Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) appelle à accélérer la mise en œuvre du Plan d’action national pour la promotion du vieillissement actif 2023-2030 et à adopter une loi-cadre destinée à renforcer l’intégration socio-économique des personnes âgées.
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté, mercredi à Rabat, les principales conclusions et recommandations du focus de son rapport annuel au titre de l’année 2024, intitulé «Intégration socio-économique des personnes âgées (PA) au Maroc : pour mieux se préparer à s’adapter au vieillissement démographique rapide». La part des personnes âgées ne cesse d’augmenter. En 2024, le Maroc comptait plus de 5 millions de personnes âgées de 60 ans et plus, soit 13,8 % de la population, contre 9,4 % en 2014. Cette tranche d’âge est principalement composée des 60-69 ans (58,6 %), tandis que les personnes de 70 ans et plus représentent 41,4 %.
Dans son rapport, le CESE considère que l’intégration socio-économique des personnes âgées ne relève pas seulement d’un impératif de justice sociale, mais constitue également une véritable opportunité stratégique pour le développement du pays. Dans cette perspective, le Conseil appelle à accélérer la mise en œuvre du Plan d’action national pour la promotion du vieillissement actif 2023-2030, en veillant à une meilleure cohérence entre ses axes, ses mesures et ses programmes. Il préconise également l’adoption d’une loi-cadre qui définit les objectifs fondamentaux de l’action publique en matière de l’intégration socio-économique des personnes âgées.
Le CESE préconise plusieurs mesures stratégiques autour de trois axes principaux. Le premier axe vise à mettre en œuvre des mesures immédiates de soutien et d’accompagnement afin de renforcer sans délai l’inclusion sociale et économique des personnes âgées. Ainsi, le CESE recommande d’accélérer l’élargissement des régimes de retraite, de revaloriser périodiquement le niveau des pensions, d’élargir les prestations de l’AMO pour mieux répondre aux besoins spécifiques des personnes âgées, en intégrant notamment des services de soins à domicile (infirmiers, kinésithérapeutes), d’augmenter la valeur de l’aide sociale directe destinée aux ménages nécessiteux ayant à leur charge des personnes âgées.
Dans le cadre de ce premier axe, le CESE recommande également de promouvoir une culture d’inclusion sociale des personnes âgées et renforcer la lutte contre l’isolement et l’âgisme, de renforcer le soutien financier et les ressources humaines des établissements de protection sociale (EPS) dédiés aux personnes âgées et d’instaurer des mesures de discrimination positive en faveur des femmes âgées, en reconnaissance de leur situation socio-économique particulièrement vulnérable. Le deuxième axe a pour objectif de consolider la gouvernance de l’écosystème institutionnel dédié à la prise en charge des personnes âgées, en vue d’améliorer l’effectivité de leurs droits fondamentaux et de garantir une meilleure coordination entre les différents acteurs concernés. Dans ce cadre, il s’agit d’accélérer la réforme du Code du travail et du statut général de la fonction publique afin de faciliter le maintien dans l’emploi des personnes âgées souhaitant poursuivre leur activité professionnelle, d’introduire des modalités de travail flexibles, et de permettre le cumul partiel ou total du salaire avec la pension de retraite, afin d’encourager les personnes âgées à maintenir une activité professionnelle.
Le CESE recommande également de mettre en place des incitations fiscales destinées aux entreprises recrutant ou conservant des personnes âgées, afin de favoriser leur intégration. Quant au troisième axe, il s’inscrit dans une perspective de long terme. Il consiste à développer une silver économie structurée, capable de transformer le vieillissement démographique en un levier de création de valeur économique et sociale. Inspirée des expériences internationales réussies, mais adaptée aux spécificités du contexte marocain, cette économie devra reposer sur un modèle innovant de prise en charge, de bien-être et de participation, qui articule de manière cohérente les besoins de consommation des personnes âgées avec une offre territorialisée de services adaptés, tout en générant des opportunités économiques durables.










