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Al Massira à son plus bas niveau avec seulement 2,6% Le taux de remplissage des barrages atteint à peine 25,3% !

© D.R

Le stress hydrique continue de s’accentuer au Maroc avec l’absence des précipitations. Le niveau des réserves des barrages s’élève actuellement à 4 milliards de m3. Quatre grands barrages affichent une situation toujours critique.

La situation à venir s’annonce difficile avec les conditions météorologiques exceptionnelles en ce mois d’octobre. Selon les dernières données de la Direction générale de l’hydraulique relevant du ministère de l’équipement et de l’eau, le taux de remplissage des barrages au niveau national est de 25,3% à la date du 12 octobre 2023 contre 24,3% au cours de la même période de l’année dernière. Malgré ce léger mieux, la situation actuelle reste alarmante.

Le niveau des réserves des barrages s’élève à 4 milliards de m3 contre 3,9 milliards de m3 il y a un an. Quatre grands barrages affichent une situation toujours critique avec un taux de remplissage en dessous des 10%. C’est notamment le cas du deuxième plus grand barrage du Royaume, à savoir le barrage Al Massira qui affiche actuellement un taux de remplissage de seulement 2,6% contre 3,5% il y a un an. Ce barrage dispose d’une réserve actuelle de 70,2 Mm3 contre 92,2 Mm3 durant la même période de l’année 2022.

Pour sa part, le barrage Abdelmoumen, l’un des plus importants de la région Souss-Massa, affiche un taux de remplissage de 5,5 % contre 2,5% à la même période de l’année précédente. Sa réserve est de 10,8 Mm3 contre 4,9 Mm3 en 2022. La situation est aussi critique concernant le barrage Ahmed Al Hansali dont le taux de remplissage est de 8,8% contre 6,9% à la même date en 2022. Les réserves de ce barrage sont de 58,8 Mm3 contre 46,3 Mm3 l’année précédente.

Quant au 3ème plus grand barrage, à savoir Bin El Ouidane, son taux de remplissage est de 7,8% contre 8,1%% en 2022. Concernant la situation des autres barrages, le barrage d’Al Wahda, plus grand barrage du Maroc, affiche un taux de remplissage de 45,4% contre 42,6% à la même date l’année dernière. Ses réserves actuelles sont estimées à 1,5 milliard de m3 (1.599,5 Mm3) contre 1,4 milliard de m3 en 2022 (1.499,7 Mm3). Par ailleurs, certains barrages affichent une situation satisfaisante. C’est notamment le cas du barrage de Tanger-Méditerranée avec un taux de remplissage de 83,5%, Acharif Al Idrissi (84,4%), Bouhouda (77,7%), Chefchaouen (80,6%), Smir (81,4%), Allal Al Fassi (89,9%), Abou El Abass Essabti (75,7%).

Rappelons que le Royaume compte actuellement 152 grands barrages et 141 petits barrages. Actuellement, 18 barrages sont en cours de construction. Ils permettront de porter la capacité de stockage des ressources en eau à plus de 27 milliards de mètres cubes. Dans le cadre de la politique de l’eau adoptée par le Maroc, la mobilisation des ressources en eau non conventionnelles se fait à travers des projets de dessalement de l’eau de mer. Le Maroc dispose de 12 stations de dessalement de l’eau de mer avec une capacité qui s’élève à 179 millions de m3 par an, auxquels s’ajoutent quelque 37 millions de m3 issus du dessalement des eaux saumâtres. Cette capacité de production sera renforcée par 110 millions de m3 à la faveur des apports de deux stations de Safi et Jorf Lasfar réalisées par l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) en vue d’approvisionner les villes de Safi et d’El Jadida en eaux potable et industrielle. Cette capacité se développera durant les prochaines années avec des projets en cours de lancement ou de mise en service, notamment à Sidi Ifni, Tarfaya, Dakhla et Casablanca. Plusieurs stations sont actuellement en cours de réalisation dont la plus importante est celle de Casablanca-Settat, avec une capacité de 300 millions m3/an. Par ailleurs, la réutilisation des eaux usées représente aussi l’un des axes majeurs du Plan national de l’eau, ainsi que le programme national d’assainissement liquide.

Programme d’approvisionnement en eau potable : Appui de la Banque mondiale
Le Maroc est confronté à des défis majeurs liés au climat et à l’eau, en tant que zone à forte vulnérabilité. La Banque mondiale estime que la pénurie d’eau impose d’importantes contraintes économiques, lesquelles devraient encore s’aggraver alors que le pays approche le seuil critique de 500 mètres cubes d’eau par personne et par an d’ici 2030. Le changement climatique risque d’exacerber les effets cumulatifs et en cascade sur la sécurité de l’eau au Maroc.

C’est ainsi que le 18 juillet dernier, le conseil d’administration de la Banque mondiale avait approuvé un nouveau programme d’une valeur de 350 millions de dollars afin de soutenir le gouvernement marocain dans la mise en œuvre de son Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI, 2020-2027), dans le contexte du Plan national de l’eau conçu sur 30 ans (PNE, 2020-2050). Ce programme est destiné à soutenir les efforts du gouvernement pour améliorer la viabilité financière et l’efficacité de l’utilisation de l’eau. Il vise aussi à améliorer un environnement favorable au dessalement et à la réutilisation des eaux traitées, deux solutions quasiment incontournables pour augmenter les ressources en eau du Maroc.

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