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Couverture sanitaire, niveau d’instruction, situation matrimoniale… Le HCP dresse un portrait détaillé des personnes âgées

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Au 1er septembre 2024, le Maroc comptait près de 5,027 millions de personnes âgées.

Rapport : Le Haut- Commissariat au Plan (HCP) a publié un rapport détaillé sur les personnes âgées au Maroc et a examiné l’accélération du vieillissement de la population caractérisée par une baisse rapide et soutenue de la fécondité, conjuguée à une amélioration significative de l’espérance de vie. Les détails.

Le Haut- Commissariat au Plan (HCP) a publié en partenariat le Fonds des Nations Unies pour la population ( UNFPA) un rapport sur les personnes âgées au Maroc. Ce document examine d’abord l’ampleur du vieillissement, ses différentiels démographiques et socio-économiques ainsi que ses disparités territoriales. Il dresse ensuite un portrait détaillé des personnes âgées, en abordant leur situation matrimoniale, familiale et résidentielle, leur niveau d’instruction, leur insertion sur le marché du travail, leurs conditions de logement et leur état de santé. Le vieillissement démographique constitue aujourd’hui l’un des phénomènes les plus marquants de la transition démographique que connaît le Maroc. L’allongement de l’espérance de vie, la baisse continue de la fécondité ainsi que les transformations sociales et économiques ont profondément modifié la structure par âge de la population marocaine, contribuant à une augmentation du poids démographique des personnes âgées. Au 1er septembre 2024, le Maroc comptait près de 5,027 millions de personnes âgées. Cet effectif représente une progression notable par rapport à 2014 où ils étaient au nombre de 3,168 millions. Le rapport indique que sur la période 2004-2014, cette population a augmenté de 33,3%, avant d’enregistrer une accélération marquée durant la décennie 2014-2024, avec une croissance de 58,7%. Les femmes âgées représentent 2,576 millions contre 2,451 millions pour les hommes.

Indice de vieillissement : 52 personnes âgées pour 100 jeunes

Le rapport entre le nombre de personnes âgées et celui des jeunes de moins de 15 ans constitue l’un des indicateurs les plus utilisés pour évaluer le vieillissement d’une population. Ainsi, en 2024, on recense près de 52 personnes âgées pour 100 jeunes de moins de 15 ans, contre un peu plus de 37 en 2014 et un peu moins de 26 en 2004. En l’espace de vingt ans, cet indicateur a doublé, ce qui illustre l’accélération du vieillissement démographique. S’agissant des causes du vieillissement, le HCP explique que le Maroc se trouve dans une phase avancée de sa transition démographique, caractérisée par une baisse rapide et soutenue de la fécondité, conjuguée à une amélioration significative de l’espérance de vie. En effet, la fécondité a perdu 5,2 points dans l’indice synthétique de fécondité depuis 1962 passant de 7,2 enfants par femme cette année-là à 3,14 en 1994 puis à seulement 1,97 en 2024. Le Maroc se situe ainsi en dessous du seuil de remplacement des générations (soit 2,1 enfants par femme). Cette baisse est davantage urbaine que rurale mais elle reste plus prononcée en ville. En effet, une femme citadine mettait au monde en moyenne 7,77 enfants en 1962 contre 1,8 enfant en 2024, soit une baisse de près de 6 enfants. En milieu rural, ces niveaux de fécondité sont de 6,91 et 2,4 en moyenne respectivement pour les deux dates, ce qui donne une réduction de 4,5 enfants sur cette période. Selon le rapport, la baisse de fécondité est le résultat d’un recul de l’âge au mariage combinée à une hausse du célibat et d’une intensification dans la pratique contraceptive. Entre 1960 et 2024, l’âge moyen au premier mariage s’est accru de 17,5 ans à 24,6 ans pour les femmes et de 24 ans à 32,4 ans pour les hommes. Concernant la pratique contraceptive, la prévalence est passée de moins de 10% dans les années 1970 à 63% en 2004 puis à 71% en 2018. Concernant l’espérance de vie à la naissance, son évolution se caractérise par une progression continue. Elle a d’abord augmenté à un rythme soutenu jusqu’en 2010, passant de 47 ans en 1962 à 74,8 ans, puis a poursuivi sa hausse à un rythme plus modéré jusqu’en 2024, année où elle atteint 77,2 ans.

