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La santé des seniors à la loupe du FNUAP

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L’élaboration prochainement d’une évaluation gériatrique standardisée permettra d’identifier les problèmes médicaux, de santé mentale et fonctionnels des personnes âgées ayant des facteurs de fragilité. L’effectif des sujets âgés devrait atteindre 10 millions de personnes au Maroc, à l’horizon de 2050.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au Maroc lance en partenariat avec le ministère de la santé et de la protection sociale un appel à consultation national portant sur l’élaboration d’une grille d’évaluation gériatrique standardisée. L’objectif étant de contribuer à l’amélioration de l’état de santé des personnes âgées et de leur bien-être et à la préservation de leur autonomie, dans le cadre d’une approche globale et multidimensionnelle. L’évaluation gériatrique standardisée est considérée comme étant un processus diagnostique global et multidimensionnel d’évaluation de l’état de santé physique, cognitif et mental du sujet âgé et de son degré d’autonomie. Son utilisation est particulièrement préconisée chez les patients âgés fragiles pour détecter les pathologies susceptibles de passer inaperçues même si elles sont traitables, anticiper les risques futurs, élaborer un plan de prévention et de soins personnalisé et assurer un suivi à long terme. Le but ultime consiste à améliorer la santé et le bien-être de la population âgée en réduisant le déclin fonctionnel et cognitif, en ralentissant le processus de glissement vers la perte d’autonomie et le handicap et en diminuant le recours à l’hospitalisation. A travers l’élaboration de cette grille d’évaluation, il s’agira de définir et standardiser les normes et les outils d’évaluation du degré de fragilité des personnes âgées à adopter par les professionnels de santé des établissements de soins de santé primaires et par les spécialistes aux centres hospitaliers. Cette grille permettra ainsi de favoriser la détection précoce des incapacités, des maladies, des conditions médicales sous-jacentes et des facteurs de risque chez les personnes âgées, notamment ceux qui pourraient passer inaperçus dans une évaluation médicale conventionnelle. Il s’agit aussi de prévenir les complications de santé et réduire les risques de déclin fonctionnel, mental et cognitif. Notons que cette consultation sera conduite sur une durée totale de trois mois à partir de la date de signature du contrat pour être achevée au plus tard le 15 octobre 2024.

Augmentation de la morbidité
Signalons que le Maroc à l’instar des pays du monde entier fait face à un ralentissement du taux d’accroissement démographique. Selon les projections du Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’effectif des sujets âgés devrait atteindre 10 millions de personnes, à l’horizon de 2050. Leur poids démographique devrait passer de 12,2% actuellement à 23,2%, dépassant ainsi la moyenne mondiale, avec un taux de croissance annuel estimé à 2,9%, comparativement à 0,6% pour l’ensemble de la population marocaine. Cette transition démographique s’accompagne d’une transition épidémiologique marquée par une augmentation de la charge de morbidité, évaluée à 64,4% chez les sujets âgés de 60 ans et plus, selon l’Enquête nationale de la population et de la santé familiale. Les femmes âgées sont plus touchées que leurs homologues masculins, avec des taux respectifs de 73,3% et 55,5%. Les maladies chroniques les plus fréquentes incluent l’hypertension artérielle (34%), le diabète (20%), les maladies articulaires (13%) et les maladies cardiovasculaires (8,1%). Par ailleurs, environ 15% des sujets âgés de 60 ans et plus souffrent d’un trouble mental et 44% ont déclaré être souvent dépressifs. De plus, les troubles neurologiques et mentaux représentent 6,6% des incapacités totales dans ce groupe d’âge. Il faut aussi relever que près de la moitié des personnes âgées de 60 ans et plus (45,7 %) se trouvent dans une situation d’incapacité limitant leurs activités quotidiennes, en raison d’un problème de santé à long terme. Les incapacités les plus prévalentes sont essentiellement associées à la mobilité (80%), aux déficiences visuelles (65,2 %), à l’audition (40,6%) et à la santé mentale (36,2%). Ces incapacités qui sont fréquemment sous-diagnostiquées, tardivement détectées ou non traitées constituent souvent un facteur accélérateur de glissement vers la fragilité et la perte d’autonomie, avec toutes les complications que cela engendre sur la qualité de vie des sujets âgés et sur leur espérance de vie. D’autre part, la population âgée représente une part importante des patients atteints d’affections de longue durée (ALD) au Maroc, avec un pourcentage de 60,3% de la population totale déclarée en ALD. Elle accapare 57,6% des dépenses globales qui y sont liées, entraînant ainsi de lourdes conséquences sanitaires et socio-économiques pour le Maroc. Et par conséquent, il est impératif de transcender la démarche médicale conventionnelle axée sur la maladie et d’instaurer des mesures favorisant une prise en charge holistique centrée sur la personne âgée, en tenant compte de ses spécificités et de ses capacités fonctionnelles et intrinsèques.

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