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Décarbonation des flux: La logistique marocaine réduit son empreinte carbone

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La décarbonation des flux logistiques permettra au secteur de gagner en efficacité opérationnelle appuyant ainsi la vision du Maroc d’être un corridor compétitif.


Optimisation des itinéraires, mutualisation des transports, usage de carburants alternatifs et investissement dans les infrastructures durables… Autant d’exigences qui s’imposent pour renforcer la durabilité des flux logistiques. De l’approvisionnement à la livraison, la logistique figure en effet parmi les secteurs énergivores, d’où l’impératif de réduire son empreinte carbone. Outre l’impact écologique, le secteur gagnerait par ailleurs en termes d’efficacité opérationnelle et de compétitivité.

La SNTL réalise son premier bilan GES

Conscient de cet enjeu, le Maroc s’inscrit pleinement dans cette optique de décarbonation. La Société nationale des transports et de la logistique (SNTL), acteur phare du secteur, a entamé le processus. La Société a lancé un appel d’offres pour la réalisation d’une feuille de route pour la décarbonation de ses activités. A travers cette approche, la SNTL aspire à adopter des modes de production et de consommation durables afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Elle sera par la suite généralisée pour l’ensemble des partenaires institutionnels et transporteurs. La décarbonation des activités de la SNTL permettra de réduire ses coûts de production ainsi que renforcer la sécurité de son approvisionnement en énergie et en intrant répondant ainsi aux exigences des donneurs d’ordre aussi bien au niveau national qu’international. La SNTL procédera dans ce sens à la réalisation de son premier bilan de gaz à effet de serre (GES) de l’ensemble de ses sites et activités. Il est question de comptabiliser les émissions de GES au niveau des sites et périmètres d’intervention de la SNTL, d’apprécier la vulnérabilité carbone de ses activités et la dépendance à la consommation des énergies fossiles et principales sources d’émissions, d’identifier les postes émetteurs ainsi que les gisements de réduction de GES liés ainsi que de recommander les orientations stratégiques déclinées en plan d’action à court et moyen termes en vue de réduire ou compenser ses émissions. Il est à noter que l’étude portera sur un coût de 1,8 million de dirhams et une durée de six mois.

Le Maroc joue la carte de la mobilité durable

La décarbonation des flux logistiques passe par la décarbonation des transports. En effet, l’adaptation des infrastructures et des systèmes de mobilité aux nouvelles conditions climatiques est indispensable pour assurer le fonctionnement du transport et prévenir des pertes économiques. Les ambitions du Maroc en termes de mobilité durable sont grandes.
Le Royaume ne cesse de confirmer son engagement pour contribuer efficacement à l’amélioration de l’efficacité énergétique et la protection de l’environnement. Cette ambition a été rappelée, mardi 30 avril, par le ministre Mohamed Abdeljalil lors de son intervention à la rencontre de présentation de deux projets de coopération entre le Maroc et l’Allemagne en matière de mobilité durable, réalisés avec l’Agence allemande de la Coopération internationale (GIZ). Cette rencontre a été une occasion pour conclure deux conventions visant la pérennisation des échanges de données
du système de mesure, de reporting et de vérification des émissions des gaz à effet de serre du secteur de transport terrestre (système MRV).
Ces conventions concernent le ministère du transport et de la logistique, l’Office national des chemins de fer (ONCF), l’Agence nationale de la sécurité routière (Narsa), la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL), ainsi que l’Association des importateurs des véhicules au Maroc. Il est à noter que le projet «TraCS : Advancing Transport Climat Strategies» vise le renforcement des politiques environnementales dans le secteur des transports. En capitalisant sur les résultats positifs atteints dans le cadre de ce projet, le Maroc et la GIZ ont lancé officiellement un nouveau projet de coopération. Baptisé «Improve», ce projet porte sur l’amélioration de l’efficacité énergétique du parc des véhicules au Maroc.

La décarbonation de la logistique marocaine dans la ligne de mire de la BERD

La décarbonation du secteur logistique au Maroc intéresse également la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Pas plus tard que février dernier, Sue Barret, directrice en charge du secteur infrastructure pour la région Europe-Moyen-Orient et Afrique du Nord à la BERD, a tenu avec le ministre du transport et de la logistique une réunion du travail. Les deux parties ont passé en revue les différents aspects de la coopération entre le Maroc et la BERD, notamment en ce qui concerne les projets liés aux champs de compétence du ministère. Les deux responsables ont également examiné les opportunités d’accompagnement du Maroc dans sa stratégie de développement durable et en particulier les possibilités de financement des projets liés à la mobilité durable, notamment dans la décarbonation du secteur de l’aviation et de la logistique. Dans la même optique, la BERD a tenu dernièrement un séminaire à Tanger portant sur la décarbonation des flux logistiques Maroc- Union européenne via le détroit de Gibraltar.

La finalité étant de débattre des solutions visant à réduire l’empreinte carbone des transports et de la logistique et ce pour une transition écologique efficace. Les échanges ont également porté sur les moyens de financer la transition écologique à travers la décarbonation de la chaîne logistique. Les intervenants ont mis l’accent sur la nécessité de se concentrer sur des aspects concrets et opérationnels dans le processus de décarbonation des entreprises. Ils ont par ailleurs mis en avant le défi crucial que représente la décarbonation des flux logistiques entre le Maroc et l’Union européenne pour tous les acteurs du commerce extérieur marocain dans les années à venir. Le débat a également porté sur le cadre normatif, les outils de calcul du bilan carbone, les mécanismes de financement et les bonnes pratiques pour un plan d’action de décarbonation efficace et qui sera mis en place dans un avenir proche.

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