États-Unis : Exécution avec un anesthésiant pour animaux

Le décès de John Duty, condamné à mort en 2002 dans l’Oklahoma pour le meurtre l’année précédente de son compagnon de cellule, a été prononcé à 18h18 locales (00h18 GMT), soit seulement six minutes après le début de l’injection, a assuré à l’AFP Jerry Massie, porte-parole de l’administration pénitentiaire de cet État du Sud des États-Unis. L’injection mortelle qu’il a reçu comprenait «pour la première fois dans le pays», selon le Centre d’information sur la peine de mort (DPIC), du pentobarbital, un puissant anesthésiant vétérinaire. L’Oklahoma, comme plusieurs autres États américains, n’a plus de thiopental, l’anesthésiant validé par la Cour suprême, en raison d’une rupture de stock chez Hospira, le seul laboratoire qui le fabrique sur le sol américain. Le 14 octobre, l’Oklahoma avait, exécuté un condamné grâce à une dose de thiopental empruntée à l’État voisin de l’Arkansas (sud). L’Arizona (sud-ouest) est allé se fournir en Grande-Bretagne pour exécuter un condamné le 27 octobre. Le Kentucky et la Californie (ouest) ont en revanche reporté plusieurs exécutions à 2011. Craignant que leur client soit réduit à l’état de «cobaye» pour cette exécution inédite, les avocats de John Duty ont tenté jusqu’au dernier moment d’obtenir de la justice qu’elle suspende son exécution. Mais l’utilisation de ce produit a reçu mardi le feu vert d’une Cour d’appel fédérale pour qui «la quantité prévue de pentobarbital est suffisante pour plonger le condamné dans l’inconscience et serait même probablement mortelle dans la plupart des cas, voire tous». Le premier produit injecté est crucial, rappellent les anti-peine de mort car il endort le condamné et permet qu’il ne ressente pas les effets, très douloureux, des deux produits suivants, qui paralysent les muscles et arrêtent le cœur. Dans le cas de John Duty, l’exécution s’est déroulée comme prévu, a indiqué Jerry Massie de l’administration pénitentiaire de l’Oklahoma. Lorsqu’il a étranglé son compagnon de cellule, Curtis Wise, 22 ans, John Duty purgeait trois peines de prison à vie consécutives pour viol, braquage, et fusillade avec intention de tuer en 1978. Selon la presse locale, il a ensuite écrit une lettre à la mère de sa jeune victime, racontant les faits avec des détails cruels. Lors de son procès, il a plaidé coupable et a demandé au jury de le condamner à mort.

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