La prévalence du handicap est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain.
Radioscopie : Dans une étude qui vient d’être publiée, le Haut-Commissariat au Plan a examiné la prévalence et les principales caractéristiques sociodémographiques des personnes en situation de handicap tout en explorant les perspectives démographiques à l’horizon 2050. Les détails.
Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) vient de publier une étude sur les personnes en situation de handicap (PSH) au Maroc en s’appuyant sur les données du RGPH 2024. Elle examine l’ampleur du phénomène, la prévalence et les principales caractéristiques sociodémographiques des personnes en situation de handicap, tout en évaluant leurs conditions de vie et leur insertion sociale.
Signalons que le Maroc compte 1,734 million de personnes en situation de handicap en 2024 contre 1,703 en 2014 , soit une augmentation de près de 31.300 personnes. En milieu urbain, les effectifs de personnes en situation de handicap ont connu une baisse de 0,1%, passant de 0,976 million en 2014 à 0,973 million en 2024. Une section prospective explore les trajectoires possibles du handicap à l’horizon 2050. Les projections réalisées à l’horizon 2050 montrent que l’effectif des PSH restera important. Ainsi, dans l’hypothèse que la prévalence observée en 2024 restera inchangée jusqu’en 2050, le nombre de PSH augmenterait progressivement pour atteindre 1,80 million en 2030 puis 1,89 million en 2040 et 1,96 million en 2050.
En milieu urbain, les effectifs continueraient de croître de manière soutenue sous l’effet de la croissance démographique urbaine, passant à 1,06 million en 2030, à 1,19 million en 2040 et à 1,30 million en 2050.
En revanche, en milieu rural, les effectifs diminueraient progressivement de 0,74 million en 2030 à 0,70 million en 2040, puis à 0,66 million en 2050. Cette baisse est liée au recul structurel de la population rurale au fil du temps.
Le milieu rural enregistre une augmentation notable, avec des effectifs passant de 0,728 à 0,761 million de personnes, soit une hausse de 33.400 personnes. Les hommes représentent 49,6% des PSH en 2024 et les femmes constituent 50,4% en 2024. La prévalence du handicap au niveau national s’établit à 4,8% en 2024 contre 5,1% en 2014, soit une légère diminution de 0,3 point. Cette baisse résulterait d’une amélioration relative de l’état fonctionnel global de la population ou un meilleur accès à la prévention et aux soins pour certaines formes d’incapacité. En dépit de cette diminution de la prévalence, le nombre de personnes concernées a augmenté d’environ 31.342 individus, en raison de la croissance globale de la population. Dans son analyse, le HCP précise que les incapacités liées à la vision sont les plus répandues avec 11,1%, suivies de celles affectant la mobilité (6,7%) et l’audition (5,7%).
Les troubles cognitifs (3,8%), les difficultés d’entretien personnel (3,7%) et les problèmes de communication (2,7%) affichent des prévalences plus faibles, mais restent néanmoins significatives.
Le milieu rural plus exposé
La prévalence du handicap varie sensiblement d’une région à l’autre. Les niveaux les plus élevés sont observés dans les régions de l’Oriental (5,9%), Fès-Meknès (5,8%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (4,9%), Marrakech-Safi (4,8%) et Drâa-Tafilalet (4,8%). A l’inverse, les prévalences les plus faibles concernent les régions du Sud, notamment Dakhla-Oued Eddahab (2,2%) et Laâyoune-Sakia El Hamra (3 %).
Le milieu de résidence constitue un facteur déterminant de la prévalence des incapacités. Dans presque toutes les régions, la prévalence du handicap est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain. Les écarts sont particulièrement marqués dans des régions comme Guelmim-Oued Noun (6,3% en milieu rural contre 3,9% en milieu urbain), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (6,4% contre 4,1%) et Fès-Meknès (6,9% contre 5,1%). A l’exception des régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab, où les niveaux sont globalement faibles et les écarts limités, le milieu rural apparaît systématiquement plus exposé. Signalons que certaines régions présentent une légère prédominance féminine, comme l’Oriental et Casablanca-Settat, tandis que d’autres affichent une prévalence légèrement plus élevée chez les hommes, à l’instar de Béni Mellal-Khénifra et Marrakech-Safi.
Plus de 53% des personnes en situation de handicap sont âgées de 60 ans ou plus
Plus de la moitié des personnes en situation de handicap sont âgées de 60 ans ou plus (53,7%). Cette proportion est nettement plus élevée chez les femmes (58,6%) que chez les hommes (48,6%), traduisant l’effet combiné de la longévité féminine et de la dégradation progressive des capacités fonctionnelles avec l’âge. Les adultes âgés de 15 à 59 ans représentent 35,5% de l’ensemble, avec une part plus importante chez les hommes (39%) que chez les femmes (32%). Pour leur part, les enfants de moins de 15 ans constituent une part relativement limitée (10,9%). L’étude révèle que près de six hommes sur dix (59,8%) sont mariés, contre seulement 35,2% des femmes.
A l’inverse, les situations de divorce et de veuvage concernent une proportion très élevée de femmes (38,9%), contre seulement 6,2% chez les hommes, ce qui traduit une plus grande vulnérabilité des femmes en situation de handicap. L’analyse de la répartition des ménages selon le nombre de personnes en situation de handicap montre que la majorité des ménages marocains (84,4%) ne compte aucune PSH, avec une proportion plus élevée en milieu urbain (86,6%) qu’en milieu rural (80%).
Les ménages comprenant une seule PSH représentent 13% au niveau national. Les ménages comportant deux PSH restent peu fréquents (2,2%), tandis que ceux avec trois PSH sont très rares, ne représentant que 0,4% du total. S’agissant du profil éducatif, le taux d’alphabétisation des PSH reste globalement faible. Seulement 35,4% sont capables de lire, écrire ou effectuer des calculs de base contre 75,2% pour la population totale.









