Société

Couverture médicale des professions libérales: La politique de la sourde oreille

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En matière de couverture médicale pour les professions libérales, le gouvernement continue à suivre la politique de l’autruche.

Depuis plusieurs années, l’Union nationale des professions libérales (UNPL) demande au gouvernement  de mettre en place  une couverture médicale et de sécurité sociale pour  les professions libérales. En vain. Depuis le 17 novembre 2008, date à laquelle avait été organisée une journée d’étude sur «L’extension de la couverture sociale aux travailleurs indépendants», la situation n’a pas bougé d’un iota. 

Contacté par ALM, Dr Mohamed Naciri Bennani, secrétaire général du Syndicat national des médecins du secteur libéral, déplore le mutisme dans lequel s’enferme le chef de gouvernement. M. Naciri Bennani rappelle qu’en 2012, l’UNPL avait adressé un mémorandum au chef de gouvernement et au ministre de la santé. «Ils ne nous ont jamais répondu   malgré l’envoi d’un premier rappel au bout de 3 mois et d’un deuxième rappel avec un huissier de justice», affirme-t-il. Et d’ajouter que «par la suite, nous leur avons  demandé une audience pour leur faire part de nos doléances. Celle-ci n’a jamais eu lieu».

En attendant, les professionnels libéraux continuent d’être exclus de tout système d’assurance-maladie et dépourvus de toute sécurité sociale. C’est le cas d’une Marocaine médecin de profession âgée de 57 ans qui n’a pas hésité à envoyer une lettre au Syndicat national des médecins du secteur libéral pour faire part de sa souffrance. Cette femme  qui a été opérée d’un cancer du col en 2010 et qui avait bénéficié de l’AMO de son mari  est allée déposer un dossier médical  à la CNSS  et à sa grande surprise, un responsable   lui a fait savoir que ses droits ont été fermés pour motif qu’elle est médecin. Conjointe d’un affilié à la CNSS, cette femme se trouve aujourd’hui privée de ce droit et doit prendre en charge seule une maladie grave  et lourde financièrement.

Ayant un polype du colon en dysplasie reséqué, son état de santé nécessite un suivi très régulier et ne lui permet pas de travailler régulièrement. Bouleversée par cette injustice, cette femme qui a exercé la médecine en France où elle bénéficiait de la couverture médicale et de droits sociaux ressent de plus en plus de regret d’être rentrée dans son pays d’origine il y a 20 ans. Le cas de cette femme n’est qu’un parmi tant d’autres.  «N’est-il pas honteux que nos cadres souffrent  de cette manière. Est-ce que l’Etat ne les considère pas comme des citoyens à part entière ?», s’interroge Dr Naciri Bennani.

L’Union nationale des professions libérales se réunira très prochainement pour examiner les prochaines actions à mener  pour tenter de faire avancer ce dossier. Affaire à suivre.  
 

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