L’arganier à Casablanca, c’est possible !!!

L’arganier à Casablanca, c’est possible !!!

Le Maroc regorge d’espèces endémiques ce qui le hisse à la 2e place au niveau méditerranéen en matière de biodiversité. Parmi ces espèces, l’arganier occupe une place qui doit être privilégiée. En effet, cet arbre magique, non seulement il résiste à la sécheresse et survit dans des zones arides ou sahariennes, mais il fonctionne comme rempart contre la désertification. En revanche, à ce jour, il colonise juste une petite surface au sud du Maroc.

• Alors, l’arganier peut-il pousser et s’épanouir dans d’autres régions du Maroc ?
• Quel est l’intérêt écologique de cet arbre ?
• Comment le Maroc peut-il profiter de cette richesse pour un développement durable ?

L’arganier, symbole de la vie marocaine, en danger
L’arganier, symbole de la vie marocaine, est l’essence forestière du sud-ouest marocain connu pour son aridité. C’est un arbre qui constitue une vraie richesse de cette région vu ses multiples usages et ses fruits qui sont utilisés dans plusieurs domaines.
L’arganier pousse à partir du niveau de la mer jusqu’à environ 1.500 m d’altitude en traversant des zones semi-arides fraiches et des zones subhumides du Haut-Atlas sans oublier une combinaison unique du sol. Cependant, ce trésor national s’épanouit sur une surface limitée, dans des zones tempérées du sud, où il apprécie l’air humide d’influence océanique. Il s’étend, généralement, sur le triangle Essaouira-Taroudant-Tiznit en passant par Agadir et Tafraout, couvrant près de 800.000 hectares, soit 14.25% des forêts du Maroc. Il subit, hélas, une perpétuelle régression due à l’agriculture intense et l’expansion de l’urbanisation.

L’arganier : L’arbre magique de la biodiversité

L’arganier est l’une des plantes les plus importantes pour le développement et la protection de la biodiversité : il est considéré comme un rempart contre la désertification. En effet, cet arbre majestueux détient des racines dont la profondeur dépasse trois fois la hauteur de la plante (près de 20-25m). Grâce à ses racines profondes, l’arganier combat l’érosion du sol (l’humus) d’un côté, et favorise l’infiltration de l’eau dans les nappes phréatiques au lieu de rester sur la surface et de s’évaporer d’un autre.
Comme l’arganier est dépourvu de poiles racinaires, il est incapable d’absorber ses nutriments et de se reproduire, donc sa présence nécessite l’intervention d’autres espèces, à savoir des champignons microscopiques qui lui assurent l’humidité et les nutriments. Cette relation de symbiose enrichit la terre et lui permet de garder l’humidité au profit d’autres cultures.

L’arganier à Casablanca, est-ce possible ?!

Pour longtemps, on a considéré l’arganier comme un arbre sauvage et jusqu’à une vingtaine d’années, tous les essais de reboisement de l’arganier ont été voués à l’échec. Mais grâce aux travaux de chercheurs marocains sur les racines et leurs associations symbiotiques, on arrive aujourd’hui à replanter cet arbre dans n’importe quelle région du Maroc.
Pour répondre à cette question, nous nous sommes déplacés à la ferme pédagogique Jnane Lkbire où sa propriétaire Mme Fettouma nous a reçu et partagé avec nous son expérience d’introduire cette espèce endémique. Avant il faut savoir que l’arganier concerne plusieurs unités et étages bioclimatiques, c’est-à-dire théoriquement parlant, l’arganier pourrait pousser dans n’importe quelle région, quelques recherches montrent que pendant la période géologique quaternaire lors de la phase glacière, il aurait été déplacé vers le sud-ouest, cela expliquerait l’existence de quelques arganeraies plus vastes et denses au nord du Maroc et on estime que ces forêts ont été ravagées par l’homme (le bétail), d’où la possibilité d’introduire cette espèce endémique.
D’après Mme Fettouma, on a réussi cette culture même dans d’autres pays, à savoir la Colombie et Israël.

L’arbre du développement

Après la démonstration de la possibilité d’introduire l’arganier dans le nord du Maroc, cette dernière pourrait appuyer la présence du Maroc comme un leadership mondial de l’argane, l’importance de l’arganier ne culmine pas simplement dans le plan écologique, mais il nous a donné toujours le privilège de l’exploiter. En effet, la plus grande concentration d’arganier se trouve dans un triangle réputé être pauvre celui d’Agadir, Essaouira et Taroudant. Cette richesse locale peut donner une dynamie économique pour la région. Les paysans doivent valoriser ce produit car il est un vrai générateur de revenu, en outre il peut être exploité dans plusieurs domaines comme l’explique Mme Fettouma Djerrari Benabdenbi.
La Covid-19 a vraiment ravagé la mondialisation et le marché international, les échanges commerciaux entre les pays ont diminué (l’agriculture), alors les pays doivent prendre la Covid-19 comme une leçon et apprendre à produire local, cette crise est une opportunité pour le développement durable et pour la transition écologique, et valoriser la biodiversité et la préserver comme le SARS-COV-2 la fait.
L’arganier est une aubaine chance et fierté pour le Maroc et on doit l’exploiter durablement, cet arbre magique a une grande générosité puisqu’il nourrit de nombreux paysans, les Marocains doivent être conscients de l’intérêt de l’arganier, le symbole de la vie marocaine, en outre, les arganeraies sont vraiment des pôles économiques, sociaux, environnementaux et solidaires.

Travail fait par :
Mohamed Ali Faracha- Anas Bounajra- Hamza Haroili- Omar Jellouli- Abdelaziz Jellouli- Wissal Ait Yachou
Encadré par: Fatima Chakiri

Mme Fettouma Djerrari Benabdenbi Co-fondatrice du Mouvement «Terre et humanisme»

«Tout dans l’arganier est utilisable : la peau jaune de l’argane peut être donnée comme nourriture au bétail, à l’intérieur il y a une amande avec une coque qui peut être décortiquée pour donner un matériau de construction. En plus à l’intérieur les graines dont on peut extraire de l’huile utilisée pour l’alimentation et la cosmétique ; et tout ce qu’il reste comme pâte sera utilisé pour l’alimentation du bétail notamment les vaches afin de les engraisser et de produire du bon lait»

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