Coronavirus : Le gouvernement resserre l’étau au lendemain de l’Aïd

Coronavirus : Le gouvernement resserre l’étau au lendemain de l’Aïd

Hausse de 91% des cas positifs, de 175% des cas actifs et de 75% des cas critiques du 6 au 19 juillet

Face à la flambée des cas de contamination à la Covid, le gouvernement a décidé d’agir pour contenir la propagation du virus. Dans la soirée du lundi, le gouvernement a annoncé à travers la publication d’un communiqué plusieurs mesures restrictives qui entreront en vigueur à compter du vendredi 23 juillet 2021 à 23h. Il faut dire que cette annonce était prévisible vu la dégradation de la situation sanitaire dans le pays. Ces nouvelles mesures qui seront appliquées à travers tout le territoire national ont été prises conformément aux recommandations du Comité technique et scientifique en tenant compte de la hausse remarquable du nombre des contaminations et des décès enregistrés ces derniers jours.

Ces mesures portent sur l’interdiction des déplacements nocturnes à travers tout le Royaume de 23h à 04h30, à l’exception des personnes exerçant dans les secteurs et activités vitaux et essentiels et celles représentant des cas médicaux urgents. En outre, les déplacements entre les préfectures et provinces sont conditionnés à la présentation du passeport vaccinal ou d’une autorisation administrative de déplacement délivrée par les autorités territoriales compétentes. Il a aussi été décidé d’interdire les fêtes et mariages, ainsi que les obsèques, avec un maximum de 10 personnes lors des cérémonies d’enterrement. Figure également le respect d’un maximum de 50% de la capacité d’accueil dans les cafés et restaurants, les transports publics et les piscines publiques. Les rassemblements et les activités dans les espaces ouverts ne doivent pas dépasser 50 personnes, avec l’obligation de disposer d’une autorisation délivrée par les autorités locales en cas de dépassement de ce nombre. Si la situation s’aggrave davantage, il n’est pas exclu que d’autres mesures restrictives soient prises par les autorités. Le gouvernement insiste sur le strict respect de toutes les orientations des autorités publiques et de l’ensemble des mesures de prévention adoptées par les autorités sanitaires, dont la distanciation physique, les règles d’hygiène et le port obligatoire du masque afin de préserver les acquis importants réalisés par le Maroc dans sa lutte contre la pandémie.

Le taux de reproduction s’est aggravé à 1,45

Le chef de la division des maladies transmissibles, Abdelkrim Meziane Bellefquih, qui présentait mardi le bilan bimensuel de la situation épidémiologique, a relevé une augmentation de 91% des cas positifs durant la période du 6 au 19 juillet, confirmant que le Royaume entame une nouvelle étape de propagation du virus. Le taux de positivité est passé de 4,56% à 10,7%. Cette tendance à la hausse a, principalement, concerné la région de Casablanca-Settat (21,3%), contre 2,6% à Fès-Meknès.

Globalement, le Maroc a comptabilisé 558.785 cas positifs depuis le début de la pandémie, avec un taux d’incidence de près de 1.535 cas pour 100.000 habitants. Ces indicateurs placent le Royaume au 42ème rang mondial et deuxième en Afrique. Par ailleurs, le taux de reproduction de la Covid-19 (RO) s’est aggravé à 1,45 au niveau national durant les deux dernières semaines. Il se situe bien loin de l’objectif de 0,7 fixé dans le cadre du plan national de veille et de lutte contre la Covid-19. Pour leur part, les cas actifs se sont élevés à 15.253, contre 5.535 deux semaines auparavant (+175%), a fait observer M. Meziane Bellefquih qui a pointé du doigt la hausse inquiétante des cas critiques ces deux dernières semaines qui sont passées de 236 à 413 lundi, soit une augmentation de 75%. Le bilan total des décès a atteint 9.466 cas au 19 juillet 2021, soit un taux de létalité de 1,7%, en dessous de la moyenne mondiale établie à 2,2%. M. Meziane Bellefquih a aussi signalé que 81 décès ont été enregistrés la semaine dernière, constituant le bilan des décès le plus élevé depuis 5 mois. Le taux de guérison tourne pour sa part autour de 97,3%. D’autre part, le dépistage du virus a enregistré une progression sensible, passant de 105.000 tests par semaine à 140.000 tests effectués la semaine dernière, soit près de 20.000 tests par jour. Le Maroc a réalisé, jusqu’à lundi, plus de 6,645 millions de tests, occupant ainsi la deuxième place au niveau continental.

La vaccination, une course contre la montre

L’enjeu majeur de sortie de la crise sanitaire actuelle est l’acquisition d’une immunité collective suffisante pour contrôler la circulation du SARS-CoV-2. Rappelons que le Maroc a fixé ce taux à 80% en se limitant à la population des adultes. Face à la progression rapide des variants, l’enjeu majeur aujourd’hui est de vacciner au plus vite un grand nombre de citoyens. Il faut contrer la circulation des variants par une campagne de vaccination agressive. Au Maroc, la campagne de vaccination se poursuit à un rythme soutenu. Selon le bilan du ministère de la santé, à la date du lundi 19 juillet, le cumul depuis le démarrage de la campagne atteint 11.410.509 personnes pour la première dose. En parallèle, 9.692.075 personnes ont été complètement vaccinées (2 doses). Par ailleurs, il est important de signaler que les autorités françaises ont décidé récemment d’homologuer le vaccin Covishield, du laboratoire britannique AstraZeneca produit en Inde. Désormais, les Marocains ayant reçu les deux doses de ce vaccin pourront entrer sur le territoire français en présentant la preuve de leur vaccination. Il faut rappeler que le Covishield figure sur la liste des vaccins homologués par l’OMS depuis le 15 février 2021. Il a fallu attendre plus de 4 mois pour que la France finisse par homologuer ce vaccin. Cela dit, le vaccin Sinopharm n’est toujours pas reconnu en France.

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