Covid-19 : Les détails du projet de protection sociale d’intervention d’urgence

Covid-19 : Les détails du projet de protection sociale d’intervention d’urgence

Le ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration a publié récemment un projet de protection sociale d’intervention d’urgence à la pandémie de Covid-19.

Ce projet qui sera mis en œuvre par la Direction du budget a pour but d’atténuer les impacts négatifs de la crise de Covid-19 à travers le renforcement des programmes de transferts monétaires existants pour apporter un soutien aux ménages pauvres et vulnérables. Il comprend 4 composantes.
La première a trait aux transferts monétaires d’urgence pour répondre à la crise. Cette composante financera partiellement et de manière rétroactive l’opération «Tadamon» des transferts monétaires, d’un montant de 160 millions USD. Ladite opération, préalablement financée par le Fonds Covid-19, a permis de réaliser des transferts monétaires de l’ordre de 550 millions USD par mois, décaissés en mars, avril et juillet 2020, au profit d’environ 5 millions de bénéficiaires parmi la population vulnérable (les chefs de ménages opérant dans l’informel ayant perdu leurs revenus du fait du confinement obligatoire lié à la crise sanitaire). A noter que tous les transferts ont déjà été réalisés.

L’équipe de la Banque mondiale mobilisera une assistance technique pour effectuer une enquête a posteriori auprès des bénéficiaires des transferts monétaires d’urgence, afin d’identifier l’impact de ces transferts monétaires sur le quotidien des bénéficiaires. Elle apportera également son appui pour la réalisation d’une étude sur la gestion du gouvernement des recours et réclamations de l’opération des transferts monétaires d’urgence.
La deuxième composante porte sur le programme de transferts monétaires pour la relance et la protection du capital humain. Elle vise à financer en partie le programme «Tayssir» pour assurer que des familles avec des enfants en âge d’être scolarisés continuent à avoir accès au programme.

Dans le cadre de cette composante, un décaissement est prévu lors de l’adoption d’un changement pour suspendre temporairement les conditionnalités du programme Tayssir pour l’année scolaire 2020/2021, et suite à la préparation et diffusion d’un rapport annuel sur le suivi et l’évaluation des processus du programme Tayssir pour les années 2021 et 2022. Outre les aspects financiers, ces rapports annuels couvriront le processus de gestion des plaintes des bénéficiaires sur l’implémentation du programme et le changement apporté (suspension temporaire des conditionnalités) au cours de la crise Covid-19.
La troisième composante concerne les programmes de transferts monétaires pour renforcer la résilience. Cette composante vise à accompagner le processus de mise en œuvre de la politique marocaine de la protection sociale pour assurer un cadrage institutionnel et technique et un espace fiscal adéquat. Dans le cadre de cette composante, l’UE mobilisera une assistance technique pour soutenir la préparation d’une feuille de route au sujet de l’harmonisation et le regroupement des interventions et des programmes de protection sociale existants pour plus d’efficacité et d’efficience, au niveau central et régional. L’équipe de la banque mobilisera deux assistances techniques pour soutenir l’analyse de l’infrastructure des paiements dans le pays et l’élaboration d’une feuille de route stratégique pour la généralisation des comptes bancaires et la digitalisation des paiements des aides sociales.

D’autres actions sont prévues, à savoir la conception et le plan de mise en œuvre des allocations familiales (AF) validées par le comité interministériel. Il faut aussi relever la conception et le lancement d’une campagne de sensibilisation et de communication autour des AF ainsi qu’un manuel de procédures des AF incluant le système de recours et de gestion des plaintes. Quant à la quatrième composante, à savoir la composante d’urgence, celle-ci permettra au gouvernement de demander à la Banque mondiale une réaffectation rapide des fonds du projet pour répondre rapidement et efficacement à une urgence ou une crise éligible (ex. catastrophe naturelle ou d’origine humaine) qui peut avoir un impact économique et/ou social défavorable. A ce stade, cette composante n’a pas été activée.

 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *