Latifa Cherif : La sensibilisation au cancer du sein doit atteindre les zones rurales

Latifa Cherif : La sensibilisation au cancer du sein doit atteindre les zones rurales

Latifa Cherif Présidente de L’Association les Amis du Ruban Rose, la Vie après le Cancer

Latifa Cherif : Quelles sont les actions que vous avez mises en place dans le cadre de la sensibilisation au cancer du sein cette année ?

ALM : Malgré la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 qui persiste, les actions entreprises pour sensibiliser les femmes au cancer du sein ont été nombreuses. L’association a organisé une caravane nationale de sensibilisation à l’autopalpation. Une campagne d’affichage panneaux 4×3 a été effectuée, par ailleurs, à Casablanca. Les médias partenaires ont suivi en insertions d’annonce presse. La campagne a également puisé dans des outils de communication comme l’affichage de visuels dans les commerces, cafés, restaurants, pharmacies et centres de soins. Mes interventions sur plateaux télévisés, radios et presse ont permis d’accompagner, également, cette démarche de sensibilisation grand public.

Comment pouvoir mesurer l’impact de ces actions dans le temps ?
L’impact se mesure à chaque campagne à travers les différents diagnostics. Il est également estimé à travers le nombre de femmes qui ont oublié d’effectuer leur mammographie ou qui ne l’ont jamais faite.

Quelle évaluation faites-vous des différentes mesures de prévention en temps de pandémie ?
La pandémie a effacé les différentes campagnes entreprises par l’Etat. Il n’y a pas eu de dépistage. En résultent des diagnostics tardifs…

Quelles seraient les moyens nécessaires, selon vous, pour mettre en place des actions de façon durable pour dépister et sensibiliser autour du cancer du sein ?
Il faudrait que l’Etat se fasse accompagner par les associations qui, elles, connaissent mieux le terrain et sont plus proches des patients. Il faudrait, aussi, que le monde rural puisse avoir accès à ces actions.

Vous avez suivi une formation à l’Université des patients «Patient partenaire en oncologie». Pouvez-vous déjà nous parler de votre expérience ?
J’ai en effet suivi cette formation à l’Université des patients sise à l’université de la Sorbonne et c’est la raison qui m’a poussée à rêver de ce même diplôme au Maroc.
Le fait d’expertiser ma propre expérience m’aide beaucoup dans mes missions d’accompagnement des guerrières du cancer du sein.

La formation a été lancée, en effet, pour la première fois l’an dernier par l’UM6SS et vous en êtes en partie le catalyseur. Quelles seraient les attentes par rapport à une telle formation dans un paysage sanitaire en profonde mutation ?
Cette formation au Maroc n’aurait aucun sens si elle n’aboutissait pas à la création du métier de «Patient partenaire en oncologie». Il faudra du temps, certes, mais j’y crois car la médecine évolue. Le parcours du patient devrait suivre le même rythme.

En tant que parlementaire, quelles sont vos doléances par rapport à ce dossier où la légitimité d’une telle formation est plus que nécessaire ?
Je solliciterai le ministre de tutelle de façon à réfléchir ensemble à comment accompagner les malades dans les hôpitaux.

Avez-vous déjà des pistes d’avancée en la matière ?
Non pas encore.

Quelles seraient vos recommandations pour que ce dossier avance sur le plan légal au Maroc de telle sorte à se greffer dans la réforme de la santé ?
Il faut d’abord proposer la place du Patient partenaire dans le circuit de notre système de santé, en démontrer l’efficacité et le prouver par les résultats qui existent déjà dans le privé.

Le mot de la fin peut-être…
J’espère que la couverture universelle aille vite et soit surtout efficace pas comme le Ramed où la vie d’un citoyen «des fois» dépend d’un mokaddem, que les centres de soins oncologiques soient équipés correctement en médicaments, appareillages, personnel humain, etc.
Le combat continue… nous ne lâchons rien !

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