SociétéSpécial

A la tête de la Cour des comptes : Zineb El Adaoui donne la tonalité d’une gouvernance clairement affichée

© D.R

Sa contribution à l’amélioration de la gestion des affaires publiques et le renforcement du sentiment de sécurité juridique sont fortement attendus.

Portrait : Plus que jamais, la présidente de la Cour des comptes affiche son impartialité en mettant en garde contre toute instrumentation de l’Instance à la veille des élections législatives. Née en 1960 à El Jadida, le parcours de Zineb El Adaoui est remarquable. Son implication dans la promotion de l’entrepreneuriat au féminin souligne cette ouverture d’esprit et son regard tourné vers une modernisation de l’économie conditionnée par une meilleure gouvernance.

Depuis le 22 mars 2021, la magistrate préside la Cour des comptes. Connue pour son impartialité et son engagement sur le terrain, la dame de loi ne manque pas de mettre les points sur les «i» quand il le faut. C’était le cas mardi 3 février dernier, quand elle a mis en garde, à quelques mois des prochaines échéances électorales, «contre les risques d’une instrumentalisation irresponsable et d’une utilisation non objective des travaux et rapports des juridictions financières. La Cour n’est l’arme d’aucune partie ». C’est en ces termes que la première femme à être nommée à la tête d’une instance aussi stratégique dans le pays s’est exprimée lors d’une séance publique conjointe au Parlement, consacrée à la présentation du bilan des activités de la Cour au titre de la période 2024-2025. Sa contribution à l’amélioration de la gestion des affaires publiques et le renforcement du sentiment de sécurité juridique étant fortement attendus.

Ayant entamé sa carrière en tant que juge à la Cour des comptes depuis 1984, sa légitimité au poste est plus que confirmée. Brillante, engagée et impartiale, elle a eu un parcours laissant présager un poste au sommet. En 1993, elle occupe le poste de présidente de section pour être nommée, en 2004, à la tête de la Cour régionale des comptes de Rabat.  En 2010, elle est nommée membre de la Commission consultative de la régionalisation par le Souverain. L’année suivante elle devient membre du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH). En 2012, elle intègre la Haute instance du dialogue national sur la réforme de la justice. Le 20 janvier 2014, sa nomination en tant que wali de la région du Gharb-Chrarda-Béni Hssen et en tant que gouverneur de la province de Kénitra fait d’elle la première femme nommée wali au Maroc. Le 13 octobre 2015, elle est nommée par la plus Haute Autorité wali de la région Souss- Massa et gouverneur de la préfecture d’Agadir Ida-Outanane puis wali inspecteur général de l’Administration territoriale à partir du 25 juin 2017. Son engagement dans la magistrature ne l’empêchera pas de promouvoir le leadership féminin à travers le bureau marocain affilié à l’International Women Forum (IWF), regroupant les femmes leaders à travers le monde.
Sur un autre registre, dans le cadre de ses travaux sur l’économie en Islam, Zineb El Adaoui animera une causerie religieuse consacrée au thème de la «protection des fonds publics dans l’Islam» en présence de SM le Roi Mohammed VI. C’était en 2007 et c’était l’une des rares femmes à y avoir participé.

Poète et chercheuse dans l’économie islamique, elle participe aussi à la formation des magistrats et des cadres de l’Administration territoriale.
Mme El Adaoui a reçu plusieurs prix et distinctions. Déjà en 2013, elle reçoit le Ouissam Al Moukafaa Al Watania de Grand Officier. Quatre ans plus tard, une autre distinction vient confirmer la dame de la Cour des Comptes dans son engagement dans l’entrepreneuriat au féminin. Il s’agit du Prix «All Africa Leadership Féminin» qui honore les femmes africaines leaders dans leurs domaines respectifs. Elle avait déjà reçu également le Prix d’Excellence délivré par Global Thinkers, en 2014, dans la catégorie fonction publique.

Aujourd’hui plus que jamais, les yeux sont rivés vers la femme aux commandes de plusieurs dossiers sensibles au pays… Sa tâche étant d’accélérer le processus de gouvernance dans un contexte de mise en œuvre du programme de développement national. La tâche n’est pas mince. Elle devra orchestrer, trancher, rappeler à l’ordre, tout cela d’une manière soft mais impartiale…