Le Maroc consacre 4,5% de son PIB à la protection sociale (hors santé)

Le Maroc consacre 4,5% de son PIB à la protection sociale (hors santé)

Seulement 46,9% de la population mondiale bénéficie d’au moins une prestation de protection sociale tandis que les 53,1% restants -soit pas moins de 4,1 milliards de personnes- ne disposent d’aucune protection.

C’est ce que révèle l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un nouveau rapport mondial sur la protection sociale 2020-2022. Les données concernant le Maroc montrent que des efforts importants doivent être menés pour parvenir à la généralisation de la couverture sociale. Selon le rapport, seulement 20,5% de la population marocaine est couverte par au moins une prestation de protection sociale (hors santé, c’est-à- dire sans compter les soins de santé et les prestations de maladie). Il est important de noter à ce sujet que le taux de couverture en Afrique du Nord est de 33,8% et de 17,4% pour le continent africain. En Afrique du Nord, 3 pays devancent le Maroc, à savoir la Tunisie avec un taux de couverture de 50,2%, suivie de la Libye (46,2%) et l’Egypte (34,7%). L’OIT ne dispose d’aucune donnée concernant l’Algérie. Pour ce qui est du Soudan, seulement 9,3% de la population est couverte par au moins une prestation de protection sociale. Il faut bien entendre que la population couverte par au moins une prestation de protection sociale (couverture effective) signifie la proportion de la population totale qui bénéficie d’au moins une prestation en espèces contributive ou non contributive, ou cotise activement à au moins un régime de sécurité sociale.

Par ailleurs, la grande majorité des enfants au Maroc ne bénéficie pas d’une couverture sociale effective. En effet, la proportion d’enfants couverts par des prestations de protection sociale n’est que de 13,4%. Au niveau mondial, seuls 26,4% d’entre eux ont droit à des prestations de protection sociale. Leur niveau de couverture effective est particulièrement faible dans certaines régions : 18% en Asie-Pacifique, 15,4% dans les États arabes et 12,6% en Afrique. Le rapport révèle également qu’au Maroc, le taux de couverture n’est que de 6,8% pour les personnes présentant un handicap lourd. Il est de 23,4% pour les personnes âgées, 39% pour les travailleurs en cas d’accident du travail et 17,2% pour la population active couverte par le régime de retraite (cotisants actifs). S’agissant de la couverture sanitaire universelle, le Maroc affiche un taux de seulement 7% au même titre que la Tunisie. Quant aux dépenses publiques pour les systèmes de protection sociale, le Maroc leur consacre 4,5% de son PIB (hors santé), contre 7,7% en Afrique du Nord, 3,8% en Afrique et 12,9% dans le monde. Pour les dépenses publiques destinées à la santé, le Maroc dépense 2,1% du PIB, contre 2,4% en Afrique du Nord, 2% en Afrique et 5,8% dans le monde.

Dans ce rapport, l’OIT fait remarquer que les lacunes en matière de couverture, d’exhaustivité et d’adéquation des systèmes de protection sociale sont liées à un sous-investissement notable, notamment en Afrique, en Asie et dans les États arabes. Les pays consacrent en moyenne 12,9% de leur PIB à la protection sociale (hors santé), mais ce chiffre masque des écarts considérables. Ces dépenses représentent en moyenne 16,4% du PIB dans les pays à revenu élevé, soit deux fois plus que dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (8%), six fois plus que dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (2,5%) et quinze fois plus que dans les pays à faible revenu (1,1%). Toujours selon le rapport, le déficit de financement pour la mise en place de socles de protection sociale s’est creusé d’environ 30% depuis le début de la crise de Covid-19, en raison de l’augmentation des besoins en services de santé, des mesures de soutien du revenu et du recul du PIB provoqué par la crise.

L’OIT estime que pour garantir au moins une couverture de protection sociale de base, les pays à faible revenu devraient investir 77,9 milliards de dollars supplémentaires par an, les pays à revenu intermédiaire inférieur 362,9 milliards de dollars supplémentaires et les pays à revenu intermédiaire supérieur 750,8 milliards de dollars de plus par an. Cela équivaut, respectivement, à 15,9 ; 5,1 et 3,1% de leur PIB.

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