Société

L’affaire ANAPEC à Fès : La désillusion

«Il est porté à la connaissance des candidats de l’offre de la société AL NAJAT que les listes du deuxième contingent qui doivent passer la deuxième visite médicale sont diffusées sur le site web www.anapec.org ; l’institution de l’onglet -OPERATION AL NAJAT-permet la consultation de ces listes». Fin de citation de l’avis affiché en tête des fameuses listes.
D’après ce qui circule parmi les nombreux candidats « la deuxième visite consiste en une prise de sang, mais où? quand? personne ne le sait .D’autres avancent avec assurance que l’on annoncera une troisième visite pour prolonger l’attente. Cette fois-ci, ce sera pour sélectionner les diabétiques commente par anecdote A.M, un candidat aux croisières de luxe qui extériorise sa souffrance. Il s’agit d’un jeune qui ne trouve pas son nom affiché. Il s’interroge sur les raisons de son élimination alors qu’il accomplit toutes les conditions : Diplôme ,aptitude physique …et se mord les doigts d’avoir laissé un boulot à Ifrane comme barman. Cette besogne qu’il a pu obtenir, même si il est issu de Fès ,grâce à l’intervention d’une proche connaissance, lui permet de gagner sa vie convenablement, raconte-t-il. Cependant, étant toujours agacé et surveillé de près par le gérant de l’hôtel, l’annonce de la fameuse aventure lui a monté la tête et il commence à riposter aux agissements de son supérieur. Il n’a plus rien à craindre. Bientôt il voguerait dans les Océans lointains et il sera enfin libéré de ce gérant trop encombrant, à qui il doit toute soumission pour garder son boulot.
Son dossier est déposé parmi les premiers, depuis le mois de février. Illusions. Il se demande comment peut-on engager des milliers en basse saison dans des bateaux de croisière comme on essaye de le lui faire comprendre. Alors que l’activité des croisières bat son plein en haute saison. Octobre c’est le plein automne. Il poursuit sur un ton sarcastique : « Peut-être on nous engagera comme des hommes de sauvetage puisque l’immigration clandestine se fait par baraques et qu’un bon nombre des chercheurs d’EL DORADO se noient souvent. Et avant de quitter ses camarades il leur fait part du nouveau nom qu’il s’est donné : corbeau, j’ai perdu ma façon de marcher (insinuant sa prise au sérieux du recrutement-arnaque) et je n’ai pas appris celle du pigeon .Corbeau, corbeau, je suis un corbeau.
Naturellement il fait allusion à cette ancienne anecdote populaire qui raconte que le corbeau, voulant imiter le pigeon dans sa façon de marcher, a fini par oublier sa propre marche. Pour se retrouver enfin, avec un pas qui ne ressemble ni à celui de ses semblables ni à celui des pigeons.

• Lahcen Meddas
Correspondance régionale

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