Société

À propos de la réunion des pédiatres

© D.R

J’ai lu l’article de la journaliste Khadija Skalli. Voici mes observations: Le conclave sur la vaccination qui vient de se tenir à Casablanca est manifestement la réponse de l’industrie pharmaceutique à la condamnation de la firme Glaxo dans l’affaire du petit Achraf.Tous les moyens seront désormais employés pour faire pression, directement ou indirectement sur la justice marocaine afin que l’appel soit perdu par la famille. Les laboratoires ne veulent perdre dans aucun cas, surtout pas dans un cas d’enfant, leur stratégie, maintenant qu’ils ont perdu le marché des adultes est en effet de se rabattre sur celui des enfants sous prétexte, disent-ils, que les accidents ne les concernent jamais. C’est tout à fait faux : l’Agence du médicament (AFSSAPS) suit en France une cohorte d’au moins 500 enfants gravement atteints. Maladies de toutes sortes, neurologiques, hématologiques, et notamment Guillain Barré, toutes maladies d’origine auto-immune. Évidemment, personne ne s’en vante et l’omerta est absolue. Il n’empêche que le Sénat, lui-même, a fini par s’émouvoir des accidents gravissimes des médicaments et du vaccin contre l’hépatite B, et diligente en ce moment même une enquête sénatoriale.
Ce conclave est une manipulation exactement similaire à celle que nous avons connue en France en 2004 : pour éviter de continuer à perdre des procès, les laboratoires ont obtenu alors du pouvoir politique (Mr Mattei), la réunion d’une conférence de "consensus" à laquelle n’étaient conviés que des partisans et des militants avérés du vaccin, liés pour la plupart d’entre eux aux firmes par des conflits d’intérêt. Les conclusions, obtenues sans aucun débat contradictoire sérieux, ont conclu à l’innocuité du vaccin HB et donné des arguments à la Cour de cassation, à Paris, pour casser deux jugements qui condamnaient les laboratoires, et imposer aux victimes des conditions de preuve totalement hors de leur portée. En revanche, rien n’était demandé aux laboratoires dont on sait pourtant qu’ils refusent de donner à la justice des documents compromettants pour eux (par exemple les rapports périodiques de tolérance).
Parmi les participants au conclave de Casablanca, je connais au moins le Pr. Siegrist. On vous a sorti la grosse artillerie ! Mme Siegrist est bien connue. Elle travaille pour le compte de Pasteur-Mérieux, premier fabricant en France de vaccins, celui qui a fabriqué plusieurs vaccins HB dont certains ont été retirés du marché (Hevac B en 1994 et récemment Hexavac pour les enfants). Le premier avait causé des accidents, le second serait responsable de la mort de 4 enfants en 2003 : 3 en Allemagne et un en Autriche. C’est du moins ce que l’EMEA (Agence européenne du médicament) avait fait savoir en février 2004. Mais lorsque l’EMEA  a retiré le produit, on n’a plus parlé que d’"efficacité insuffisante". Où est la vérité?
Le Pr Siegrist se bat aussi beaucoup pour justifier l’intérêt du Genhévac
(Pasteur Mérieux) qui a fait beaucoup de morts et de handicapés chez les adultes, enfants et adolescents en France. Elle est effectivement consultante à l’OMS où les lobbies pharmaceutiques sont extrêmement puissants, comme partout d’ailleurs. Ne pas oublier que l’OMS est hautement financée par l’industrie pharmaceutique, comme l’EMEA (à hauteur de 70%)  et l’AFSSAPS en France (83%). Tous ces faits sont très connus. Glaxo et Aventis-Pasteur-Mérieux (groupe Sanofi) sont main dans la main. Mettre en cause un vaccin, c’est à leurs yeux s’attaquer à tous. Or l’industrie du vaccin rapporte des milliards d’euros.
Je souhaite aux parents du petit Achraf que la population marocaine se mobilise pour eux et que des pressions ne s’exercent pas sur les journaux en vue d’atteindre les juges.
Dernière information : les laboratoires, en accord avec l’OMS, l’UNICEF etc envisagent de vacciner tous les enfants des pays les plus pauvres. C’est un énorme marché. Sans doute l’hépatite B (qui guérit naturellement dans 90% des cas) y est-elle plus fréquente qu’en Occident. Mais c’est aussi jouer sur du velours : dans la majorité de ces pays, il n’y a aucune pharmacovigilance (elle marche déjà si mal chez nous !). On vaccinera sans même avertir des risques (ce qu’on fait aussi chez nous) et il n’y aura aucun suivi (chez nous, 99% du million d’enfants vaccinés en 1994 ont été perdus de vue!). Donc pas de procès à craindre. Impunité assurée…

Lucienne Foucras.