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Jamal Khalil: «La sécurité a un coût»

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Entretien avec Jamal Khalil, sociologue

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Jamal Khalil, sociologue

ALM : On remarque souvent la montée des agressions à l’arme blanche. Comment expliquez-vous ce constat ?

Jamal Khalil : C’est plus qu’un phénomène urbain. Nous vivons dans un monde où l’on communique beaucoup sur la violence. Contrairement au passé, maintenant tout acte de violence est immédiatement retranscrit notamment sur les réseaux sociaux. C’est ce qui laisse suggérer que notre ère est beaucoup plus violente qu’avant. Il faut juste souligner que si c’est vraiment le cas les gens seraient restées chez eux. Or, tout le monde bouge, sort et travaille ….

Mais nous sortons tout en ayant peur. Comment peut-on estomper ce sentiment d’insécurité ?

Sortir en toute sécurité veut dire assurer la sécurité pour tout le monde. Et pour le faire, cela nous nécessitera un investissement colossal. La sécurité a un coût. Le fait de mettre des caméras partout pour contrôler la sécurité a un double coût. D’une part, cela coûte cher sur le plan financier et de l’autre les gens se sentiront guettés. Plus de sécurité, dans ce cas, veut dire moins de liberté pour les individus.

Comment régler donc la problématique de sécurité ?

Il faut tout d’abord une répartition de richesse un peu plus équitable pour que les uns et les autres aient l’impression de partager le même monde . La deuxième urgence est l’éducation. La problèmatique de la sécurité se travaille à l’école. Nos enfants ont besoin d’une éducation correcte . Si la notion genre est intégrée à l’école, les femmes seraient moins agressées dans l’espace public. Ainsi, l’espace extérieur serait considéré également leur espace.

D’un point de vue social, qu’est-ce qui pousse nos jeunes à être agressifs ?

Là on part d’une hypothèse qui n’est pas vérifiée. Cela n’est pas sûr que les jeunes soient agressifs. La violence n’est pas spécifique aux jeunes. On est agressif selon le contexte où l’on vit . L’agressivité ou la violence est situationnelle. c’est-a-dire on est violent parce qu’il y a des contextes à la fois sociologiques, historiques et géographiques qui font que l’on devient violent ou non. Ce n’est pas une question d’âge. On est violent parce qu’on est dans une situation qui fait que la violence est le seul langage qu’on connaît.

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