Après la création d’un Bac professionnel en automobile, l’expérience s’étalera aux secteurs agricole et aéronautique à compter de la prochaine rentrée scolaire 2014-2015.
En lançant ce profil, jeudi à Rabat, le ministère de tutelle, en étroite collaboration avec d’autres départements ministériels et le secteur privé, désire offrir, à travers cette initiative première en son genre, aux futurs bacheliers de fortes chances d’intégrer le marché de l’emploi après obtention de leur diplôme tout en ayant la possibilité de poursuivre leurs études supérieures.
Le choix de ces secteurs répond à des critères déterminés ainsi que les besoins pressants formulés par les responsables de ces filières. Déjà l’agriculture disposait, comme l’a rappelé Rachid Belmokhtar, depuis 1996 de centres de travail dédiés au secteur. «Il est temps de raviver cette idée de l’agriculture dans l’esprit des élèves vu son intérêt pour ceux-ci», a enchaîné le ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle qui s’attend à la réussite de cette expérience du Bac pro. Son ministre délégué a abondé dans ce sens en estimant que le secteur agricole est marqué par une dynamique insufflée par le Plan Maroc Vert.
Aussi l’automobile et l’aéronautique sont, selon lui, des secteurs prometteurs. D’où l’intérêt du Bac pro qui facilitera, voire accélérera l’intégration dans le marché de l’emploi.
«L’agriculture a besoin d’intégration pour émettre des projets en faveur du secteur», a, dans ce sens, indiqué Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, qui a rappelé que son département a, pour le moment, formé 120.000 lauréats de 26 centres de mise à niveau agricole. Pour sa part, Lahcen Daoudi, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, a saisi cette occasion pour critiquer le manque de coordination entre les secteurs puisque son département n’a, selon lui, reçu aucune demande relative à la création de nouvelles formations dans les universités.
Ce manque de coordination a également été soulevé par Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM, qui a estimé qu’«il existe, quand même, une certaine précision par quelques secteurs au niveau de la formation éducative». Elle, qui a qualifié cette initiative d’«historique» et mis l’accent sur la qualification des ressources humaines, a établi une comparaison entre le Maroc et les pays développés ayant créé le Bac pro en s’appuyant sur des chiffres.
30% des Bacs sont professionnels dans ces pays et environ 35 % d’élèves ayant opté pour une telle formation ont plus de chance d’intégrer le marché de l’emploi. Pour information, les filières du Bac pro seront implantées dans les académies régionales du Grand Casablanca, de Rabat-Salé- Zemmour-Zaïr, du Gharb-Chrarda-Beni Hssein et de Tanger-Tétouan.
Les personnes à besoins particuliers ne sont pas en reste dans ce projet qui inclut, selon Mounir Abdelhaq, président de l’Institut de formation dans les métiers de l’industrie automobile, la problématique du handicap.









