Etude qualitative de l’Unesco : Considérer les personnes en situation de handicap comme citoyens

Etude qualitative de l’Unesco : Considérer les personnes en situation  de handicap comme citoyens

Le handicap ne doit pas être cantonné au statut de pathologie ou de problème de santé. Il n’est ni une situation exceptionnelle et rare. Aussi, il n’est pas une fatalité ni un état définitif.

«Il faut dédramatiser et démystifier le handicap pour qu’il ne soit plus un domaine méconnu et un marqueur de l’état «hors-norme» d’une personne». C’est l’une des principales conclusions de l’investigation qualitative menée par l’Unesco avec ses partenaires et présentée lors d’une rencontre mercredi à Rabat par son représentant au Royaume, Jamal Azwawi. Tel qu’il l’explicite en s’appuyant sur cette étude, le handicap est censé faire «partie de notre réalité et de notre diversité humaine, tout en sensibilisant le public aux multiples formes de discrimination que vivent les personnes en situation de handicap». Le tout en mettant l’accent sur un pari à caractère civilisationnel.

L’enjeu pour la société marocaine

Comme le détaille l’intervenant, l’enjeu actuel pour la société marocaine est de «considérer les personnes en situation de handicap comme des citoyens qui ont des droits et des obligations en mettant à leur disposition les moyens et les conditions adéquates et en les protégeant contre toutes formes de discrimination basée sur leur situation de handicap». Il est également question de déconstruire les préjugés existants comme l’avance l’orateur. «Le handicap ne doit pas être cantonné au statut de pathologie ou de problème de santé. Il n’est ni une situation exceptionnelle et rare. Aussi, il n’est pas une fatalité ni un état définitif», ajoute-t-il en rappelant entre-temps le cadre méthodologique de l’étude.

12 rencontres en 4 villes et 110 personnes

Ce sont 12 rencontres qui ont été organisées dans les 4 villes de Rabat, Casablanca, Tétouan et Agadir. A l’issue de l’investigation, 110 personnes dont 71 femmes et 39 hommes ont participé à l’enquête dont des personnes victimes de différents types de handicap. Plus en détail, le travail d’investigation a notamment concerné les individus dont le handicap est la résultante d’une pathologie, soit 40,7% des personnes en situation de handicap. Un chiffre qui, pour rappel, ressort de l’enquête nationale sur le handicap 2014 qui révèle également que les individus dont le handicap a pour origine la sénescence (vieillissement), soit un quart des personnes (25,6%). Il ressort également de cette enquête nationale que les victimes d’accidents représentent 17,1% des personnes en situation de handicap. De plus, le taux des personnes en situation de handicap dont les déficiences sont liées à des complications survenues lors de la grossesse ou de l’accouchement est de 10,7%. «Dans un foyer sur 4, on compte a minima une personne en situation de handicap», rappelle, selon la même enquête, l’orateur qui annonce la production d’une dizaine de podcasts intitulés «Hna» (Nous) et de vidéos de sensibilisation.

Pour une approche holistique

Intervenant en ouverture de la rencontre, Alexander Schischlik, directeur par intérim du bureau de l’Unesco pour le Maghreb, qui rappelle que cette étude fait partie d’un projet lancé depuis 3 ans avec le Maroc et des agences des Nations Unies, estime qu’il faut «une approche holistique pour améliorer la situation des personnes en situation de handicap». «Il faut accorder aussi une attention aux femmes en situation de handicap», ajoute-t-il lors de cet événement organisé dans le cadre du projet «Changer de regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’Homme dans la perception du handicap au Maroc». Dans ce sens, il estime que le processus est «complexe» et nécessite une «mobilisation des acteurs». «Il s’agit de transformer le regard pour un autre positif. Il est urgent d’apporter une réponse et des solutions», enchaîne-t-il en rappelant que la crise de la Covid-19 a également impacté la situation de ces personnes. Egalement de la partie, Abdelmajid Makni, représentant du Collectif pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap, indique : «Ce projet nous tient à cœur». «C’est la première fois que nous sommes sur des expériences où il y a une leçon réelle sur la notion de convergence d’acteurs», poursuit-il en rappelant l’arsenal juridique et international dont dispose le Maroc dont les discours des décideurs a pour lui évolué. Le tout en rappelant les surprises révélées par la crise Covid. Cependant, des efforts restent encore à fournir comme il l’avance. «Les défis persistent dans les domaines de l’éducation, la santé, la protection sociale et l’emploi», martèle-t-il. Le résultat ultime serait, à son sens, «une vision pour le futur en vue d’une réelle politique d’inclusion».

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