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Lahcen Daoudi : «Le produit islamique boostera le PIB d’au moins 0,5%»

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ALM : Le projet de loi de Finances 2010 prévoit la baisse du taux de la TVA sur les produits alternatifs. Qu’en pensez-vous?
Lahcen Daoudi : Certes, il vaut mieux arriver tard que jamais, mais je pense que le Maroc a pris beaucoup de retard sur ce point. Beaucoup de familles auraient pu avoir un logement et sortir ainsi de la pauvreté grâce à ce produit. Pendant longtemps, on a traité ces produits de manière idéologique et non comme des outils de financement comme tous les autres. Pour certains, il fallait combattre ces produits-là à tout prix à partir du moment où il s’agit de «produits islamiques». Depuis 1980, nous appelons à l’installation de ce produit. Le wali de Bank Al-Maghrib s’ y était opposé à l’époque. Ce qui a changé aujourd’hui c’est que la Finance islamique ne vient plus de l’Orient mais de l’Occident à l’image de ce qui se passe actuellement en France et en Allemagne.

A combien estimez-vous la clientèle potentielle de ces produits?
Bien évidemment, aujourd’hui, des dizaines de milliers de citoyens qui n’ont pas pu recourir au système de financement traditionnel, vont recourir à ce mode de financement. Pour des raisons personnelles, ces citoyens refusent le taux d’intérêt des banques. Maintenant, avec ce produit ils auront la possibilité de contracter un financement pour se procurer une voiture ou une maison. Pour eux, il n’y a plus de contrainte.

Avec la baisse du taux de la TVA sur les produits alternatifs, ces derniers deviennent-ils moins chers que le mode de financement traditionnel?
Le produit financier alternatif est désormais assimilé au financement bancaire normal et la Mourabaha devient ainsi moins chère qu’auparavant. Le financement alternatif est, désormais, encore plus facile. Mais, pour que le produit alternatif devient moins cher, il faudra négocier la marge bénéficiaire avec les banques. Les banques marocaines ne doivent pas être très gourmandes afin que les produits alternatifs conserveront leur attractivité. En plus, le bien acquis grâce au produit alternatif est désormais enregistré au nom de l’acquéreur, il n’y a plus ce problème de double enregistrement.

Pensez-vous que cet outil de financement constitue une alternative aux modes de financement ordinaire?
Pour nous, on ne cherche pas à éliminer les autres sources de financement. Nous voulons seulement que le citoyen ait le choix entre les deux produits. Le mode de financement traditionnel à côté du produit islamique alternatif. Il faut bancariser davantage le citoyen marocain. Le produit alternatif boostera le PIB d’au moins 0,5%. Nous avons une expertise au Maroc. Comme je viens de le signaler, nous militons pour ces produits depuis 1980. Et nous aurions pu aller très loin. Il faut mettre en place des banques dédiées uniquement à ce produit. Il faut aller vite et il ne faut pas attendre que les autres viennent conquérir notre marché. La frilosité des banques marocaines doit être combattue.

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