Le procès de deux parents adeptes de la kinésiologie accusés d’être responsables du décès de leur dernier enfant par malnutrition, ainsi que de trois médecins poursuivis pour non-assistance à personne en danger s’est ouvert lundi devant la Cour d’assises du Finistère. Ronan Boucher, 45 ans, et son épouse Pascale Durand, 46 ans, qui contestent leur responsabilité et comparaissent libres, encourent une peine maximale de trente ans de réclusion pour "privation de soins ou d’aliments suivie de mort d’un mineur de 15 ans par ascendant".
De leur côté, les médecins sont passibles d’une peine de 5 ans de prison. Le 12 novembre 2000, Kerywan, 16 mois et demi, mourait au domicile familial de Moëlan-sur-Mer (Finistère), avec un poids de six kilos, soit celui d’un enfant de quatre mois. Les experts devaient déceler une carence nutritionnelle "importante et chronique" imputable selon eux à un régime alimentaire sans protéine animale ni supplément vitaminique. L’enfant était depuis sa naissance allaité par sa mère adepte d’un régime végétarien.
La justice reproche au couple, déjà parent de trois filles, d’avoir privé de soins son dernier enfant non pas par négligence ou imprudence mais au nom de "conceptions idéologiques" inhérentes à la pratique de la kinésiologie, technique psycho-corporelle développée dans les années 60 aux Etats-Unis.
Présentés comme "enseignants indépendants", les deux époux, de formation scientifique supérieure, avaient créé une "école d’enseignement complémentaire à la kinésiologie" à Moëlan-sur-Mer. Ils sont l’auteur de plusieurs brochures, dont une notamment sur la nutrition. Niant tout lien de causalité entre leur comportement et le décès de l’enfant, ils ont réclamé en vain un non-lieu devant la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Rennes. L’enquête menée par les experts a par ailleurs révélé que l’enfant aurait pu être sauvé "jusqu’au dernier moment", ne serait-ce que par une hospitalisation d’urgence, d’où une mise en cause de trois médecins qui n’ont pas alerté les autorités sur l’état de santé de plus en plus critique du petit garçon.









