Décret n° 2.26.342.
Amine Tahraoui, ministre de la santé et de la protection sociale, et Azzedine El Midaoui, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, ont présenté, à l’occasion d’une conférence de presse conjointe tenue le 15 mai 2026, les principales dispositions et les objectifs du décret n° 2.26.342 relatif au statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire en formation, publié au Bulletin officiel du 4 mai 2026. Parmi ces nouvelles mesures, on citera la réduction progressive de la durée d’engagement des médecins spécialistes de 8 à 3 ans, l’accès au concours d’internat avancé dès la fin de la 4ème année, accélérant le parcours de spécialisation. Les détails.
Le Maroc accélère la réforme de son système de santé. Après les chantiers de généralisation de la couverture médicale et de restructuration hospitalière, les autorités planchent désormais sur un maillon stratégique du système de santé, à savoir le statut des étudiants stagiaires en médecine, pharmacie et médecine dentaire qui fait l’objet du décret n° 2.26.342. Ce nouveau texte, publié au Bulletin Officiel, introduit plusieurs évolutions majeures portant sur le parcours de formation, les modalités d’engagement et le statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire, dans le cadre de la réforme nationale du système de santé et du déploiement des Groupements sanitaires territoriaux (GST). Présenté le 15 mai 2026 à Rabat par Amine Tahraoui, ministre de la santé et de la protection sociale et Azzedine El Midaoui, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, ce nouveau cadre réglementaire entend moderniser en profondeur les conditions de formation des futurs professionnels de santé et répondre aux nouveaux défis du secteur.
Un tournant décisif pour une génération appelée à porter la transformation du paysage sanitaire marocain. Cette réforme vise à moderniser le cadre de formation et d’engagement des étudiants en médecine afin de renforcer l’attractivité du secteur public, d’améliorer la stabilité des parcours professionnels et de mieux répondre aux besoins du système national de santé.
Densifier l’offre médicale dans les différentes régions du Royaume
La réforme s’articule autour de quatre leviers principaux visant à renforcer la présence médicale sur l’ensemble du territoire national. Le premier point concerne le régime d’engagement qui passe progressivement de huit années à un régime pérenne de trois années. Cette mesure vise à aligner le cadre réglementaire sur les réalités observées sur le terrain et à encourager les lauréats à rejoindre le secteur public dans des conditions plus attractives et plus durables. Le concours d’accès à l’internat est désormais ouvert dès la fin de la quatrième année d’études, contre la cinquième année précédemment. Cette mesure permet d’optimiser le calendrier de formation et de répondre plus rapidement aux besoins en médecins spécialistes. Cette réforme entend aussi consolider le statut juridique au sein des GST. En effet, le décret précise les droits et obligations des différentes catégories d’étudiants en formation (stagiaire observateur, externe, interne, résident). Leur intégration progressive au sein des Groupements sanitaires territoriaux leur offre un cadre d’exercice moderne, structuré et pleinement intégré à l’offre de soins régionale, tout en renforçant la territorialisation de la formation et l’adéquation entre les besoins régionaux et les parcours de spécialisation. Ce nouveau texte vise aussi à revaloriser le statut des résidents et l’amélioration des conditions de formation. La réforme met fin aux situations professionnelles insuffisamment stabilisées en généralisant un cadre statutaire rémunéré et structuré.
Les résidents sont désormais nommés, dès la première année de résidanat, au premier échelon du premier grade du cadre des médecins, pharmaciens ou médecins-dentistes, avec attribution de l’indice 509, garantissant une meilleure stabilité administrative, matérielle et sociale. Lors de leur nomination, les résidents signent un engagement de servir, immédiatement après l’obtention du diplôme de spécialité, pour une durée définie conformément aux dispositions transitoires prévues par le décret et aux textes législatifs et réglementaires en vigueur. Le décret consacre également le principe de préservation des acquis et des droits des promotions actuellement en formation.
Le calendrier transitoire selon les promotions
Engagement. Le gouvernement fixe progressivement les nouvelles règles d’engagement des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes spécialistes issus des établissements publics de formation. Pour les diplômés des promotions 2024 et 2025, la durée d’engagement au sein du secteur public est arrêtée à six ans à compter de leur date de nomination. Un calendrier transitoire a également été instauré pour les médecins résidents, avec une réduction progressive de cette durée selon les promotions.
Les lauréats de la promotion 2026 seront ainsi soumis à un engagement de six années, tandis que ceux des promotions 2027 et 2028 devront accomplir cinq années de service. Pour les promotions 2029, 2030 et 2031, cette durée sera ramenée à quatre ans.
À partir de 2032, le régime définitif entrera en vigueur, fixant la durée d’engagement à trois années seulement. Une évolution qui traduit la volonté des autorités de rendre les carrières hospitalières plus attractives tout en assurant les besoins du système public de santé. Ce mécanisme progressif vise à assurer la continuité de la présence médicale, accompagner la transition du système de santé et garantir une mise en œuvre maîtrisée de la réforme.










