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La FLDF dénonce l’impunité pour les violeurs

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Plus de 6.700 actes de violence contre les femmes notifiés en 2016

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La Fédération de la Ligue démocratique des droits des femmes (FLDF) appelle à réformer  ce projet de loi. Celle-ci estime que le texte juridique présente plusieurs «insuffisances et reste ambigu». A commencer par la définition de la violence contre les femmes qui est «incomplète»  et «non claire». La Fédération juge qu’il faut adopter la définition internationale de la violence contre les femmes basée sur le genre social.

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Le projet de loi 103-13 relatif à la lutte contre la  violence à l’égard des femmes  fait encore parler de lui. La Fédération de la Ligue démocratique des droits des femmes (FLDF) appelle à réformer  ce projet de loi. Celle-ci estime que le texte juridique présente plusieurs «insuffisances  et reste ambigu». A commencer par la définition de la violence contre les femmes qui est «incomplète»  et «non claire». La Fédération juge qu’il faut adopter la définition internationale de la violence contre les femmes basée sur le genre social.  Selon la présidente de la FLDF, Latifa Bouchoua, le texte actuel laisse une «large marge d’impunité» pour les violeurs. Parmi les  autres mesures revendiquées figure la criminalisation de toutes les formes de viol y compris le viol conjugal. En appelant à une révision globale du projet de loi, la FLDF fait remarquer «qu’un grand nombre de femmes, de filles et d’épouses sont sujettes à des violences sexuelles et des viols, soit de manière individuelle par un seul agresseur ou collectif par un groupe d’agresseurs qui agissent en alternance sur la victime, c’est l’un des types de violence basés sur le genre le plus humiliant, le plus dégradant et le plus complexe, puisque le plus souvent il est accompagné  de tous les autres types de violence». Et d’ajouter: «Le viol a des coûts dans le domaine économique et dans le développement puisqu’il entraîne la régression du classement du pays dans les indicateurs  internationaux les plus importants, notamment le développement, la démocratie, l’égalité…». 

Plus de 6.700 actes de violence en 2016

La FLDF, à travers ses centres d’écoute et d’orientation Injad, a enregistré 6.729 actes de violence. Il a été notifié 253 actes de violence sexuelle, soit un taux de 3,76%. A noter que ce type de violence comprend les actes de viol, le harcèlement sexuel, les pratiques sexuelles forcées ainsi que l’exploitation dans la prostitution. Ainsi, il a été enregistré 33 cas de viol, 71 cas de viol conjugal, 34 actes de harcèlement sexuel, 34 cas de viol sur mineur et 4 cas d’inceste. En publiant ces chiffres, la FLDF note que ces derniers sont modestes et ce pour deux raisons. Il faut tout d’abord relever le budget du réseau LDDF-Injad qui a chuté de 68% pour les centres d’accueil et d’orientation juridique et de 10% pour le centre d’hébergement des femmes victimes de violence (Tilila).  Cette situation s’explique aussi par le fait que la question du viol et de la violence sexuelle est encore taboue dans notre société.   

Un plaidoyer pour modifier le projet de loi

Rappelons qu’il y a encore un mois plusieurs associations de défense des droits des femmes ont voulu amender  ce projet de loi. L’ONG internationale MRA Mobilising for Rights Associates basée à Rabat a réuni une quarantaine d’ONG pour préparer un plaidoyer portant des modifications au projet de loi actuel. Celle-ci déplore le fait qu’en cas de violence, la police ne peut se déplacer au domicile que s’il y a danger de mort imminente et après autorisation du procureur. Parmi les autres «insuffisances» du projet de loi, les associations notent que ce projet de loi ne criminalise pas le viol conjugal.

La protection civile figure parmi les principales mesures défendues.  Lorsque les violences exercées au sein du couple mettent en danger la personne qui en est victime, le juge doit délivrer en urgence à cette dernière une ordonnance de protection. Le but étant d’assurer la protection de la victime de  violences causées au sein du couple lorsque celles-ci la mettent en danger.  Ces ONG appellent également à  l’établissement de mesures spécifiques pour les femmes violentées, notamment la prise en charge médicale, l’accès à un logement sécurisé et l’accompagnement psychologique et juridique. Le projet de loi 103-13 qui  a été approuvé par la Chambre des représentants, en juillet dernier, a été transmis à la Chambre des conseillers en août.

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