Trois laboratoires de référence pour la fièvre de la vallée du Rift sont disponibles au Maroc.
Virus : La fièvre de la vallée du Rift continue de sévir au Sénégal et en Mauritanie. Selon les chiffres officiels, 404 cas humains dont 42 décès ont été signalés dans ces deux pays. Le ministère de la santé et de la protection sociale a publié un manuel de veille et de riposte face au risque élevé pour la santé publique et la santé animale.
Le ministère de la santé et de la protection sociale vient de publier un manuel de veille et de riposte de la fièvre de la vallée du Rift (FVR) suite à la propagation du virus en Mauritanie et au Sénégal. Il est important de signaler que la fièvre de la vallée du Rift est une zoonose virale aiguë qui touche principalement les animaux mais aussi l’être humain. Chez les animaux, le virus de la FVR se transmet principalement par les piqûres de moustiques infectés, qui acquièrent le virus en s’alimentant sur des animaux infectés. Le virus peut infecter de nombreuses espèces animales, provoquant une maladie grave chez certains animaux domestiques, notamment les bovins, les moutons, les chameaux et les chèvres.
Dans la plupart des cas, l’infection chez l’être humain résulte d’un contact direct ou indirect avec du sang ou des organes d’animaux contaminés. Ainsi, le virus peut se transmettre à l’être humain lors de la manipulation des tissus animaux au cours de l’abattage ou de la découpe et les interventions vétérinaires ou lors de l’élimination des carcasses ou des fœtus. L’homme peut également être contaminé en consommant du lait cru ou non pasteurisé provenant d’animaux infectés. Certaines personnes ont également été contaminées à la suite de piqûres de moustiques infectés. Le ministère de la santé précise qu’entre le 20 septembre et le 30 octobre 2025, 404 cas humains confirmés de FVR dont 42 décès ont été signalés par les autorités sanitaires nationales de la Mauritanie et du Sénégal.
Le risque de propagation demeure élevé, notamment en raison de conditions environnementales favorables à la prolifération des moustiques, des périodes de fortes pluies et d’activité accrue des moustiques. Au Sénégal, environ 11 % des cas humains confirmés présentaient des symptômes hémorragiques, dont 20 ont été mortels. La situation est particulièrement préoccupante en Mauritanie, où le taux de létalité a atteint 30 %, témoignant d’une gravité accrue. En conséquence, le risque pour la santé publique est jugé élevé au niveau national, modéré au niveau régional et faible au niveau mondial. Le risque pour la santé animale est aussi considéré comme élevé au niveau national. Cette évaluation du risque sera révisée au fur et à mesure que de nouvelles informations seront disponibles.
Procédure de veille et surveillance
S’agissant de la définition de cas possible d’infection au virus de la fièvre de la vallée du Rift, le ministère de la santé précise qu’il s’agit de « toute personne qui a effectué durant les deux dernières semaines un voyage dans une zone endémique ou connaissant une transmission active de la maladie ou toute personne qui réside ou séjourne dans une zone du territoire national où des mortalités animales, des avortements en série ou des présences anormales de moustiques ont été signalés et qui présente brutalement une fièvre ressentie ou mesurée ≥ 38 °C avec un ou plusieurs signes généraux, respiratoires, digestifs ou neurologiques non expliqués par une autre maladie ou qui présente brutalement une fièvre ressentie ou mesurée ≥ 38 °C avec saignements ou ecchymoses inexpliqués non liés à une blessure ou causes évidentes». Tout cas suspect doit faire l’objet d’une déclaration immédiate à l’autorité sanitaire provinciale/préfectorale dont relève la structure sanitaire où le clinicien a évoqué le diagnostic. La validation définitive de la définition des cas se fait par le Centre national d’opérations d’urgence en santé publique (CNOUSP) qui doit être contacté en urgence par le service régional de santé publique. Une fois le cas est confirmé, une investigation épidémiologique est entamée en vue de déterminer l’origine du cas (importé ou autochtone), identifier la source de contamination possible. Il s’agit aussi d’identifier les co-exposés, et d’éventuels autres cas humains. Le ministère signale que trois laboratoires de référence pour la FVR sont disponibles, à savoir le Centre national de virologie et des maladies infectieuses tropicales de l’Hôpital Militaire Mohamed-V de Rabat, le Laboratoire de l’Hôpital Militaire Ibn-Sina de Marrakech et l’Institut Pasteur du Maroc.
Coordination entre les services de santé humaine et animale
Le ministère fait savoir qu’aucune transmission interhumaine de la FVR n’a été démontrée à ce jour. Mais l’investigation épidémiologique doit être menée obligatoirement afin d’identifier la source de contamination et éventuellement d’autres personnes co-exposées. La fièvre de la vallée du Rift étant une zoonose dont les flambées animales précèdent généralement les infections humaines, une coordination étroite et permanente entre les services de santé humaine et les services de santé animale constitue un pilier essentiel de la prévention et de la maîtrise des épidémies. La coordination au niveau déconcentré entre les services de santé humaine et animale doit être renforcée dans le cadre des organes de gouvernance déjà en place.
Cette coordination repose sur un échange immédiat et bidirectionnel de l’information concernant toute détection de cas humains ou animaux, permettant une réactivité optimale, un croisement rapide des signaux d’alerte et une mobilisation coordonnée des systèmes de surveillance. Parmi les autres éléments majeurs figure une surveillance environnementale renforcée, incluant le suivi des conditions météorologiques favorables à la prolifération des moustiques vecteurs, l’observation des mortalités ou avortements d’animaux inhabituels ainsi que la veille sur les mouvements de bétail et les dynamiques d’élevage. Il faut aussi mentionner une riposte conjointe face à tout foyer animal ou humain, impliquant des interventions synchronisées entre services vétérinaires, services de santé publique et autorités locales. Cette approche intégrée vise à contenir rapidement tout foyer émergent, limiter la transmission animale, prévenir l’apparition de cas humains et réduire la propagation interrégionale.
Symptômes
Personnes infectées Dans la plupart des cas, les personnes infectées peuvent être asymptomatiques, ou présenter une forme bénigne de la maladie : syndrome grippal, fièvre d’apparition brutale, myalgies, arthralgies, céphalées, parfois, raideur de la nuque, sensibilité à la lumière, perte d’appétit et vomissements (chez ces patients, la FVR peut être confondue avec la méningite). Ces symptômes durent en général de 4 à 7 jours, après quoi la réaction immunitaire peut être détectée par l’apparition d’anticorps ; le virus disparaît alors progressivement de la circulation sanguine.
Une petite proportion de patients développe une pathologie beaucoup plus grave prenant en général la forme d’un ou de plusieurs des trois syndromes suivants: forme oculaire (0,5 à 2% des patients), méningo-encéphalite (moins de 1%) ou fièvre hémorragique (moins de 1%). Le taux de létalité pour le syndrome hémorragique est élevé, se situant aux alentours de 50%. Dans ce cas précis, le décès survient généralement trois à six jours après l’apparition des symptômes.










