Covid-19 : Comment la Santé a organisé ses troupes

Covid-19 : Comment la Santé a organisé ses troupes

Redéploiement, recrutement, formation…

Ce sont 86% des fonctionnaires du secteur de la santé qui œuvrent dans le périmètre urbain contre 14% dans le milieu rural. 50% sont répartis sur le réseau hospitalier y compris les urgences.

En 2020, le nombre de cadres médicaux a atteint 9.253, soit respectivement une augmentation de seulement 1% entre 2019 et l’année écoulée et 2% entre 2018 et 2020. Des taux assez minimes, notamment dans un contexte de pandémie liée à la Covid-19.
Cependant la direction des ressources humaines relevant du ministère de la santé, qui ressort ces chiffres dans son bilan qu’elle qualifie de «positif» au titre de 2020, a, à cet effet, pris des mesures «urgentes».
«Il reste beaucoup à faire», reconnaît la direction qui indique mettre le capital humain au centre de sa réforme.

2,33 médecins pour chaque 10.000 habitants

Selon ce bilan, le nombre de médecins est de «2,33 pour chaque 10.000 habitants». Quant aux cadres infirmiers, ils sont de 7,83 pour la même proportion d’habitants. Par situation administrative, 92% des cadres administratifs dans le secteur accomplissent leurs fonctions. Cependant, seulement 4% ont été affectés en 2020, 1% mis en disponibilité et 3% sont résidents. En outre, ce sont 86% des fonctionnaires du secteur de la santé qui œuvrent dans le périmètre urbain contre 14% dans le milieu rural. 50% sont répartis sur le réseau hospitalier y compris les urgences. Et ce n’est pas tout. Les cadres médicaux sont majoritairement féminins à hauteur de 59%. Par catégorie, les cadres médicaux se chiffrent à seulement 20% contre 60% pour ceux infirmiers. Par âge, les cadres médicaux ont une moyenne de 44 ans contre 39 ans pour ceux infirmiers qui sont les plus jeunes dans le secteur. A Rabat-Salé-Kénitra, les cadres médicaux ont une moyenne d’âge de 44 ans. Par région, 64% des fonctionnaires de la santé sont plus présents dans 5 régions, notamment Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Marrakech-Safi. En détail, les régions de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra accaparent 39% des cadres médicaux. En termes de postes budgétaires, l’évolution est de 0% entre 2017 et 2020 au moment où «le manque de médecins s’élève à 4.800». Cela étant, le ministère a quand même pris des mesures pour «hisser la performance des ressources humaines face à la pandémie du coronavirus».

10 concours à distance, une première pour combler le manque

Ce sont 10 concours à distance qui ont été organisés entre septembre 2019 et mai 2020 au niveau national pour répondre aux besoins en santé, notamment dans le contexte de la pandémie. Mieux encore, le ministère a «complété le chantier de l’emploi régional entamé en début 2020». Aussi, la numérisation dont le besoin a décuplé pendant la conjoncture sanitaire. Dans ce sens, la direction y a adhéré via la gestion électronique des envois pour traiter les candidatures aux concours, les dossiers de recrutement, de promotion, d’allocations et d’affectations entre autres. De surcroît, le redéploiement des cadres de santé a constitué un mécanisme pour faire face à l’évolution de la pandémie. Dans ce sens, cette opération a concerné environ «80% des cadres de santé au niveau régional et 35% au niveau national». Le tout en faisant de 2020 une année «décisive» pour régulariser la promotion en grade de 5.194 cadres médicaux et techniques. En outre, 4.376 cadres ont bénéficié du mouvement de mutation en 2020. Par l’occasion, la direction des ressources humaines du ministère a adhéré au dialogue social via la création d’un comité technique permanent et commun pour contribuer à l’évaluation du mouvement de mutation entre autres.

La gestion régionale des RH comme projet

Pour mieux accompagner le chantier de la régionalisation avancée dans le Royaume, la direction des ressources humaines a créé une unité pour appuyer la gestion régionale des ressources humaines de la santé. Dans ce sens, elle a, entre autres, veillé à amender la circulaire n°31 relative aux mutations et nominations. Comme elle a adopté des critères de répartition des postes budgétaires en accord avec les départements décentralisés du ministère tout en associant les partenaires sociaux. «La direction a traversé des étapes importantes dans la mise en œuvre de ces projets», précise le bilan. Dès 2021, la direction envisage d’organiser des «conférences régionales sur les ressources humaines de la Santé». L’objectif étant de lancer un débat approfondi entre les différents acteurs au niveau régional. Aussi, la direction se penche sur les «dernières retouches» au projet de guide de référence pour les fonctions et les compétences. De plus, une stratégie nationale de la santé et la sécurité professionnelle dans le ministère de la santé est dans le pipe.

Des projets de transformation organique dans le privé

La même direction a veillé à créer une unité en charge du suivi des affaires des professionnels de la santé dans le secteur privé. L’objectif étant, selon la même source, de «contribuer à améliorer l’accès au système de santé en hissant la compétence de celui-ci, sa qualité et sa durabilité tout en veillant sur la complémentarité entre les secteurs intervenants». Cette unité se veut également de contribuer à instaurer des règles de partenariat entre les secteurs public et privé en matière de ressources humaines. Elle est aussi créée pour veiller à «combler le manque» en RH via l’examen d’une complémentarité entre les deux secteurs. Quant à la transformation numérique, elle est marquée par le lancement d’un portail de gestion des ressources humaines. De plus, la direction envisage de lancer «un plan de communication pour reconsidérer les métiers et professionnels de la santé dans le cadre du plan du ministère qui veille à restaurer la confiance des citoyens dans le système de santé».

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