Agadir: Un mémoiroscope dans le pipe

Agadir: Un mémoiroscope dans le pipe

Il reproduira les quartiers de la ville effacés de la carte par le tremblement de terre

L’Association Mémorial Agadir, en partenariat avec le Conseil régional Souss-Massa et la commune d’Agadir, projette la réalisation d’un parc mémoriel sous forme d’un mémoiroscope qui s’étendra sur une superficie totale de 5 hectares où seront reproduits, à l’identique et en miniature, les quartiers détruits et effacés de la carte par le séisme, afin d’en reconstituer et d’en préserver, à la fois, la mémoire et le patrimoine historique, architectural et culturel.

A ce jour, l’étude de faisabilité technique et de rentabilité économique a déjà été lancée par l’Agence régionale d’exécution des projets (AREP) du Souss-Massa et sera réalisée par la société espagnole Smart Linking, déclarée adjudicataire après un appel d’offres international, pour 1,4 million DH.

Cette étude devra être livrée début juillet prochain et si ses résultats sont positifs, l’Association Mémorial Agadir partira à la recherche d’investisseurs potentiels, nationaux et/ou étrangers pour réaliser le projet dans le cadre d’un partenariat public-privé.

Ce parc s’inspire du parc miniature Madurodam, situé à La Haye aux Pays-Bas, qui présente des reconstructions miniaturisées de célèbres monuments historiques et bâtiments publics, d’infrastructures et de quartiers typiques hollandais, toujours existants. A titre d’information, ce parc qui a été construit en 1953 a attiré en 2017 plus de 650.000 visiteurs, dont 65% de touristes étrangers.

Pour plus de détails, ce parc se démarquera par son adaptabilité naturelle et totale à son lieu d’implantation puisqu’il permettra de reconstituer, sauvegarder, protéger et conserver la mémoire, le patrimoine architectural, l’identité, la culture, l’histoire et l’authenticité sociologique de cette ville et lui restituera en même temps une très importante partie de sa mémoire et de son patrimoine, perdus à tout jamais le 29 février 1960, tout en offrant un lieu pour se recueillir et rendre hommage à la mémoire de ses victimes. Ce faisant, il développera d’une importante façon l’attractivité touristique de la ville.

Le futur parc sera l’unique dans le monde à reconstruire en miniature et à l’identique une ville qui a été presque entièrement effacée de la carte le 29 février 1960. En effet, tous les parcs miniatures actuels présentent des reconstructions miniaturisées de monuments et d’édifices historiques, administratifs, culturels et politiques, qui existent encore.

Selon Abdellah M’Sahi, ex-diplomate et président de l’Association Mémorial Agadir, qui a vécu le séisme à l’âge de 15 ans, «ce projet cible une clientèle captive potentielle de 2,25 millions de personnes composée de la population du Grand Agadir (de Taghazout à Aït Melloul) de 1,12 million d’habitants et d’autant de touristes étrangers que nationaux (résidents et non-résidents), soit 1,12 million de visiteurs par an».

Et d’ajouter que «le site idéal pour l’abriter sera sélectionné sur la base des quatre critères sine qua non suivants : un critère symbolique, en l’occurrence une parcelle où des bâtiments ont été détruits lors du séisme. Un critère stratégique pour permettre au visiteur du parc miniature de pouvoir voir, de là où il est, l’emplacement des quartiers de l’ancienne ville d’Agadir où se trouvaient les édifices, dont il a sous les yeux les reproductions en miniature et à l’identique. Un critère qui tient compte de la complémentarité stratégique qui existe entre le projet du jardin botanique de l’ancienne Talborjt et le projet Mémorial Agadir, d’où la proximité requise entre ces deux projets. Et dernièrement un critère de proximité et d’accessibilité optimales, qui permet de se rendre à pied au parc et ne requiert donc pas de grand parking».

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