Pour le Conseil, cette nouvelle école doit trouver son fondement dans «l’établissement scolaire». Elle doit mettre «l’apprenant au centre de ses activités et préoccupations».
Consultation : En réponse à la demande du gouvernement, le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) livre 4 avis. Ceux-ci portent sur un projet de loi et trois projets de décrets outre un projet de décision.
«Pour le projet de loi 59.21 relatif à l’enseignement scolaire, le CSEFRS recommande de revoir la quintessence de ce texte pour parachever la fondation du précepte de la nouvelle école selon une approche intégrale ». Ainsi s’exprime, mardi à Rabat, le président du Conseil Lhabib El Malki à propos de ce projet de loi lors de la présentation de ces avis qui portent également sur d’autres textes. Le responsable, qui évoque la tenue d’une session extraordinaire en juin dernier qui, pour rappel, s’est déroulée à huis clos, révèle l’objet des autres avis. Il s’agit du projet de décret relatif à l’orientation scolaire, professionnelle et universitaire. Dans ce sens, le Conseil recommande, d’après M. El Malki, «d’élaborer un nouveau système d’orientation». A propos du projet de décret concernant l’ingénierie linguistique, il met en avant «la nécessité de prendre des mesures pour mettre en œuvre cette ingénierie de manière cohérente». Quant au projet de décret complétant le décret 2.04.89 fixant les compétences des universités et portant sur les équivalences, le CSEFRS met l’accent sur « l’importance de hisser le rendement notamment du cycle de la licence».
30 observations sur le projet de loi 59.21
Présenté par Mohamed Bouchikhi, membre du comité permanent en charge de la gouvernance du système national de l’éducation, l’avis du Conseil, relatif au projet de loi 59.21 portant sur l’enseignement scolaire, formule, d’après lui, «une trentaine d’observations». Il saisit son passage pour révéler, dans ce sens, l’organisation «d’ateliers avec les collectivités territoriales». Le tout en s’exprimant sur «un niveau de granularité» à propos de l’homogénéité des dispositions de ce projet de loi. En détail, ce texte a «déjà fait l’objet d’avis en 2021 par le Conseil qui entérine les améliorations qui y sont introduites». Mieux encore, il met en avant «les aspects de la nouvelle école».
C’est quoi la nouvelle école ?
Pour lui, « le texte relatif au projet d’ingénierie du système d’enseignement scolaire doit s’intéresser à cet objectif en incluant une mention de cette nouvelle école ». Et ce n’est pas tout ! « Le projet de loi doit refléter les attentes de la société à l’égard de la nouvelle école à travers les programmes scolaires, les pratiques pédagogiques et les contrôles entre autres», ajoute M. Bouchikhi. Pour le Conseil, cette nouvelle école doit trouver son fondement dans « l’établissement scolaire ». Elle doit mettre «l’apprenant au centre de ses activités et préoccupations». «Le Conseil juge nécessaire de soumettre les dispositions pratiques du projet de loi à un nouveau texte », ajoute l’intervenant qui ressort également la loi-cadre tout en appelant à «l’adoption d’une évaluation cyclique indépendante des établissements scolaires». Il est même question, d’après lui, de développement d’enseignement en ligne.
Pas de vision claire sur l’orientation
De son côté, Amina Lemrini El Ouahabi, membre du Bureau du CSEFRS et présidente de la Commission permanente des curricula, programmes, formations et outils didactiques, livre l’avis du conseil sur l’orientation qui a déjà fait l’objet d’un autre avis en 2021. Par l’occasion, elle relève l’absence de lois sur la formation professionnelle et l’enseignement supérieur dans la loi-cadre. «Le projet de décret relatif à l’orientation scolaire, professionnelle et universitaire n’englobe pas de vision claire sur l’essence de l’orientation», précise-t-elle. Par l’occasion, elle rappelle la durée de six ans fixée par la loi-cadre pour revoir intégralement ce système au moment où la réforme 2015-2030 bat son plein. Entre-temps, elle recommande, tout comme le Conseil, «l’émission de textes régissant le système d’éducation, de formation et de recherche scientifique». Le CSEFRS prône également l’adoption d’une approche « crescendo pour revoir le système d’orientation scolaire, professionnelle et universitaire et de guides fixant les principes de l’orientation» .
Ce qu’il en est de l’équivalence et de l’ingénierie linguistique
Recommandations
Le Conseil préconise, d’après Mme Mrini, la mise en place d’un « cadre national de référence pour l’équivalence des diplômes ». A propos de l’ingénierie linguistique, elle rappelle que celle-ci a déjà fait l’objet d’un avis en 2021.
A cet égard, le CSEFRS recommande, d’après elle, « l’accompagnement de l’instauration de l’alternance linguistique ». Dans ce sens, il est question, à son sens, de « jouir du droit de la maîtrise linguistique en s’adaptant au milieu rural et à des situations de vulnérabilité ».
En pensant également à l’enseignement traditionnel, le conseil préconise en outre de « mettre en place un plan régional au niveau de chaque académie régionale pour hisser les compétences linguistiques des enseignants ». Le tout avec des évaluations périodiques de l’ingénierie linguistique en s’ouvrant sur les langues étrangères, voire en tenant compte des ambitions socio-économiques du pays.










