Fortement imprégnée de la culture marocaine : La communauté juive héritière d’un patrimoine architectural commun

Fortement imprégnée de la culture marocaine : La communauté juive héritière d’un  patrimoine architectural commun

La communauté juive de Casablanca s’est adaptée au style architectural et à l’histoire récente de la métropole. Pour Rachid Boufous, architecte-urbaniste et membre du conseil national de l’Ordre des architectes du Maroc, il n’y a pas de particularités très distinctives dans ces constructions à Casablanca ou ailleurs.

«La communauté juive marocaine fait partie intégrante du Maroc, elle est héritière du patrimoine architectural commun. Les maisons appartenant à des juifs marocains ont toujours été construites et décorées dans le même style que les autres bâtisses appartenant aux Marocains de confession musulmane. Les lieux de culte sont par contre différents dans l’organisation de l’espace, mais les zelliges, les arcatures, le travail du gypse, du bois ou des vitraux, sont les mêmes», précise l’architecte.

Sur le plan historique, les juifs marocains de la métropole avaient délaissé petit à petit le mellah (le quartier juif) pour s’établir dans ce qu’on appelait les quartiers européens de Casablanca. «La communauté juive marocaine a été encouragée par les autorités du protectorat à migrer vers les quartiers européens, un peu partout, mais beaucoup de juifs marocains, qui n’avaient pas les moyens de le faire ou qui ne voulaient pas changer de cadre de vie, sont demeurés dans les médinas. Il n’y a pas eu d’empreinte particulière dans l’architecture des maisons appartenant à des juifs marocains qui se sont installés en ville dite «européenne». Ils se sont plutôt adaptés à une architecture moderne», souligne Rachid Boufous.

Lieux de culte : Authenticité marocaine prédominante 

Les lieux de culte sont une partie intégrante, voire centrale du patrimoine juif au Maroc. La ville compte plusieurs synagogues qui sont représentatives d’un vécu multiséculaire, fortement imprégné du patrimoine et de la culture marocains. Ces lieux de culte sont richement décorés, dans le pur style architectural marocain, ce qui témoigne du fort attachement des juifs marocains à leur patrie, à son patrimoine et au «vivre-ensemble» qui les lie aux autres Marocains, de confession musulmane, depuis des centaines d’années, précise l’expert.

Effets du temps : Comment protéger ces constructions ? 

«Ces bâtisses, maisons, synagogues, écoles qui ont appartenu ou qui appartiennent encore à la communauté juive marocaine, ce sont des lieux où cette mémoire collective judéo-marocaine est préservée de la plus belle des manières, à travers l’architecture, l’artisanat, l’art culinaire. L’Etat contribue aussi à cette préservation, car elle entre dans une approche de préservation globale du patrimoine marocain dans son ensemble, qui est la propriété de tous les Marocains, quelle que soit leur confession, car cela fait partie de l’identité et de la mémoire de tout un peuple, sans exclusive et sans distinction», indique Rachid Boufous.

Les influences arabo-andalouses dans les bâtiments juifs de Casablanca

Sur les influences arabo-andalouses sur le style architectural des constructions juives, l’architecte souligne que «la communauté juive marocaine a traversé les âges en vivant côte à côte avec les Marocains musulmans, que ce soit dans les grandes villes comme Fès, Meknès, Casablanca, Tanger, Oujda ou Marrakech. La même chose s’est passée dans les zones rurales de l’Atlas ou des plaines comme Demnate, Bejaad, Tinghir, Debdou, dans le Tafilalet ou le Souss. Les mouvements migratoires, forcés ou non, d’Al Andalus vers le Maroc des communautés juives ou musulmanes, ont apporté un enrichissement culturel indéniable au patrimoine marocain. Et cette richesse culturelle est palpable dans l’architecture des médinas aussi bien à Casablanca qu’ailleurs au Maroc».

Rachid Boufous, Architecte-urbaniste et membre du conseil national de l’Ordre des architectes du Maroc

«Les mouvements migratoires, forcés ou non, d’Al Andalus vers le Maroc des communautés juives ou musulmanes, ont apporté un enrichissement culturel indéniable au patrimoine marocain».

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