Le Happiness Manager, un métier indispensable pour nos organisations

Le Happiness Manager, un métier indispensable pour nos organisations

Le bien-être au travail est souvent traduit et défini comme la situation de travail où l’employé exerce ce qu’il aime, quand ses besoins correspondent parfaitement au poste qu’il occupe au sein d’un environnement sain. Selon la définition d’un expert, il est synonyme de plaisir : «le bien-être c’est prendre plaisir au travail et vivre positivement en entreprise en réalisant ses tâches et en travaillant dans la bonne humeur avec ses collègues et l’épanouissement personnel».
En anglais, le bien-être est traduit par well-being (le fait d’être à l’aise, en bonne santé ou d’être heureux), wellness (le fait d’être en bonne santé physique et morale) et welfare (santé, bonheur et prospérité d’une personne, d’un groupe ou d’une organisation).
Le bien-être au travail est composé des différentes satisfactions de la vie dont jouissent les individus ; comme la satisfaction ou non liée à la paie, les opportunités de promotion, le travail en lui-même, ses collègues et de la santé en général.

Au Maroc, le bien-être au travail est un concept très nouveau, ce n’est qu’après l’indépendance qu’une série de mesures incitatives a été mise en place, visant à encourager l’entreprise marocaine à travers les marchés publics pour encourager le développement du secteur privé ; ainsi le pays s’est inscrit dans un processus d’ouverture et a connu plusieurs réformes, notamment en matière de législation de travail. A cet égard, le Maroc s’est inspiré des conventions internationales pour présenter en 2004 le nouveau code du travail marqué par la modernisation, la suppression de rigidités au travail pour assurer une grande flexibilité à travers la libéralisation des mécanismes d’embauche et de licenciement. Ce code a également mis l’accent sur le rôle important des institutions sociales comme : le comité d’entreprise, les représentants syndicaux ainsi que les délégués du personnel.

Le premier pas vers une prise de conscience du sujet de bien-être au travail au Maroc a vu le jour grâce à l’enquête nationale réalisée en 2012 par le Haut-commissariat au Plan. L’enquête a touché 3.200 personnes âgées de 15 ans et plus, dont 2.080 personnes se trouvent en milieu urbain. L’enquête a mis l’accent sur l’inexistence d’une définition précise du bien-être pour laisser le choix aux personnes sondées de le définir selon leur propre regard et ordre de priorité dans leur vie. Les résultats montrent que le logement occupe la première place. Le revenu se trouve en 2ème place, puisque près de neuf Marocains sur dix mettent en avant la bonne rémunération du travail comme facteur principal du bien-être. L’emploi occupe la troisième position, avec les bonnes conditions de travail et l’équité dans l’accès à l’emploi qui représentent les principaux facteurs de l’effectivité du bien-être dans le domaine de l’emploi. La santé vient en 4ème place en mettant l’accent sur la gratuité, la proximité et la qualité des services.

Sur cette même thématique du bien-être au travail, une autre étude d’envergure nationale a été réalisée par l’Observatoire marocain du bonheur (OMB) en 2017. Elle a pour objectif de mesurer le niveau de bien-être des Marocains au travail et d’identifier les facteurs qui l’impactent en interrogeant 1.200 employés, âgés de 25 à 60 ans de tous les secteurs d’activités dans la zone rurale et urbaine. Les résultats de cette enquête ont abouti à des impressions diversifiées ; pour certains employés l’amour du métier exercé est soutenu chez ceux qui reconnaissent une augmentation de revenu et une bonne ambiance au sein de l’équipe ; chez les hommes le travail est plus source de bien-être que chez les femmes ; pour près du tiers des sondés le travail est source de stress car ils considèrent que le manque de reconnaissance, le manque de moyens pour atteindre les objectifs et le sentiment de surcharge de travail sont à l’origine de ce stress.

Donner du sens à son travail

Une des pistes pour donner du sens à ce qu’on fait consiste à commencer par évaluer les aspects positifs et négatifs de notre travail en se posant des questions existentielles sur nos sensations, notre épanouissement, notre vision, notre degré de satisfaction, notre mission. En effet, c’est en recherchant l’équilibre entre les satisfactions et contraintes de notre emploi que nous parvenons à nous y épanouir et donc à savoir pourquoi nous travaillons réellement.
Cette quête du sens de son travail est devenue, pour bon nombre d’entre nous, une priorité. Et pour cause : nous ressentons intuitivement que cette conviction peut contribuer à notre épanouissement personnel, en nous permettant de nous réaliser, de découvrir et d’utiliser judicieusement notre potentiel. Mais pour y parvenir, encore faut-il apprendre à nous connaître car nous sommes les seuls à pouvoir mettre en résonance qui nous sommes et ce que nous faisons, notamment quand nous travaillons réellement, et surtout lorsqu’on aime ce qu’on fait on peut voir au-delà des problèmes et des difficultés ; et qu’en dépit des échecs les choses finissent par s’arranger et qu’un échec peut se modifier en réussite.
L’utilisation de la fluidité et de ces états positifs est un excellent moyen pour éduquer les jeunes car l’apprentissage deviendra naturel et non une menace, un plaisir et une incitation qui rend heureux, comme a dit M. Othman Benjelloun, président de «FinanceCom» dans un témoignage publié dans L’Economiste du 30 juin 2015. «Je m’amuse en travaillant et je travaille en m’amusant».
Le rôle des DRH est de faire attention à la santé mentale et physique de leurs salariés

