«Le gouvernement comprend les revendications sociales exprimées par les jeunes et les citoyens en général, notamment la réforme du secteur de la santé».
C’est une véritable thérapie de fond que mène le gouvernement actuellement pour soigner les maux du système de santé. C’est ce qui ressort de l’intervention du ministre de la santé et de la protection sociale au Parlement. Le gouvernement comprend les revendications sociales exprimées par les jeunes et les citoyens en général, notamment la réforme du secteur de la santé, a affirmé le ministre de la santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui. S’exprimant lors d’une réunion de la commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants, consacrée à la discussion de «l’état actuel du système de santé et les mesures prises pour accélérer la mise en œuvre de sa réforme pour garantir le droit des citoyens au traitement et aux soins de santé», M. Tehraoui a souligné que «le projet de réforme globale de ce secteur, que nous nous efforçons de mettre en œuvre, est le moyen de répondre à ces attentes, en assurant des services de santé de qualité et respectueux de la dignité des citoyens à tous les niveaux et dans toutes les régions du pays». Et le ministre de poursuivre : «Nous nous accordons à dire que les problèmes auxquels fait face le secteur de la santé sont chroniques et s’accumulent», ajoutant que le gouvernement a lancé des réformes, à travers, tout d’abord, la consolidation du cadre juridique, «dans lequel l’institution législative a joué un rôle efficace dans l’approbation et la mise en œuvre». Il a, en effet, assuré l’existence d’une vision pour le renforcement des infrastructures de santé, faisant état «de l’accomplissement de nombreuses réalisations et l’allocation d’un important budget». Le ministre a, toutefois, noté que ces réalisations, aussi bien importantes, restent insuffisantes pour combler les déficits du secteur, en particulier dans certaines provinces et régions.
Augmentation budgétaire
Dès sa prise de fonction, le gouvernement a procédé à la revalorisation des allocations budgétaires au secteur de la santé. Au cours des deux premières années, le secteur a bénéficié ainsi d’une forte hausse budgétaire (+19,1%). Une hausse destinée au lancement d’un programme massif de recrutement avec 2.300 professionnels de santé (soit une augmentation d’environ 5%) sans oublier la réalisation de 10 projets hospitaliers représentant une capacité supplémentaire de 1.122 lits. Ces efforts se sont poursuivis au cours de la saison 2022-2023 avec une hausse record de 19,6% avec la création supplémentaire de 1.600 professionnels en plus de la réalisation de 5 projets hospitaliers sans compter le recrutement de 241 médecins. Il a également été procédé au cours de la même période à l’inauguration du Centre hospitalier universitaire de Tanger. M. Tehraoui a souligné que le ministère œuvre à accélérer le rythme de construction et de mise à niveau des hôpitaux et des centres de santé à travers l’ensemble des régions du Royaume, notant que plusieurs grands projets hospitaliers, réalisés ou en cours de réalisation ou programmés, devront garantir plus de 3.500 nouveaux lits dans les différentes régions du Royaume. Il s’agit, a-t-il détaillé, du CHU Mohammed VI de Tanger avec une capacité de 797 lits, du CHU d’Agadir (867 lits), du CHU de Laâyoune (500 lits), du nouveau CHU Ibn Sina de Rabat avec une capacité prévue de 1.044 lits, outre des projets de Centres hospitaliers universitaires dans les régions de Guelmim, Tafilalet et Béni Mellal. Concernant la réhabilitation des établissements de soins de santé primaires, le ministre a indiqué que le programme couvre plus de 1.400 centres répartis sur 76 provinces, dont 945 déjà entièrement réhabilités, 405 en cours de réalisation, en plus de 50 projets supplémentaires programmés. Entre 2022 et 2025, 22 hôpitaux ont été réhabilités, représentant une capacité de 2.433 lits, couvrant des hôpitaux régionaux, provinciaux et des centres spécialisés dans plusieurs régions.
