Société

Débat : Le vote juif américain

© D.R

Beaucoup s’intéressent au vote, probable, des Juifs américains en faveur du candidat démocrate,John Kerry. Ce candidat s’est déclaré ouvertement, le continuateur de la politique de Bill Clinton, en faveur des chefs d’Etats arabes modérés et de la solution du conflit israélo-palestinien, selon la formule des Accords d’Oslo. Donc, d’abord et avant tout favorable à la création d’un Etat palestinien sur le territoire de Cisjordanie et de Gaza. Mais, dans le cadre d’une négociation ouverte, entre Israéliens et Palestiniens, assistés des Etats-unis, et, aussi, des membres du «Quartette» EtatsUnis, Europe, Russie et Nations unies.
Un nouveau sondage, aux Etats-Unis, a été commandé par le Comité juif Démocrate, indique, selon le correspondant du quotidien «Haaretz» Nathan Gutman que «le président Bush ne recueille que 22% des voix, contre 75% ayant l’intention de voter pour le candidat démocrate John Kerry». Ce résultat confirme, donc, que l’opinion de la communauté juive américaine, aux prochaines élections, maintiendra le «vote juif» au profit des Démocrates et contre les Républicains. Alors que toutes institutions juives américaines sont, depuis l’arrivée de George Bush en 2000, entre les mains de nouveaux dirigeants religieux ou de droite, proches de Sharon.
Il est d’ailleurs intéressant de rappeler qu’en 2000, alors que tous les dirigeants des institutions juives américaines étaient démocrates, le candidat républicain George Bush n’a recueilli que 19% des votes juifs, cotre 81% en faveur du candidat démocrate Gore.
Le prochain vote se maintiendra en faveur des démocrates, alors que les Républicains espéraient un partage des voix, montant vers 30 voire 40% en faveur de Bush, compte tenu «de son soutien déterminé en faveur d’Israël et sa conduite de la guerre contre le terrorisme international», représentant l’avis des présidents des institutions juives américaines, relève Nathan Gutman.
Le même sondage montre que cette croyance est exagérée, car «seulement un tiers des Juifs américains pensent que Bush jouit d’un grand soutien parmi eux et déclarent vouloir voter républicain. Et deux tiers préfèrent John Kerry». Sur les problèmes économiques et sociaux américains, John Kerry bénéficie de la même majorité énorme de 80%, parmi les électeurs juifs. Le sondage identique, encore, que ceux qui déclarent, aujourd’hui, vouloir voter pour George Bush, représentent une proportion d’indécis très élevée. Par contre, l’indécision est très faible parmi les partisans déterminés de John Kerry.
Le journaliste Nathan Gutman rapporte que , selon le directeur du Comité juif démocrate, le sondage indique que «tous les efforts du camp Bush pour amener un changement dans la décision élctorale des électeurs juifs n’ont pas donné grand résultat» . D’ailleurs, le conseiller Karl Rob et les responsables de la Maison-Blanche ont investi beaucoup d’efforts et d’argent pour provoquer ce changement. «Ils ont voulu montrer une nouvelle évolution de l’électorat juif américain, mais il s’avère qu’il y a beaucoup de fumée sans feu» a conclu Nathan Gutman.
En réalité, le vote juif n’étant pas, toujours, facile à localiser le dernier sondage a été mené sur Internet et corrigé selon les données nationales. La Maison Blanche s’intéresse au vote juif, mais les services de sécurité mènent une enquête sur l’action de la gauche à l’occasion du Congrès républicain. Cette enquête serait menée sur tout le territoire américain. Dans certains cas, assez rares, des militants de la « gauche» sont convoqués devant les tribunaux. Selon les responsables de l’ «organisation de gauche» , l’objectif de l’enquête de sécurité est d’empêcher des manifestations qui gêneraient le congrès républicain devant se tenir, à New York à la fin du mois. «J’ai compris que cette situation démontre que l’on veut nous faire peur, pour nous empêcher d’aller à des manifestations d’opposition politique contre George Bush. Que l’on sache que nous sommes surveillés», a dit une jeune fille qui semblerait une Juive américaine qui milite à Denver contre la guerre d’irak. Le journal «New-York Times» cite encore les responsables de la gauche qui s’élèvent contre toute action contre la liberté d’expression politique à l’égard de l’opposition au Congrès républicain. La campagne électorale bat, donc, son plein et démontre que les réunions multiples du côté démocrate et républicain , ne sont pas les seules. Il y a, également , celles des éléments de la «Société communautaire» des Etats-Unis et celles de militants de gauche ou de droite de toute sorte.