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Le coût colossal de la violence à l’égard des femmes

Une enquête réalisée par le HCP et ONU Femmes en dévoile l’impact

Si la violence à l’égard des femmes et des filles a un effet pervers sur la société, ses conséquences économiques sont tout aussi importantes. Pour en évaluer l’impact, le HCP et l’ONU Femmes viennent de dévoiler les résultats d’une enquête exhaustive réalisée en 2019. «Le coût économique de la violence représente une lourde charge aussi bien pour la société, à travers son système de santé, ses services de soutien social, son système judiciaire, ses budgets alloués à l’élaboration de politiques ou de plans d’action pour lutter contre la violence à l’égard des femmes et la perte de la production économique que pour les individus et les ménages à travers leurs dépenses pour accéder aux différents services, la perte de revenus en raison de l’arrêt du travail et l’arrêt de la prise en charge des travaux domestiques non rémunérés», argumentent les experts du HCP. Il se rapporte spécifiquement aux coûts directs et indirects de cette violence supportés par les individus et leurs ménages dans tous les espaces de vie et pour les formes de violence physique et sexuelle au cours des 12 mois précédant l’enquête, explique la même source.

Les violences physiques et sexuelles pèsent 2,85 MMDH pour les ménages
22,8% de l’ensemble des victimes des violences physiques et/ou sexuelles ont dû supporter, elles ou leurs familles, des coûts directs ou indirects de la violence durant les 12 mois précédant l’enquête. Les chiffres sont parlants. Le coût global de la violence s’élève à 2,85 MMDH. Par victime, le coût moyen est de 957 DH. La quote-part du milieu urbain dans le coût économique global de la violence est de 72% (2,05 MMDH) alors qu’elle est de 28% (792 MDH) en milieu rural. Il en ressort que les victimes citadines (1.000 DH par victime) endossent un coût plus élevé que celui des victimes dans le monde rural (862 DH par victime). Selon les mêmes indicateurs, les coûts directs représentent la majeure partie du coût économique global avec une part de 82% (2,33 MMDH) contre seulement 18% pour les coûts indirects (517 MDH). Dans ce schéma, l’espace conjugal détient à lui seul plus des deux tiers du coût global de la violence avec une part de 70% (un coût global de 1,98 MMDH), suivi des lieux publics avec 16% (448 MDH) et du contexte familial avec 13% (366 MDH). Concernant les formes de violence, près de 85% du coût global concerne la violence physique (2,4 MMDH) et 15,3% la violence sexuelle (436 MDH).

Les dépenses pour accéder aux services de santé constituent 42,3% du coût direct

Le coût direct total de la violence atteint 2,3 MMDH pour les victimes de la violence physique et/ou sexuelle qui ont effectué des dépenses (20%) suite à l’ensemble des incidents de violence les plus graves subis au cours des 12 mois précédant l’enquête. Près de 85% du coût direct de la violence (1,98 MMDH) est lié aux violences physiques et 15% (353 MDH) aux violences sexuelles. Environ 70% du coût direct de la violence est dans le contexte conjugal (1,63 MMDH), 15% dans les lieux publics (356 MDH) et 13% dans le contexte familial (307 MDH). «Les dépenses engagées pour accéder aux services de santé représentent 42,3% du coût direct (986 millions DH. En deuxième position viennent les dépenses liées au recours aux services juridiques et judiciaires (25,8% ; 600 millions DH), suivies de celles liées au remplacement ou réparation des biens endommagés (17,9% ; 417 millions DH), à l’hébergement suite à l’abandon du domicile (13,5% ; 314 millions DH) et au recours aux services de la société civile (0,5% ; 11 millions DH)», relève ladite enquête.

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Les répercussions sur les jours de travail rémunéré

517 millions de dirhams, c’est le coût indirect supporté par 8% des victimes de violence physique et/ou sexuelle, au cours des 12 mois précédant l’enquête. Il en ressort que près de 84% des coûts indirects sont liés aux violences physiques (434 MDH). «Le contexte conjugal représente 68% du coût indirect global, suivi des lieux publics (18%) et du contexte familial (11%). Plus de 55% (284 millions DH) du coût indirect global revient au coût estimé des jours de travaux domestiques perdus, soit 281,2 millions DH pour les femmes victimes et 3,1 millions DH pour leurs conjoints. Près de 44% de ce coût (227 millions DH) est lié à la perte de rémunération suite à l’absence au travail rémunéré des femmes victimes (172 millions DH) et de leurs époux (55 millions DH)», souligne la même source ajoutant par ailleurs que «le coût des jours de scolarisation manqués des victimes et de leurs enfants suite aux incidents de la violence à l’encontre des femmes ne représente que 1% du coût indirect total (5,7 millions DH)».

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