Société

CESE : Points de vigilance sur la santé et les femmes sur le marché du travail

Le Conseil vient de publier son rapport annuel

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) vient de dévoiler son 12 ème rapport annuel qui met en avant des points de vigilance sur le volet social notamment la pénurie du personnel médical et la faible participation des femmes sur le marché du travail.

Concernant la pénurie des professionnels de santé qui est un phénomène de longue date, le CESE fait remarquer dans son rapport annuel qu’avec une densité médicale et paramédicale se situant en 2022 autour de 1,7 pour 1.000 habitants au Maroc, et compte tenu des projections de la croissance démographique, il est prévu que le déficit en nombre du personnel de soins continuera d’augmenter durant les prochaines années.

Le Conseil estime qu’il devient de plus en plus difficile pour le Maroc d’atteindre la couverture préconisée par l’OMS, à savoir 4,45 agents de santé pour 1.000 habitants et serait conditionné à la fois par la capacité des structures de formation à renforcer le nombre de diplômés, mais également par le degré de rétention du personnel qualifié au Maroc, et plus précisément dans le système de santé publique. «La pénurie de personnel de santé engendre également des difficultés d’accès aux soins qui ont un impact préjudiciable sur l’expérience de l’usager au sein de la structure médicale, se traduisant notamment par des délais d’attente plus longs pour obtenir un rendez-vous», indique le CESE dans son rapport.

Pour faire face à ce manque de ressources humaines dans le secteur, le CESE suggère d’accélérer la mise en œuvre de la convention-cadre relative à la mise en œuvre du programme d’augmentation des effectifs du secteur de la santé à l’horizon 2030 signée le 25 juillet 2022 entre le département de la santé, celui de l’Enseignement supérieur et celui du Budget.

Le programme vise ainsi à augmenter le nombre des étudiants dans les facultés de médecine et de pharmacie pour atteindre 24 professionnels pour chaque 10.000 habitants en 2025 et 45 en 2030, à créer 3 facultés de médecine et de pharmacie et 3 centres hospitaliers universitaires dans les villes d’Errachidia, Béni Mellal et Guelmim, ainsi que le recrutement de près de 4.000 nouveaux encadrants à l’horizon 2030. Il s’agit aussi de promouvoir la création de facultés de médecine et centres universitaires hospitaliers dans toutes les régions (voire plus d’un centre dans les régions les plus denses et peuplées) et fixer un objectif ambitieux quant au nombre de médecins diplômés chaque année.

Accroître la participation des femmes sur le marché du travail
En dépit de nombreuses initiatives pour redresser le taux d’activité des femmes au Maroc, leur participation au marché du travail demeure encore en deçà des ambitions fixées au niveau du nouveau modèle de développement. En effet, le taux d’activité des femmes s’est situé à 19,8% en 2022 contre 22% en 2019. Les femmes, lorsqu’elles parviennent à intégrer le marché du travail, se retrouvent majoritairement confrontées à l’emploi non-rémunéré et à une inégalité en termes de rémunération. 64% des femmes actives occupées ont un emploi rémunéré contre 91% pour les hommes. En outre, dans la quasi-totalité des branches, des écarts salariaux significatifs sont constatés de l’ordre de 30% en défaveur des femmes.

Ces écarts sont encore plus prononcés au niveau du secteur industriel où l’indice de parité affiche 2,45. En outre, l’entrepreneuriat féminin demeure encore très faible. Il ressort des données les plus récentes, datant de 2019, que seulement 12,8% des entreprises sont dirigées par des femmes, avec une présence un peu plus marquée dans les secteurs des services (17,3%) et du commerce (13,8%). Le CESE préconise un certain nombre de mesures en vue de favoriser une intégration active des femmes sur le marché du travail. Le CESE appelle à une réflexion visant à valoriser le travail domestique des femmes au foyer en vue de renforcer leur autonomie économique, en envisageant des mesures telles qu’un revenu minimal ou des sources de financement adaptées à leur situation. La révision du code de la famille doit préserver les droits économiques des femmes et les protéger contre toutes discriminations. Il est aussi question de réduire les écarts de salaires hommes-femmes dans le secteur privé, lutter contre les pratiques discriminatoires de promotion de carrière ainsi que promouvoir et valoriser l’entrepreneuriat des femmes au Maroc.

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