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Comment le Maroc peut réduire sa dépendance énergétique

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La vision stratégique et la diversification sont essentielles pour réduire la dépendance énergétique et assurer la transition vers une énergie durable pour les pays importateurs nets d’énergie comme le Maroc, selon une nouvelle publication de Policy Center for the New South.

Ces dernières années, le Maroc a multiplié les initiatives pour atteindre un niveau de souveraineté énergétique nationale. Cette diversification s’étend au gaz naturel, au solaire et à l’éolien, ainsi qu’à des solutions innovantes comme l’hydrogène vert. La coopération constitue également un élément crucial pour la réussite de ses stratégies. C’est ce qui ressort d’une analyse rédigée par Sabrine Emran, économiste au Policy Center for the New South (PCNS), spécialiste des marchés des matières premières et de l’énergie intitulée «Transition énergétique au Maroc, donner la priorité au gaz naturel, adopter l’hydrogène vert et collaborer à l’échelle mondiale à la COP28». La décision du Maroc de donner la priorité au gaz naturel est favorisée en raison de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) plus faibles que le pétrole et le charbon. Dans cette publication, Mme Emran signale que le Maroc dépend fortement des importations de gaz naturel, dépassant ses niveaux de production nationale. En 2020, la production nationale s’était établie à 3.473 térajoules (TJ), tandis que les importations ont grimpé à 28 194 TJ. Le principal consommateur est l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), l’Agence Nationale de distribution de l’eau et de l’électricité, avec une consommation de 884,3 millions de mètres cubes, contre 98,7 millions de mètres cubes pour diverses industries, notamment les secteurs de l’automobile, de la céramique, de la mécanique et de la métallurgie, et de la pharmacie. L’orientation stratégique du Maroc sur le gaz naturel s’articule à travers une feuille de route nationale qui avait été lancée en 2021 couvrant la période 2021-2050. Cette feuille de route vise ainsi à créer un marché réglementé qui stimule l’évolution de la demande. Celle-ci est guidée par des objectifs temporels précis fixés par le ministère de la transition énergétique et du développement durable. À court terme (jusqu’en 2025), l’accent est mis sur l’approvisionnement, le GNL et les terminaux terrestres. La phase à moyen terme (2020-2030) met l’accent sur la diversification des sources d’approvisionnement. La vision à long terme souligne la nécessité cruciale de diversifier les sources de gaz naturel et de GNL, en tant que mécanisme de couverture des risques, compte tenu de la forte dépendance du Maroc aux importations d’énergie (90% de l’énergie totale).

S’agissant des énergies renouvelables, conscient de l’urgence de l’action climatique, le Maroc a revu ses ambitions à la hausse en 2015, en fixant un nouvel objectif de 52 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, contre 42 % initialement fixé. Pour y parvenir, des programmes intégrés ont été lancés pour installer 6.000 MW de sources renouvelables : 2.000 MW pour l’éolien, le solaire et l’hydroélectricité. En ce qui concerne l’avenir, la feuille de route du Maroc pour 2019-2030 prévoyait l’ajout de 4.262 MW de capacité, principalement à partir d’énergies renouvelables (99,5%). Il s’agit notamment d’objectifs spécifiques pour l’énergie éolienne, l’énergie solaire concentrée, l’énergie solaire photovoltaïque et l’énergie de la biomasse. En outre, le pays vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 42% d’ici 2030 (17% sans condition, 25% avec le soutien international). Dans son analyse, Sabrine Emran signale : «En poursuivant cette ambitieuse transition vers une énergie propre, le Maroc est un exemple inspirant de leadership et d’engagement en faveur d’un avenir durable, démontrant le potentiel de collaboration et d’innovation pour relever les défis climatiques mondiaux».
Pour ce qui est de l’hydrogène vert, le potentiel futur de cette ressource au Maroc implique des scénarios optimistes pour la demande intérieure et internationale.

«À l’échelle nationale, l’hydrogène vert pourrait être utilisé comme intrant dans les processus industriels, en particulier dans l’industrie des engrais et dans une moindre mesure comme carburant alternatif dans les transports, et pour les applications résidentielles, et enfin comme solution de flexibilité et de stockage pour les énergies renouvelables», relève Mme Emran.

Sur le plan extérieur, la demande à l’exportation devrait représenter 75 % de la demande et atteindre 10,3 TWh d’ici 2030 dans le scénario réaliste et 21,7 TWh dans le scénario optimiste, pour atteindre respectivement 114 TWh et 229,5 TWh d’ici 2050. Il faut aussi signaler que la position géographique stratégique du Maroc et ses infrastructures maritimes sont vitales pour la distribution de l’hydrogène. Cela dit, «les projets d’hydrogène vert nécessitent une collaboration entre les gouvernements et le secteur privé, avec des structures de financement optimales suggérées mettant l’accent sur un mélange de prêts bancaires et d’obligations vertes pour réduire les risques et attirer les investissements privés», souligne-t-elle.

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