintes budgétaires ou organisationnelles. Autant de compétences directement transférables en entreprise.
Dans cette logique, ce type d’engagement est pleinement encouragé à ESCA, où la vie associative est l’un des piliers de la « Student Experience ». À travers plus de trente-cinq clubs, nos étudiants ont l’opportunité de s’impliquer dans des projets variés (entrepreneuriaux, culturels, solidaires ou encore professionnels) et de se mettre en situation de responsabilité dès leurs premières années.
Cette expérience joue un rôle de passerelle entre le monde académique et le monde de l’entreprise. Elle permet aux étudiants de développer leur leadership, leur sens de l’initiative et leur capacité à évoluer dans des environnements collectifs, tout en enrichissant leur réseau.
Ainsi, l’associatif n’est pas perçu comme un à-côté, mais comme un levier complémentaire de formation, qui contribue pleinement à la construction d’un profil opérationnel, engagé et prêt à intégrer le monde professionnel.

Est-ce qu’il y a de futurs développements en cours au sein de votre établissement ?

Dans un environnement de l’enseignement supérieur en mutation rapide, le développement d’un établissement ne se limite plus à l’extension de son offre, mais à sa capacité à enrichir en continu l’expérience étudiante et à anticiper les évolutions du marché.
Dans cette dynamique, les développements en cours s’inscrivent dans une logique d’innovation pédagogique et de renforcement de l’écosystème. L’objectif est de proposer des formats d’apprentissage plus immersifs, intégrant davantage les technologies, les projets concrets et les interactions avec les entreprises.
Cela se traduit notamment par l’évolution des infrastructures et des espaces d’apprentissage. Le campus ESCA, situé au cœur de Casablanca Finance City, a été conçu comme un environnement centré sur l’expérience étudiante, intégrant des dispositifs innovants pour favoriser l’apprentissage collaboratif, l’expérimentation et l’ouverture sur l’écosystème économique.
Par ailleurs, les programmes continuent d’évoluer pour intégrer les grandes transformations en cours, notamment liées à l’intelligence artificielle, à la data et aux enjeux de durabilité. Cette adaptation s’appuie sur une logique d’amélioration continue, en lien avec les standards internationaux et les attentes des entreprises.
Enfin, le développement passe également par un renforcement de la dimension internationale et des partenariats académiques, ainsi que par l’élargissement de l’offre Executive Education, afin de répondre aux besoins des professionnels en évolution ou en reconversion.
L’enjeu, à travers ces développements, reste constant : offrir à l’étudiant un environnement toujours plus exigeant, connecté et évolutif, capable de l’accompagner dans la construction de trajectoires professionnelles solides et durables.