Le navire, qui a quitté mercredi la baie de Praia, au Cap-Vert, avec une vingtaine de nationalités différentes à bord, est attendu ce week-end à Granadilla, à Tenerife.
Virus : Le bateau de croisière MV Hondius, frappé par un foyer de hantavirus, ayant tué trois passagers, a quitté mercredi la baie de Praia, au Cap-Vert, et est attendu ce week-end à Granadilla, à Tenerife. Trois personnes ont été rapatriées en Europe pour une prise en charge sanitaire. L’OMS estime que pour l’instant, le risque pour le reste du monde est faible.
Depuis plusieurs jours, le hantavirus fait l’actualité suite au décès de trois passagers à bord du bateau de croisière MV Hondius, frappé par un rare foyer de ce virus. Le navire, qui a quitté mercredi la baie de Praia, au Cap-Vert, avec une vingtaine de nationalités différentes à bord, est attendu ce week-end à Granadilla, à Tenerife, malgré l’opposition des autorités locales selon l’AFP. Trois personnes ont été rapatriées en Europe pour une prise en charge sanitaire, les autres restant confinés à bord. «Plus aucune personne n’a de symptômes à bord», a annoncé jeudi à la mi-journée le croisiériste Oceanwide Expeditions dans un communiqué. Selon le site de suivi maritime Marine Traffic, le bateau devrait arriver aux Canaries dimanche en milieu de journée. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la première contamination a eu lieu avant le début de l’expédition le 1er avril car le premier passager décédé, un Néerlandais de 70 ans, a présenté des symptômes dès le 6 avril. « La période d’incubation – qui est le moment entre l’infection et le début des symptômes – est d’entre une et six semaines» mais, généralement, «plutôt autour de deux-trois semaines», a expliqué à l’AFP Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS. Et par conséquent, la première personne contaminée «a eu très clairement une exposition avant d’embarquer sur le bateau, certainement liée à un rongeur», a-t-elle insisté. «Tous les passagers resteront à bord du navire de croisière jusqu’à l’arrivée des avions chargés de les rapatrier», a indiqué le ministère espagnol de l’intérieur. «Un dispositif conjoint d’évaluation sanitaire et d’évacuation sera mis en place pour rapatrier tous les passagers, à moins que leur état de santé ne l’empêche», a souligné la ministre espagnole de la santé, Mónica García Gómez. Les pays de l’UE doivent prendre en charge leurs ressortissants, éventuellement aidés par la Commission européenne, tandis que l’évacuation des passagers extra-européens est toujours en préparation. L’OMS estime actuellement que le risque pour la population mondiale lié à cet événement est faible. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué à l’AFP qu’il «ne pense pas» que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19. «Pour l’instant, le risque pour le reste du monde est faible», a-t-il indiqué. Il est important de rappeler que le 2 mai 2026, un groupe de passagers atteints d’une grave maladie respiratoire à bord d’un navire de croisière a été signalé à l’Organisation mondiale de la santé. Le navire transporte 147 passagers et membres d’équipage. Au 4 mai 2026, sept cas (deux cas de hantavirus confirmés en laboratoire et cinq cas suspects) ont été identifiés, dont trois décès, un patient dans un état critique et trois personnes présentant des symptômes légers. Selon l’OMS, l’apparition des symptômes s’est produite entre le 6 et le 28 avril 2026 et s’est caractérisée par de la fièvre, des symptômes gastro-intestinaux, une évolution rapide vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un état de choc. Des investigations complémentaires sont en cours. L’épidémie est gérée dans le cadre d’une réponse internationale coordonnée, comprenant des enquêtes approfondies, l’isolement et la prise en charge des cas, des évacuations médicales ainsi que des analyses de laboratoire.
Symptômes, risque et transmission
Les hantavirus sont des virus zoonotiques qui infectent naturellement les rongeurs et sont occasionnellement transmis à l’être humain. Chez les personnes infectées, ils peuvent provoquer des maladies graves et souvent mortelles, bien que les manifestations varient selon le type de virus et la région géographique. Dans les Amériques, l’infection est connue pour entraîner un syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), une affection à évolution rapide touchant les poumons et le cœur, tandis qu’en Europe et en Asie, les hantavirus sont connus pour provoquer une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), qui affecte principalement les reins et les vaisseaux sanguins. Bien qu’il n’existe aucun traitement spécifique permettant de guérir les maladies causées par les hantavirus, une prise en charge médicale précoce et de soutien est essentielle pour améliorer les chances de survie. Celle-ci repose sur une surveillance clinique étroite ainsi que sur la gestion des complications respiratoires, cardiaques et rénales. La transmission des hantavirus à l’être humain se produit par contact avec l’urine, les excréments ou la salive contaminés de rongeurs infectés. L’infection peut également survenir, bien que plus rarement, à la suite de morsures de rongeurs. Les activités impliquant un contact avec des rongeurs, telles que le nettoyage d’espaces fermés ou mal ventilés, les travaux agricoles, les activités forestières et le fait de dormir dans des habitations infestées de rongeurs, augmentent le risque d’exposition. Chez l’être humain, les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition, selon le type de virus, et comprennent habituellement de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires ainsi que des symptômes gastro-intestinaux tels que des douleurs abdominales, des nausées ou des vomissements. Dans le cas du syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), la maladie peut évoluer rapidement vers une toux, un essoufflement, une accumulation de liquide dans les poumons et un état de choc. Dans le cas de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), les stades avancés peuvent inclure une hypotension, des troubles hémorragiques et une insuffisance rénale.
Aucun traitement
Actuellement, il n’existe aucun traitement antiviral spécifique homologué ni vaccin contre l’infection par hantavirus. La prise en charge est symptomatique et repose sur une surveillance clinique étroite ainsi que sur le traitement des complications respiratoires, cardiaques et rénales. L’accès précoce aux soins intensifs, lorsqu’il est cliniquement indiqué, améliore les résultats, en particulier chez les patients atteints du syndrome cardiopulmonaire à hantavirus. Lorsque des cas sont suspectés, l’identification et l’isolement précoces des cas, la surveillance des contacts étroits ainsi que l’application des mesures standards de prévention des infections sont importants afin de limiter toute propagation supplémentaire.









