Persévérance
Un diagnostic participatif fondé sur des données concrètes a été récemment réalisé par l’association Al Intilaka AIDECA (Association Al Intilaka pour le développement, l’environnement et la culture Afourer) afin d’identifier les lacunes qui limitent la pleine participation des femmes à la gestion des affaires locales.
35 élues issues des communes rurales de la région Béni Mellal-Khénifra ont bénéficié de formations, d’un accompagnement individuel ainsi que d’opportunités de mise en réseau et de travail collaboratif. Leurs capacités ont été renforcées dans plusieurs domaines : développement personnel, développement local inclusif, élaboration des politiques territoriales et préparation des budgets… L’autonomisation économique de la femme rurale a aussi réalisé les objectifs escomptés. «Je crois que l’autonomisation de la femme rurale dans la vie économique et politique passe par un soutien adapté, une formation adéquate et des occasions réelles de participer activement à la prise de décision. La femme rurale possède une vision singulière et des compétences précieuses qui peuvent contribuer à améliorer les programmes au service de la population, en particulier des femmes du milieu rural dans lequel je vis», a déclaré Hayat Rfiki, vice-présidente de la commune de Had Bouhssoussen, province de Khénifra.
L’association a œuvré, au sein de quatre communes rurales, au renforcement des capacités des femmes afin qu’elles deviennent des actrices du changement dans le domaine de la résilience climatique et de la participation aux processus de décision locale. Plus de 122 femmes actives et citoyennes ont pris part à une démarche participative visant à identifier les principaux changements constatés au niveau de leurs communes en raison des effets du changement climatique, ainsi qu’à réfléchir collectivement à des moyens de renforcer la résilience communautaire et de faire face aux défis climatiques en milieu rural. «En tant que membre du conseil des jeunes de la commune rurale de Naour, une zone particulièrement touchée par les effets du changement climatique sur les récoltes agricoles, j’ai collaboré avec des jeunes des douars pour proposer des initiatives concrètes destinées à s’adapter à ces défis climatiques croissants», a affirmé Hayat Karrou, vice-présidente du conseil des jeunes de la commune de Naour, province de Béni Mellal. Depuis 2023, l’association a lancé l’École de la pensée critique des jeunes dans la région Béni Mellal-Khénifra afin de promouvoir l’esprit critique chez les jeunes. Les ateliers de cette école sont animés par des chercheurs et auteurs spécialisés dans divers domaines : égalité entre les sexes, lutte contre l’extrémisme violent, démocratie participative et changement climatique. Les participantes y ont acquis des connaissances et des outils pratiques pour bâtir des communautés numériques éclairées et sécurisées.
En 2025, 133 participantes issues du milieu rural ont pris part au dispositif d’appui avant la création d’entreprise, comprenant des ateliers de formation, des séances individuelles et des travaux de groupe. La même année, 68 autres participantes ont bénéficié d’un programme de neuf ateliers de formation et 34 séances d’accompagnement sur le terrain, dans le cadre du dispositif de soutien post-création d’entreprise. Ce dispositif a contribué à améliorer la rentabilité, à renforcer l’utilisation d’outils numériques pour la commercialisation et à promouvoir une meilleure gouvernance interne. «L’équipement dont j’ai bénéficié dans le cadre du projet Assurif, associé aux formations reçues, m’a permis de passer du travail à domicile et de la vente ambulante à l’ouverture de mon propre local commercial.
J’ai ainsi pu disposer d’un revenu stable pour subvenir aux besoins de ma famille composée de quatre enfants», a souligné Aïcha Aït Akhlaf, gérante d’une boulangerie dans la province de Béni Mellal. «Malgré l’analphabétisme et le manque d’opportunités destinées aux femmes rurales, celles-ci font preuve chaque jour de courage et de persévérance. Dans notre atelier local, je constate de près leurs efforts constants pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.
Nous avons besoin de davantage d’initiatives comme le projet Assurif afin d’élargir cet impact», a fait savoir Rachida El Mouden, cheffe d’entreprise féminine, province d’Azilal. «À partir de ma propre idée et grâce à l’accompagnement que j’ai reçu dans le cadre de mon projet entrepreneurial, j’ai pu renforcer ma confiance en moi, m’appuyer sur mes propres capacités pour réussir et apporter un soutien supplémentaire à ma famille», a noté Sabrine Lakhdim, cheffe d’entreprise de couture, Oulad Gnaou, province de Béni Mellal.









