Près de 91% des personnes vivant avec le VIH avaient besoin de services médicaux pendant la pandémie.
Etude : Selon les résultats d’une récente étude élaborée sur les services de santé VIH dans la région MENA, en particulier dans quatre pays de la région dont le Maroc, la pandémie a eu un impact significatif sur la fourniture de ces services, notamment en ce qui concerne l’accès aux soins, la continuité des soins et la qualité des services.
«Le Maroc a été identifié comme l’un des meilleurs pays de la région MENA à faire face à l’épidémie de VIH sur la base de ses capacités de recherche, de ses systèmes de surveillance, de ses réponses fondées sur des preuves et éclairées». C’est ce qu’indique une nouvelle étude intitulée «Impact de la crise sanitaire de la Covid-19 sur l’accès aux services VIH». Menée par le groupe d’ONG (ITPCMENA, Solidarité SIDA, AGD, ATP+, Al Shehab RdRMaroc et M-Coalition) dans quatre pays de la région Mena dont le Maroc, cette étude montre que le Maroc a réussi à maintenir la prévalence du VIH à un faible niveau dans la population générale. La couverture nationale de la thérapie antirétrovirale a également augmenté de 16% en 2010 à plus de 75% en 2020. «La prévalence du VIH reste cependant élevée parmi les populations clés, en particulier les utilisateurs de drogues injectables (7,9%), les femmes travailleuses du sexe (1,3%) et les migrants (3%)», lit-on dans l’étude.
Difficultés d’accès aux services de dépistage pendant la pandémie Covid-19
Selon l’étude, les populations clés qui ont participé à l’enquête quantitative ont indiqué qu’elles avaient rencontré des difficultés à accéder aux services de dépistage pendant la pandémie. «Cela était en partie dû à une rupture de stock importante de kits de test qui a duré près d’un an et a entraîné un énorme retard dans les services de test», explique la même source. Cependant, des efforts bien coordonnés entre le ministère de la santé et les ONG locales comprenaient «la distribution de stocks de trois mois de seringues à usage unique et de remplacement de la méthadone aux clients dans les zones difficiles d’accès». La même source indique que «des stocks de médicaments de 3 mois ont été livrés aux personnes vivant avec le VIH à domicile, soit par coursier, soit par l’intermédiaire d’ONG». D’autre part, les résultats de l’enquête quantitative auprès des personnes vivant avec le VIH ont révélé que le pourcentage de cette population a déclaré avoir eu «des difficultés qui à accéder à la thérapie antirétrovirale avant la pandémie a doublé pendant la pandémie». L’étude montre que «près de 91% des personnes vivant avec le VIH qui avaient besoin de services médicaux pendant la pandémie n’ont pas pu y accéder par crainte de contracter le coronavirus, et près de 53% ont déclaré que les établissements étaient fermés ou n’avaient pas fourni les services dont ils avaient besoin pendant cette période». Le même rapport indique en effet que des sessions psychosociales de groupe ont été proposées via différentes plateformes en ligne comme zoom ainsi que des sessions individuelles par téléphone avec un certain nombre d’ONG. «Cela a été adopté par les bénéficiaires cibles au Maroc. Cela a été particulièrement utile car un nombre important de répondants (28%) n’ont pas pu accéder à certains services parce qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour le transport».
Rôle important de la société civile dans la réponse aux impacts socio-économiques
Les informateurs clés des ONG ont indiqué que la société civile au Maroc a joué un rôle important dans la réponse aux impacts socio-économiques de la pandémie sur la population cible en procédant à une évaluation rapide des 17 besoins qui a révélé un fort besoin de soutien économique pendant la pandémie. «Une fois identifiées, les ONG ont travaillé sur la fourniture d’une assistance en espèces et en nature à la population cible. La proportion de personnes vivant avec le VIH ayant déclaré avoir reçu ce soutien était nettement supérieure à celle des populations clés (61,1% contre 43,2%)», relève l’étude. Depuis le début de la pandémie, note la même source, 43,5% des personnes ayant subi la stigmatisation pendant la période pré-pandémique ont signalé une augmentation de la stigmatisation et de la discrimination dans les établissements de santé. Cela s’est avéré plus fréquent chez les vivants avec le VIH que chez les populations clés (58,3% contre 40,9%).