Coronavirus : Plus de 35.000 personnes contrôlées aux frontières

Coronavirus : Plus de 35.000 personnes contrôlées aux frontières

Mesures prises pour faire face au coronavirus aux points de passage aériens, maritimes et terrestres

En dépit du nombre de personnes porteuses du virus à l’échelle nationale, le Maroc fait toujours partie de ces pays où les cas importés sont «circonscrits».

Le ministère de la santé dresse le bilan des actions de contrôle menées au niveau de l’ensemble des différents postes-frontières nationaux. La situation au 8 mars démontre que 35.000 personnes ont été contrôlées au niveau des points de passage aériens, maritimes et terrestres du Maroc et ce, dans le cadre des mesures préventives prises pour faire face au coronavirus par les autorités nationales. Il s’agit en gros des voyageurs en provenance des régions et des pays touchés par le Covid-19.

Le ministère de la santé, en partenariat avec l’ensemble des intervenants, a resserré l’étau pour contourner cette situation sanitaire que l’OMS qualifie désormais de «pandémie». En dépit du nombre de personnes porteuses du virus à l’échelle nationale, le Maroc fait toujours partie de ces pays où les cas importés sont «circonscrits». C’est ce que nous confirme dans un bref entretien téléphonique Dr Mohamed Moussif, médecin en chef de l’aéroport Mohammed V de Casablanca et membre du Groupe d’élaboration des lignes directrices de l’OMS ITH (voyages internationaux et santé).

Principale porte du Maroc, l’aéroport international Mohammed V a été l’une des premières infrastructures aériennes à être dotée d’un dispositif de contrôle pointu portant, entre autres, sur l’installation de caméras thermiques et de thermomètres infrarouges ainsi que la distribution de fiches sanitaires à remplir pour le suivi des voyageurs tout au long de la période d’incubation. Et pourtant, quelques cas «minimes» ont échappé aux radars des autorités sanitaires laissant les gens douter de l’efficacité du dispositif engagé.

Le médecin en chef de l’aéroport Mohammed V explique la situation sur le terrain : «Lors du passage par l’aéroport, on procède en premier à la prise de température des passagers. Une mesure instantanée qui peut révéler à l’instant «T» l’absence de symptômes sans pour autant déterminer si la personne est porteuse du virus ou non. Généralement, la maladie peut ne présenter aucun signe durant la phase d’incubation dont la durée varie d’un virus à un autre».

Pour un meilleur suivi, Dr Moussif précise que les autorités sanitaires «se rattrapent par deux moyens». Il s’agit en premier de distribuer des dépliants détaillant les symptômes du virus et dans lesquels est mentionné le numéro vert mis en place par la tutelle. Le deuxième moyen déployé est la distribution de fiches sanitaires à bord d’avion et aux postes-frontières fournissant aux autorités marocaines des informations relatives au voyageur dont son nom complet, le pays de provenance, son lieu de résidence au Maroc, adresse électronique, antécédents médicaux et éventuel contact avec une personne déclarée «positive» avant son voyage.

«Toutes ces personnes sont suivies au quotidien soit par téléphone ou par visite à domicile pour déceler les cas suspects», assure Dr Moussif. En parallèle à ces mesures, la prévention et la sensibilisation restent un élément clé pour lutter contre la propagation du Covid-19. «L’évolution du virus est imprévisible. Certes, la limitation de la propagation est sujette à la circulation des personnes infectées, mais des gestes simples qui valent de l’or sont à prendre en considération», souligne le praticien. La transmission du Covid-19, comme pour une grande partie des pathologies infectieuses, est manuportée.

C’est pourquoi les autorités insistent sur l’hygiène des mains. Outre le lavage régulier des mains, il est recommandé d’arrêter la propagation de germe en utilisant le coude ou mouchoirs lors de la toux et l’éternuement, d’éviter les foules et le contact avec des personnes présentant des symptômes semblables à la grippe. Ce sont là quelques étapes des 7 définies par l’OMS pour réduire le risque d’infection au coronavirus. L’organisation onusienne établit un suivi régulier de la situation sanitaire au niveau mondial et classe les pays touchés selon 3 catégories.

La première est relative aux pays dont les cas importés sont circonscrits, c’est-à-dire limités. La deuxième catégorie est celle des pays à foyer organisé, soit ayant un lien direct avec l’activité voyage au moment où la troisième correspond au foyer désorganisé, à savoir la chaîne de transmission du virus n’est pas liée au voyage. Face à cette urgence internationale, l’OMS réitère son appel aux pays de mettre en œuvre des décisions factuelles et cohérentes pour contenir cette maladie.

Bien que l’OMS ne cesse de souligner l’inutilité de mesures interférant avec le voyage et le commerce international, certains pays ont choisi de prendre des décisions qui pour certains sont «exagérées». Tel est le cas des États-Unis où Donald Trump a interdit l’entrée au territoire américain pour les 30 prochains jours de toute personne ayant séjourné dans l’espace Schengen au cours des 14 jours précédant leur arrivée, à l’exception des Américains et des résidents permanents. Une décision désapprouvée catégoriquement par l’Union européenne qui considère le coronavirus comme une crise mondiale requérant une coopération internationale plutôt qu’une décision unilatérale.

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