Parmi les pistes qui peuvent aider nos DRH à aborder certaines difficultés au travail est l’organisation des team buildings qui sont des sorties en groupe, combinées avec des sessions de brainstorming, grâce auxquelles les collègues se rapprochent et créent des liens. Ils apprennent également à mieux se connaître sur le plan personnel pour mieux s’entraider au travail. Les activités de consolidation ont plusieurs effets positifs sur le renforcement des équipes, ce qui permettra de favoriser la communication entre les membres de l’équipe, encourager la collaboration, développer la confiance entre les membres, supporter la stratégie, améliorer la productivité et accroître l’efficacité de l’équipe, motiver les membres, partager une vision commune, éliminer le travail en silos, stimuler la créativité, accroître et améliorer le leadership, solidifier la synergie et démontrer l’importance de la contribution de chacun au sein d’une équipe.
Plusieurs thématiques peuvent être choisies en fonction de l’objectif désiré (créativité, innovation, synergie, solidarité…) qui permettent de transporter les participants dans un autre contexte et de leur faire vivre les émotions et l’expérience désirée. La thématique permet également de faciliter la communication des messages à transmettre et crée une expérience dont les participants se rappelleront longtemps.

En 2002, le rapport des orientations stratégiques européennes a mis l’accent sur «une approche globale du bien-être au travail, prenant en compte les changements du monde du travail et l’émergence de nouveaux risques, notamment psychosociaux, et vise ainsi à améliorer la qualité du travail, dont un environnement de travail sain et sûr. Ainsi, l’apparition du terme «bien-être» dans les organigrammes de la fonction RH, avec des chargés de missions ou encore des responsables du bien-être ou de bonheur au travail. Le Maroc, en tant que pays en pleine émergence, n’est pas écarté de cette vague de changement. Durant ces dernières années, les pratiques en ressources humaines ont connu une évolution considérable tel que le prouve l’ enquête du HCP réalisée en 2012 sur le bien-être, marquant un début d’une prise de conscience de son impact sur le niveau humain, social et professionnel ; ce qui reflète son grand intérêt managérial pour la réussite de nos organisations.

Un métier mal compris

Un métier aujourd’hui encore mal compris par nos organisations est le Happiness Manager, dont la posture peut insuffler du bonheur au travail et améliorer la qualité de vie des employés. Connu sous le titre anglophone «Chief Happiness Officer», ce poste de directeur du bonheur représente l’avenir du bien-être au travail. C’est un nouveau métier, un métier qui va s’adapter aux besoins de l’entreprise. Il n’y a pas vraiment de fiche de poste. Il y a des Happiness Managers avec un soutien RH, d’autres avec un côté plus événementiel. Il n’y a pas de définition précise même si les tâches restent fondamentalement les mêmes.
Bon nombre d’idées reçues circulent sur les Happiness Managers, notamment concernant les tâches qui leur incombent ; mais la réalité de ce poste n’a pourtant rien de futile et rime plutôt avec sérieux, rigueur et dévouement comme le souligne l’experte Sophie Lepert dans son livre publié en 2018 «Heureuse dans mon job pour les nuls». Pour cette directrice du bonheur, ses missions sont exécutées avec soin, de façon à ce que l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle soit respecté. «Ce sont des frontières parfois très floues, notamment dans les start-up. Il y a également la partie organisation d’événements, on fait de petites réunions avec le personnel pour chercher comment améliorer la vie de l’entreprise. L’idée, c’est d’impliquer les salariés: un employé qui se sent bien, ça se répercute positivement sur sa société, car si les salariés sont heureux, ils sont plus performants», ajoute la professionnelle.
Le bonheur ne se cultive pas avec des actions superficielles. L’enjeu est bien trop important pour les entreprises, pour qui cette notion de bonheur permet de faire aussi des économies.
Pour notre experte le fait de laisser partir un collaborateur au lieu de tout faire pour qu’il reste coûtait plus cher à l’entreprise, et recruter une nouvelle personne, la former, etc. cela a un coût. «On veut que les bons éléments restent chez nous», affirme Sophie Lepert.

Le Happiness Manager est une démarche fédératrice et positive : pas question de forcer les employés à participer les manifestations internes de l’entreprise. La frustration est contre-productive. L’idée c’est vraiment de faire en sorte que chaque individualité puisse s’exprimer. Il faut également savoir que la recette du bonheur ne dépend pas que du Happiness Manager car ce poste comme le considère Lepert doit être en accord avec les valeurs de l’entreprise, et que si une entreprise traite mal ses employés, il vaut mieux ne pas installer ce poste . Intégrer cette fonction dans une société c’est intéressant si tout le monde souhaite aller dans la même direction. L’employé doit avoir des tâches intéressantes à faire et surtout être valorisé et écouté par son manager.
Si semer le bonheur dans la sphère professionnelle est un travail qui tend à se démocratiser, celui-ci n’est pas de tout repos pour notre prochain gouvernement Akhannouch, dont les challenges et les attentes des citoyens sont nombreux, bien entendu sur les chantiers sociaux. Et là encore, la tâche ne sera pas des plus aisées. Bonne chance et réussite pour notre chef exécutif pour nous guider vers le bonheur.

(*) Cadre en Communication et Coach
personnel et d’équipe

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