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Circoncision : Le ministère de la santé publie un guide pour encadrer la pratique

© D.R

Protocole scientifique : La circoncision largement pratiquée au Maroc pose des défis en matière de santé publique en raison des risques liés aux pratiques non médicalisées. Pour remédier à cette situation, le ministère de la santé et de la protection sociale a élaboré un guide qui vise l’encadrement de l’acte et présente les procédures et les approches postopératoires à suivre.

Le ministère de la santé et de la protection sociale a élaboré, avec l’appui d’experts chirurgiens pédiatres, un guide de la circoncision destiné aux professionnels de la santé. Ce guide a pour but de définir un protocole scientifique et des critères de sécurité, garantissant ainsi une pratique sécurisée pour les enfants. Les chiffres indiquent que 90% des nouveau-nés et jeunes enfants subissent une circoncision au Maroc. Cependant, la pratique n’est pas sans risques. Des complications peuvent survenir, notamment lorsqu’elle est pratiquée dans un milieu non médicalisé (circoncision traditionnelle) qui reste souvent réalisée par des barbiers (hajjam) ou des non-professionnels, présentant un risque accru de complications post-opératoires.

Ces complications dont le taux atteint 10% dans des contextes non médicalisés peuvent être gravissimes engageant parfois le pronostic fonctionnel sexuel et urinaire, voire le pronostic vital. Et pourtant, l’OMS recommande que la circoncision soit réalisée dans des environnements médicaux appropriés pour réduire les complications. Le taux des complications de la circoncision pratiquée par des professionnels de santé dans des conditions stériles est de 0,2% à 2%. Pour lutter contre la pratique anarchique de la circoncision, le ministère a émis une circulaire en 2016 qui stipule que la circoncision doit être pratiquée uniquement par des professionnels de santé qualifiés dans des conditions hygiéniques appropriées. L’acte peut avoir lieu soit sous anesthésie locale, loco-régionale ou générale. Tous les enfants doivent bénéficier d’un examen médical en vue de repérer d’éventuelles contre-indications temporaires à l’acte de circoncision.

Ainsi, l’acte doit être programmé après un examen médical et un bilan biologique. Il doit être réalisé par un chirurgien pédiatre ou un médecin habilité et ce dans un établissement médicalisé remplissant les conditions optimales de sécurité (disponibilité d’une source d’oxygène, d’un moyen d’évacuation, et proximité d’un centre hospitalier). Lorsque la circoncision est mal exécutée sur le plan technique (anesthésie, matériel, expérience professionnelle, …) des complications peuvent survenir. Ces complications peuvent survenir telles que l’hémorragie. Il s’agit sans doute de la complication la plus fréquente de la circoncision, le plus souvent liée à un saignement de l’artère du frein du gland. Parmi les autres complications figurent la section partielle ou totale du gland, le lâchage des sutures, l’infection ou encore la nécrose tissulaire. Celle-ci est généralement due à la mauvaise utilisation du bistouri électrique. Sa prise en charge peut être difficile et doit être confiée au chirurgien pédiatre expérimenté.

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