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Des forêts tropicales… au fin fond de l’Arizona: Mohamed Tazi Cherti, le Marocain qui photographie les vibrations de la nature

© D.R

Art
Avant d’être un métier, la photographie est un art. Parcourant le monde, Mohamed Tazi Cherti est l’un des rares photographes marocains à récolter des reconnaissances à l’international. Ses photos sont publiées par National Geographic et d’autres supports médiatiques de renom. Des forêts d’Asie au désert de l’Arizona, ses journées sont rythmées par des moments de découverte et fascination pour la grandeur de la nature. Actuellement en Turquie, le photographe partage avec ALM son parcours, sa passion et les histoires les plus palpitantes de ses expériences de voyages.

Quand il n’est pas dans son studio de photographie à Casablanca, Mohamed Tazi Cherti sillonne le monde à la recherche du moment magique pour prendre sa photo. Avec l’objectif de sa caméra, il capture les vibrations de la nature, les instants de vie des créatures de la jungle ou encore les beaux paysages. Ses clichés racontent aussi des histoires du passé à travers l’architecture des villes et des monuments historiques. Ils se contemplent sous différentes perspectives. Le temps et la beauté de l’instant, il connaît leur valeur puisqu’avant d’être photographe, il est dans le domaine de l’horlogerie bijouterie. Ses deux passions, il les harmonise à travers à la fois le souci de la précision et le regard de l’artiste.

La photo, une passion de père en fils
Né en 1978 à Casablanca, Mohamed Tazi est un passionné de photographie reconnu à l’échelle internationale. Depuis les années 2000, son travail lui a permis d’immortaliser des moments uniques à travers des photographies qui lui ont valu de multiples récompenses. Ses photos ont d’ailleurs été publiées dans plusieurs médias internationaux comme National Geographic, CNN, Forbes, Daily Mail, The Sun ou encore Photography Week. En 2019, il a remporté le prix Image of the Year organisé par la Photographic Society of America PSA pour sa photo «The Golden Eye ». En 2020, une de ses photos a été sélectionnée parmi les meilleures photos animalières de l’année par Agora images. En 2021, l’artiste-photographe a été nommé représentant de la Photographic Society of America pour le Maroc. Sur son parcours, il confie à ALM : «Depuis mon jeune âge, je pratiquais la photographie comme passion sans penser à la grandeur d’une carrière mais au moment où mes photos ont eu un grand succès à l’international, les demandes de publication et d’achat se sont exprimées, j’ai commencé à élargir mon activité et acquérir du matériel professionnel pour un rendu optimal».

Le photographe puise sa source d’inspiration dans la nature mais c’est son père qui lui a donné l’envie de faire de la photo. «Ma première source d’inspiration était mon père, qui était lui aussi un passionné de photographie (…). Je l’observais prendre en photo des montres de sa propre création avec beaucoup de délicatesse et de précision. Ce sont des moments inoubliables de mon enfance ». Mohamed Tazi Cherti apprécie et admire également le travail des photographes comme Steve McCurry, Daniel Chong et Majed Alzaabi. Autodidacte, sa passion le conduit à chercher toujours à développer ses techniques dans toutes les spécialités de la photographie. Il voue une véritable passion pour la nature et le monde sauvage. «Je me retrouve en harmonie au milieu de la richesse et la beauté des paysages et des créatures dans leur milieu naturel», argumente-t-il.

Parallèlement, sa vocation l’attire aussi vers l’architecture où, dit-il, «chaque photographe révèle son propre point de vue des lignes, courbes et angles…». Et d’ajouter: «Il faut savoir déjà que chaque type de photo a ses propres préparatifs, par exemple les photos des paysages en général nécessitent des moments précis comme the «blue hour» juste après le lever du soleil ou «the golden hour» juste avant le coucher du soleil pour avoir un rendu exceptionnel. Alors que la photographie animalière ou « the wildlife photography » demande beaucoup de patience, de temps et de la chance pour capturer une belle scène au bon moment…»

Vers l’aventure
Prendre une photo dans la jungle n’est pas chose aisée. Derrière la beauté de l’image d’un reptile, d’un singe ou d’un lion se cachent souvent des péripéties et des anecdotes croustillantes mais parfois le danger n’est pas loin. «Je n’oublierai jamais une expérience que j’ai vécue en Indonésie dans une montagne où vivait un groupe de singes sauvages. J’avais aperçu de loin deux mamans l’une à côté de l’autre. Elles allaitaient leurs bébés et c’était pour moi une scène à ne surtout pas rater mais les singes étaient très loin et donc je devais me rapprocher malgré le téléobjectif que j’avais sur mon appareil photo.

Et donc je me rapprochais petit à petit jusqu’au moment où je me suis rendu compte que le chef du groupe m’avait aperçu. Il avait commencé à crier et s’était rapproché pour éloigner le danger de sa famille. Je me suis retiré délicatement afin d’éviter une agression imminente», raconte le photographe. Lors d’un de ses périples en Asie, Mohamed Tazi Cherti se souvient aussi d’une expérience qui ne s’est pas passée comme prévu. «Je me souviens un jour au cours d’un voyage dans une forêt tropicale en Malaisie, je voulais à tout prix prendre en photo un magnifique oiseau dans son milieu naturel. Au moment où je m’apprêtais à le prendre en photo il a commencé à voler puis il a atterri juste sur l’objectif de mon appareil photo, puis sur ma casquette, puis au dessus de ma tête…

C’était un moment à la fois drôle et frustrant puisqu’il était impossible de le prendre en photo dans cette position». Parmi ses différentes expériences dans le monde, le photographe a gardé plusieurs souvenirs. Ils sont immortalisés sur ses photos qu’il expose et partage parfois sur les réseaux sociaux aussi. Pour lui, «il est difficile de choisir une de mes expériences comme la plus belle puisque chaque expérience pour moi a un goût différent et des moments spéciaux qui la caractérisent mais si je devrais choisir je dirais mon premier safari en Tanzanie où la faune et la flore sont très riches et variées ».