Ressources humaines
Sur le volet des ressources humaines, le ministre a relevé la persistance d’un déficit, tout en soulignant qu’il n’existe pas de solution immédiate. Il a toutefois mis en exergue l’existence d’une vision reposant sur la création de nouvelles facultés et instituts ainsi que sur l’élargissement de l’offre de formation. Ainsi, le nombre de places pédagogiques destinées aux médecins passera à 6.414 en 2025 contre 2.650 en 2019, soit une hausse de 142%. De même, la capacité d’accueil des Instituts supérieurs des professions infirmières et techniques de santé a atteint 9.500 places à partir de 2024, contre 2.735 en 2019. Cette dynamique a été accompagnée de l’ouverture de quatre nouvelles facultés de médecine, à Guelmim, Béni Mellal, Drâa-Tafilalet et Laâyoune, qui forment déjà des médecins dont les premières promotions seront diplômées entre 2026 et 2028. Le ministre a également rappelé que le nombre de professionnels de santé est passé d’environ 45.000 en 2019 à plus de 59.000 en 2025 (+30%). Les effectifs infirmiers et techniciens de santé ont progressé de 29% (de 27.000 à 35.000), tandis que les cadres administratifs et techniques ont augmenté de 62% durant la même période. M. Tehraoui a, en outre, mis en avant les mesures prises par son département pour améliorer la situation sociale et professionnelle des cadres de santé, à travers des augmentations salariales progressives entre janvier 2022 et juillet 2025, de 4.390 dirhams pour les médecins généralistes et chirurgiens-dentistes, 4.405 dirhams pour les médecins spécialistes, 950 dirhams pour les infirmiers et techniciens, 1.750 dirhams pour les administratifs et 1.700 dirhams pour les agents techniques.
Visites de terrain
Infrastructures. Les dernières semaines ont été marquées par plusieurs visites de terrain effectuées par le ministre de tutelle. En effet, le ministre a entrepris une série de visites dans les différents établissements de santé publics, parallèlement à l’action du comité central chargé d’accompagner les réformes, de soutenir les efforts de changement et de proposer des solutions concrètes, conformément aux Hautes Orientations Royales visant à renforcer le système de santé et à améliorer ses services. Le ministre de la santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui, avait ainsi effectué à Tétouan une visite d’inspection à plusieurs établissements de santé et à des projets hospitaliers. Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre de la poursuite du programme des visites de terrain menées par le ministre, vise à accompagner le renforcement des établissements de santé publics, à travers les différentes régions du Royaume. Elle ambitionne également d’activer la politique de proximité et d’interaction directe avec les aspirations des citoyens et des professionnels du secteur, à travers l’accompagnement et l’appui des efforts de réforme et de développement des établissements de santé au niveau de toutes les provinces et les régions du Royaume, indique un communiqué du ministère. À cette occasion, M. Tehraoui a entamé sa tournée par la visite du chantier de l’hôpital régional des spécialités de Tétouan, où il a pris connaissance de l’état d’avancement de ce projet crucial, qui s’étend sur une superficie de plus de 3 hectares, avec une capacité de 380 lits. Le ministre a, à cet égard, donné ses instructions pour accélérer l’achèvement des travaux et d’équipement de cet établissement, en vue de renforcer l’offre de soins au niveau de la province de Tétouan dans les plus brefs délais. Il a également visité le Centre hospitalier provincial Saniat R’mel à Tétouan, où il s’est informé des services de santé proposés aux citoyennes et citoyens, et s’est enquis de la performance des différents services médicaux, chirurgicaux et techniques, ainsi que du niveau de préparation des unités hospitalières et des équipements disponibles dans cet établissement, qui dispose d’une capacité d’environ 330 lits. Lors d’une rencontre avec les professionnels de santé, M. Tehraoui a réitéré l’engagement du ministère à poursuivre ses efforts en faveur de l’amélioration des conditions de travail au sein des établissements de santé, que ce soit à travers le renforcement des ressources humaines, la modernisation des équipements ou la mise à disposition d’un environnement professionnel sécurisé et motivant, garantissant des prestations de santé de qualité au profit de la population cible.










