Société

Courrier des lecteurs : Le sahara est marocain

© D.R

Au Vème siècle avant J-C, le Sahara était un point stratégique des échanges entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Les Phéniciens qui étaient installés au Maroc, avant l’ère chrétienne, assuraient le trafic de l’or venant du Sénégal en empruntant cet immense désert. Au début de l’ère chrétienne, le dromadaire accentuait fort ces contacts et la conquête des Musulmans arrivait jusqu’au royaume noir du Ghana.
Plus tard, au VIIIème siècle de l’ère chrétienne, la région a connu un grand essor, dû à l’impulsion donnée par la présence des Arabes au commerce de l’or, entre la ville de Sijilmassa (dans la région de Tafilaltet au Sud marocain) et celle d’Aoudaghost (dans la région de l’Aouker au Sud mauritanien). Yahia Ibn Ibrahim, un chef berbère invita le savant marocain Ibn Yassine à prêcher le Coran aux populations de la région.
Les disciples de celui-ci se regroupèrent dans une île près de la côte mauritanienne dans uns endroit fortifié (ribat d’où le nom d’Al Mourabitoun) et donnèrent ainsi naissance à l’expansion du territoire des Almoravides qui s’étendra, jusqu’à la moitié du XIIème siècle, de l’Espagne au Sénégal et de la côte atlantique jusqu’à l’Algérie centrale. Par la suite, viennent les Almohades et unifèrent le Maghreb. A partir du XIIIème siècle, les Maqil, nomades venant de l’Orient, occupaient le Sud et se liaient matrimonialement avec les berbères nomades de cette région formant ainsi la population des Sahraouis qui à chaque occasion présentaient l’allégeance aux Sultans du Maroc…
A la suite de cet aperçu brévissime de l’histoire de notre Sahara, il apparaît clairement que son identité est indiscutablement marocaine. Malheureusement ou heureusement selon le cas ; sur le plan politique, on cherche toujours à rendre l’indiscutable, une espèce de plate-forme qui prête à de vains boniments dans le but de créer des divisions servant à des mesures attentatoires. Voilà trente ans que cela dure et n’en profite qu’à ceux qui font des commerces à profits incommensurables sur nos dos, hélas ! Des milliers de nos compatriotes sont aujourd’hui séquestrés dans le camp de la honte au vu et au su de toutes les instances des droits de l’Homme et on laisse faire. Le seuil de l’intolérable est vraiment atteint !
Ceux qui cherchent à profiter de cette période transitoire de la démocratie que vit notre Maroc n’en feront qu’à leur tête, car nous sommes et serons toujours solidaires pour ce qui est de la légitimité de notre cause nationale, unis inébranlablement derrière SM le Roi Mohammed VI et pour la libération de nos compatriotes et pour la défense de notre intégrité territoriale. Par-dessus tout, voilà que certains intellectuels espagnols prétendent soutenir, dans n’importe quel endroit du monde, la liberté : liberté de pensée, d’expression, de manifestation et d’élection en annonçant que la revendication des droits du peuple sahraoui est un acte de justice. Notre fibre patriotique leur dit ceci : « Relisez chers voisins ibériques l’histoire de votre pays d’abord, vous verrez que vous êtes toujours des colonisateurs et des envahisseurs. Occupez-vous de vos problèmes du pays basque, Gibraltar et Olivença, puis rendez-nous Ceuta et Melilla ! Soyez plus conséquents et ayez une mise en cohérence de vos principes comme ils l’ont suggéré nos intellectuels à nous !».
Cela dit, l’intellectuel doit privilégier dans ses méthodes analytiques la raison et non les sentiments. Nous n’avons pas occupé le Sahara, nous l’avons récupéré légalement des mains des colonialistes et ce en accord avec la légalité internationale. (La Cour internationale de La Haye affirme que le Sahara n’était pas un territoire sans maître (terra nillus) au moment de la colonisation espagnole et que des liens d’allégeance existaient entre les Sultans du Maroc et certaines tribus sahraouies).
Où était-il ce «Polisario», pour se constituer comme interlocuteur aux Espagnols lorsque ces derniers ont quitté le Sahara ?
Logiquement, les Espagnols devaient signer à l’époque un accord avec le Polisario s’il était vraiment un mouvement de libération comme l’avaient fait les mouvements de libération qui se manifestaient en Afrique ou ailleurs et qui signaient les accords d’indépendance avec leurs anciens colonisateurs ; le MPLA, le front du mouvement de libération du Mozambique par exemple. Voyez bien que nous ne cherchons pas à marocaniser le Sahara car il est marocain de fond en comble, mais notre bonne éducation de voisinage et notre sagesse font que nous irons lentement et sûrement jusqu’à la récupération intégrale de nos territoires occupés Inchaa Allah…

• Abdelaziz Neimy,
Membre du Comité national du FFD

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