Société

Alphabétisation : la grogne des animateurs

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Le comité des animateurs de l’éducation non formelle dénonce l’indifférence du ministère de tutelle vis-à-vis de leur situation. Parmi ses revendications, figure le paiement de leurs salaires. Les animateurs affirment effectivement ne pas avoir touché leurs rémunérations depuis le mois de janvier 2005. « Nous réclamons notre dû. Nous n’avons pas reçu notre salaire depuis janvier dernier. Nous avons des familles et des enfants à nourrir. », s’indigne Omar Biari, coordinateur du comité des animateurs de l’éducation non formelle. Ils sont environ 730 animateurs diplômés travaillant dans ce secteur, dispersés dans les différentes régions du Royaume.
En vertu de la convention de partenariat signée entre le secrétariat d’Etat et les associations, ces dernières recrutent, parmi les diplômés chômeurs, les animateurs dans le cadre des programmes d’éducation non formelle. Les clauses du contrat de travail stipulent que les animateurs travailleront 24 heures par semaines durant 11 mois par an. En contrepartie, ils recevront 2000 dirhams chaque mois. Et c’est le ministère de tutelle qui verse des subventions aux associations recruteuses pour payer les animateurs. « Concernant les mois de janvier, février et mars, l’argent est actuellement dans les comptes des associations participant aux programmes de l’éducation non formelle.
S’agissant des mois d’avril, mai et juin, les subventions ne sont pas encore versées aux associations car il y a une longue procédure administrative. », souligne Anis Birou, secrétaire d’Etat chargé de l’alphabétisation et de l’éducation non-formelle. En outre, les animateurs de l’éducation non formelle réclament leur droit à l’intégration et à la régularisation au ministère de l’Education nationale. Leur comité dénonce à ce sujet le non-respect des engagements pris par le ministère de l’Education nationale. « Le ministre de l’Education nationale, Habib El Malki, nous a promis de régler ce problème lors d’une rencontre à laquelle ont assisté le président de l’association marocaine des droits de l’Homme, Abdelhamid Amine, la représentante régionale de l’UMT, Khadija Ghamiri et le représentant de la Fédération de l’enseignement Mouâd Hajri. Cette réunion s’est tenue le 23 juin 2003 suite à une grève qui a dépassé 40 jours à l’UMT à Rabat.», affirme Omar Biari, coordinateur du comité des animateurs de l’éducation non formelle. Et d’ajouter : «Le ministre nous a promis que les animateurs seront intégrés dans le système de l’éducation formelle. Mais auparavant, ils devront poursuivre une formation dans les centres de formation de l’enseignement (CPR, ENS). La promesse n’a pas été tenue et le problème est resté suspendu. Il nous a même promis l’amélioration des conditions de travail dans l’éducation non formelle en attendant le règlement total du dossier. ».
Concernant ce sujet, la position du secrétariat d’Etat est ferme. «Nous ne sommes jamais engagés à faire intégrer les animateurs de l’éducation non formelle au ministère de l’Education nationale. D’ailleurs, j’ai demandé au ministre Habib El Malki si effectivement il avait donné une promesse aux animateurs concernant leur intégration. Il m’a répondu clairement : « jamais », insiste le secrétaire d’Etat Anis Birou. Par ailleurs, le comité réclame certains avantages professionnels notamment leur inscription à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). «Nous ne disposons d’aucune forme de protection sociale. Nous avons à maintes reprises demandé d’être affilié à la CNSS. Mais en vain», ajoute O. Biari. «Nous avons déjà envoyé plusieurs lettres de doléances au Premier ministre, Driss Jettou, au ministre de l’Education nationale et au secrétariat d’Etat pour résoudre le problème. Malheureusement, ils continuent de faire la sourde oreille aux doléances de notre corporation», conclue-t-il.

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