Mesures
Agadir, la protection de l’enfance se place au cœur des priorités institutionnelles. Mercredi 29 octobre 2025, la commission préfectorale pour la protection de l’enfance s’est réunie au siège de la wilaya de Souss-Massa sous la présidence du wali Saaïd Amzazi.
Ce rendez-vous s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre territoriale de la politique publique intégrée de protection de l’enfance 2015-2025, initiée par la circulaire du Chef du gouvernement n°11/2019. Autour de la table : magistrats, forces de sécurité, représentants des ministères déconcentrés, acteurs sociaux et une représentante de l’Unicef.
Une stratégie nationale déclinée à l’échelle locale
L’objectif affiché est clair : renforcer la convergence entre tous les intervenants, afin de bâtir un dispositif local efficace de protection des enfants. Cette déclinaison territoriale s’inscrit dans la vision nationale qui vise à instaurer une gouvernance nouvelle du secteur, reposant sur l’efficacité des dispositifs, la prévention des risques et l’accompagnement des enfants en situation de vulnérabilité.
Le wali a rappelé, dans son intervention, les programmes déjà engagés dans la préfecture : actions de prévention contre la violence, initiatives de lutte contre l’exploitation économique et sexuelle, dispositifs d’insertion sociale, mais aussi soutien aux associations de la société civile. Ces efforts, encore fragmentés, doivent désormais être intégrés dans une approche coordonnée et mieux évaluée.
Le rôle des partenaires internationaux n’a pas été oublié. L’Unicef, présente à la rencontre, a présenté une méthodologie de diagnostic territorial visant à évaluer la qualité et l’accessibilité des services existants. La direction régionale de l’Entraide nationale a, pour sa part, exposé le dispositif intégré de protection de l’enfance, qui doit servir de référence pour toute action future. Ces contributions confirment la volonté d’inscrire l’initiative locale dans un cadre global, à la fois national et international.
Un dispositif qui se structure
À l’issue des débats, deux décisions majeures ont été prises. La première consiste en la création d’une commission technique spécialisée qui proposera des mesures opérationnelles concrètes pour la protection de l’enfance. La seconde prévoit le lancement d’un diagnostic approfondi sur la situation locale de l’enfance à Agadir Ida-Outanane. Ce diagnostic sera soumis à validation lors de la prochaine réunion de la commission préfectorale, permettant ainsi d’orienter les futures actions et investissements.
Ces mesures viennent consolider la volonté de l’État de faire de la protection de l’enfance un axe prioritaire de l’action publique, en droite ligne des Hautes Orientations Royales. Dans son message adressé à la 2e Conférence nationale sur la régionalisation avancée en décembre 2024, Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait insisté sur la nécessité de placer les enfants au centre des politiques publiques, en tant que vecteur clé de développement territorial intégré et durable.
Au-delà des aspects techniques et institutionnels, le message de cette réunion est avant tout politique : la protection de l’enfance n’est pas seulement une question sociale, mais une priorité nationale qui conditionne le Maroc de demain. En consolidant les mécanismes locaux de prévention et de protection, Agadir et sa région entendent non seulement répondre aux urgences sociales mais aussi construire les bases d’une cohésion territoriale plus forte. La mobilisation collective – institutions, magistrature, forces de sécurité, société civile et partenaires internationaux – constitue désormais le socle sur lequel reposera cette stratégie. Pour les responsables, l’enjeu est de taille : garantir aux enfants de la région un avenir protégé, tout en inscrivant Agadir dans la dynamique nationale de réforme et de développement en la matière.