9% des personnes âgées vivent seules
Selon les résultats du RGPH 2024, la quasi-totalité (95,7%) des personnes âgées ont été mariées au moins une fois au cours de leur vie. Parmi elles, 70,8% sont actuellement mariées, une proportion largement portée par la situation matrimoniale des hommes, dont près de 90,5% sont toujours mariés, contre seulement 52,1% chez les femmes. Cette situation s’explique par une espérance de vie plus élevée chez les femmes, des mariages généralement contractés à un âge plus jeune que celui de leurs conjoints, une fréquence plus élevée de remariage chez les hommes. Notons que les proportions de personnes âgées célibataires ou divorcées restent globalement faibles, ne dépassant pas 8% de l’ensemble. Par ailleurs, parmi les 5,03 millions de personnes âgées recensées, 9% vivent seules. L’isolement concerne davantage les femmes, dont la proportion est un peu plus que le double de celle des hommes (12,5% contre 5,2%). Cette tendance s’est accentuée depuis 2014, où 7,8% des femmes âgées vivaient seules, contre seulement 2,9% des hommes. Cette situation peut s’expliquer par la fréquence du veuvage chez les femmes, la faible probabilité de remariage, ainsi que le départ des enfants du foyer parental. Néanmoins, les données révèlent qu’une bonne partie des personnes âgées vit entourée de membres de sa famille. En effet, près de la moitié (49,3%) d’entre elles résident dans des ménages composés de quatre personnes ou plus.

Environ 4 personnes âgées sur dix savent lire et écrire
L’analphabétisme reste particulièrement marqué chez les personnes âgées. Selon le RGPH 2024, environ quatre personnes âgées sur dix (41,9%) savent lire et écrire. L’analyse par groupe d’âge montre une diminution progressive du taux d’alphabétisation à mesure que l’âge augmente. Alors que 47,2% des seniors âgés de 60 à 64 ans sont alphabétisés, seul 27,8% le sont chez les 75 ans et plus. Le taux d’alphabétisation des personnes âgées au niveau national cache des disparités entre les deux sexes. Il est nettement plus faible chez les femmes âgées (27,4%) que chez les hommes (57,2%). Des disparités similaires sont observées entre les milieux de résidence avec un écart de 36 points entre milieux urbain et rural. Par ailleurs, les inégalités entre hommes et femmes sont plus marquées en milieu urbain (32 points de différence) qu’en milieu rural (27 points), mettant en évidence une vulnérabilité éducative accrue des femmes âgées, même dans les zones disposant d’un meilleur accès aux services. S’agissant du niveau scolaire, seule une proportion de 15,3% a pu accéder au primaire, 12,4% au secondaire et seulement 5,7% au niveau supérieur.

Un taux d’activité de 16,1%
Le taux d’activité des personnes âgées au Maroc s’établit à 16,1%. L’analyse par sexe révèle une inégalité dans la participation économique des seniors. Alors que 29,3% des hommes âgés de 60 ans et plus sont actifs, ce taux chute à seulement 3,6% chez les femmes âgées. Cette différence s’explique principalement par la faible insertion historique des femmes dans le marché du travail formel, notamment dans les générations nées avant les années 1960. Il est à noter que le taux d’activité des personnes âgées est quasi similaire entre le milieu urbain (16,3%) et le milieu rural (15,9%). Le HCP fait remarquer que le maintien en activité après 60 ans résulte davantage d’une contrainte économique que d’un choix de vie. L’insuffisance des revenus de retraite, la faiblesse de la couverture sociale, notamment en milieu rural, et l’informalité du marché du travail poussent une partie des personnes âgées à prolonger leur activité.

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Près de sept personnes âgées sur dix ont une couverture sanitaire

Santé.
Près de sept personnes âgées sur dix soit 69,2%) bénéficient d’une assurance maladie au Maroc. Le HCP souligne que ce taux relativement élevé traduit les effets positifs des réformes récentes d’extension de la couverture médicale, notamment à travers l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Les femmes âgées présentent un taux de couverture inférieur à celui des hommes. À l’échelle nationale, seulement 65,1% des femmes de 60 ans et plus sont couvertes par une assurance maladie contre 73,4% des hommes. Le milieu de résidence joue un rôle déterminant. En milieu urbain, 71,4% des personnes âgées bénéficient d’une couverture santé contre 65,2% en milieu rural. Il est important de signaler que la couverture maladie diminue progressivement avec l’âge. Elle passe de 71,5% chez les 60-64 ans à 62,4% chez les 75 ans et plus.