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CORRIDOR ROUTIER PANAFRICAIN : LA BANQUE MONDIALE SOLLICITE LE MAROC

© D.R

L’institution financière internationale cherche à impliquer le Royaume dans la réalisation de cet important projet logistique continental

Logistique. La Banque mondiale veut renforcer la connectivité entre le Maroc et le reste de l’Afrique à travers un corridor continental avec un impact et des enjeux économiques très importants.

Les détails.

Un corridor routier continental reliant le Maroc au reste de l’Afrique. C’est le projet qui fait rêver la Banque mondiale. En effet, Nizar Baraka, ministre de l’équipement et de l’eau, a reçu à Rabat Guangzh Chen, vice-président de la Banque mondiale pour les infrastructures, accompagné d’une importante délégation du ministère. La réunion a porté notamment sur les investissements dans les infrastructures du transport routier aux niveaux national et international, ainsi que pour discuter de projets structurants au Maroc.

M. Guangzh Chen a souligné que la Banque mondiale a toujours été intéressée par une coopération avec le Maroc, notant que la Banque vise à créer un « Projet de corridor » routier continental reliant le Maroc au continent africain dans le cadre du développement du secteur des infrastructures routières africaines, considérant que le Maroc est un pionnier dans les domaines du transport et des routes au niveau continental. Le vice-président de la Banque mondiale pour les infrastructures a affiché la disposition de la Banque à coopérer avec le Maroc à travers des financements ou bien dans le cadre d’un transfert de son expertise. Le responsable a affiché en plus la disponibilité de la Banque mondiale à renforcer et accompagner les ressources humaines marocaines dans les domaines de la transition énergétique, des ports, des routes et de l’eau, indiquant que la Banque mondiale a un programme ambitieux de création de partenariats avec les institutions marocaines dans le domaine de la formation et du développement des compétences.

La rencontre a été l’occasion pour le ministre de passer en revue les structures les plus importantes dont dispose le Maroc dans les secteurs routier et portuaire, ainsi que l’importance de relier le nord et l’est du Royaume à travers des projets de développement. Au cours de la réunion, le ministre de l’équipement et de l’eau a souligné l’importance de consolider la coopération entre le Royaume du Maroc et la Banque mondiale dans le cadre d’une approche intégrée impliquant tous les secteurs de base (tels que les routes, l’énergie, les ports et l’eau) afin de créer une croissance significative dans le domaine de la création d’emplois dans le pays, ainsi que le développement des compétences des ressources humaines marocaines.

Intégration régionale

Il faut dire que le désenclavement de plusieurs pays sur le continent représente un sérieux défi. Selon la Banque mondiale, 32 % des pays africains sont enclavés. « Le développement des infrastructures – que ce soit en matière de transport et de développement des corridors économiques ou en matière d’énergie ou du numérique – est donc capital non seulement pour la circulation des biens et des personnes, mais aussi pour faciliter le commerce intra régional, développer les chaînes de valeur et offrir plus d’opportunités aux entrepreneurs », précise la même source.

La Banque mondiale avait soutenu un projet entre le Burkina Faso, le Niger et le Togo, visant la création d’un corridor économique Lomé- Ouagadougou-Niamey dont l’objectif est d’améliorer la connectivité régionale et de développer des infrastructures socio-économiques pour les communautés fragiles vivant le long de cet axe où se concentrent plus de 28 % du PIB du Niger et 7 % de sa population, plus de 40 % du PIB du Burkina Faso et 21 % de sa population et 72 % du PIB du Togo et 65 % de sa population. A travers l’implication du Maroc, l’institution financière internationale veut donner un nouvel élan à ce genre de projet. C’est d’autant plus vrai que le Maroc est très impliqué dans le renforcement des infrastructures à l’échelle du continent.

Dans ce sens, le Royaume avait lancé l’Initiative Royale pour l’Atlantique qui traduit une vision royale pour le développement à l’échelle continentale. L’Initiative avait été annoncée dans le discours royal adressé à la Nation à l’occasion du 48ème anniversaire de la Marche Verte, dans lequel le Souverain avait précisé: «Pour résoudre les difficultés et les problèmes auxquels se trouvent confrontés les Etats frères du Sahel, la solution ne peut être exclusivement sécuritaire ou militaire, mais elle doit se fonder sur une approche de coopération et de développement commun».

Pour favoriser l’accès des Etats du Sahel à l’océan Atlantique, «Nous proposons le lancement d’une initiative à l’échelle internationale», avait souligné Sa Majesté le Roi. Dans ce cadre, l’Initiative Royale ouvre le champ pour permettre aux pays sahéliens enclavés d’accéder aux infrastructures routières et portuaires du Royaume. Cette ouverture a fait l’objet d’une affirmation explicite par Sa Majesté le Roi, en soulignant que «le Maroc est prêt à mettre à leur disposition ses infrastructures routières, portuaires et ferroviaires pour soutenir cette initiative».

Il faut préciser qu’une réunion ministérielle de coordination sur l’Initiative internationale de SM le Roi Mohammed VI pour favoriser l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique avait été organisée à Marrakech en décembre dernier, avec la participation du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad. Dans ce sens, les ministres des affaires étrangères de ces pays ont exprimé l’adhésion de leurs pays à l’Initiative internationale de SM le Roi Mohammed VI pour favoriser l’accès des Etats du Sahel à l’océan Atlantique, qui offre de grandes opportunités pour la transformation économique de l’ensemble de la région. Ils ont souligné l’importance stratégique de cette Initiative, qui s’inscrit dans le cadre des mesures de solidarité agissante de SM le Roi Mohammed VI envers les pays africains frères en général et du Sahel en particulier, et qui offre de grandes opportunités pour la transformation économique de l’ensemble de la région en ce qu’elle contribuera à l’accélération de la connectivité régionale et des flux commerciaux, et à la prospérité partagée dans la région du Sahel.

ZLECAF

Libre-échange. Le continent s’est doté d’un nouveau marché commun dans une initiative visant à renforcer les échanges inter-africains. Le Maroc est un pays signataire de cet accord. Cette zone a pour objectif de créer un marché africain de 1,27 milliard de consommateurs. La création de la Zlecaf renforcera les relations commerciales intra-africaines qui ne représentent à ce jour que 16%. La Zlecaf, marché commun africain, est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2021, marquant ainsi un tournant dans l’histoire économique de l’Afrique. El le consol idera également le taux d’industrialisation du continent (2% de la valeur ajoutée manufacturière mondiale) et réduira la dépendance aux matières premières. Plusieurs institutions marocaines ont déjà réalisé des études sur l’impact escompté de ce projet d’envergure. C’est le cas notamment du Policy Center for the New South (PCNS). Dans son rapport annuel de 2019 consacré à l’économie en Afrique, le Centre affirme que la Zone constitue une opportunité pour faire avancer l’intégration économique à l’échelle continentale. Inscrite sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA), la nouvelle Zone de libre-échange continentale africaine traduit une vision ambitieuse et un mégaprojet d’intégration, auquel le Maroc a adhéré depuis mars 2018 et a ratifié cet accord en février 2019.

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