Le Maroc mobilise les Etats membres de l’ONU contre les violences pendant le confinement

Le Maroc mobilise les Etats membres de l’ONU contre les violences pendant le confinement

1.617 cas de Covid-19 confirmés, les malades de plus en plus jeunes

En moins de 24 heures, 124 Etats membres de l’ONU ont répondu favorablement à la déclaration initiée par le Maroc, l’Union européenne et le «core group».

Les violences conjugales ont explosé partout dans le monde. L’atmosphère anxiogène et le confinement à domicile ont généré un terreau propice aux violences conjugales et intrafamiliales. Le Maroc a pris l’initiative, avec l’Union européenne et un groupe de pays composé de la Nouvelle-Zélande, l’Argentine, la Turquie, la Mongolie et la Namibie, d’élaborer une déclaration conjointe pour soutenir le nouvel appel du secrétaire général de l’ONU. António Guterres, pour «la paix à la maison, dans les foyers, à travers le monde entier».

Rappelons que le 5 avril dernier, le SG de l’ONU avait lancé un appel mondial pour protéger les femmes et les jeunes filles des violences à la maison. «La violence ne se cantonne pas aux champs de bataille. Malheureusement, de nombreuses femmes et jeunes filles se retrouvent particulièrement exposées à la violence précisément là où elles devraient en être protégées, dans leurs propres foyers. C’est la raison pour laquelle je lance aujourd’hui un nouvel appel pour la paix à la maison, dans les foyers, à travers le monde entier», avait-il déclaré.

Dans cet appel, M. Guterres tire la sonnette d’alarme face à la flambée de la violence domestique enregistrée dans le monde, exacerbée par le confinement provoqué par la pandémie de Covid-19. En moins de 24 heures, 124 Etats membres de l’ONU ont répondu favorablement à la déclaration initiée par le Maroc, l’Union européenne et le «core group». Cette déclaration de soutien avec les noms des pays signataires a été envoyée à M. Guterres. Ainsi, les pays signataires se sont engagés à faire de la prévention et de la réparation de la violence domestique un élément clé des réponses nationales et mondiales contre le Covid-19, et à instaurer une politique de tolérance zéro en matière de violence domestique.

Recrudescence des violences faites aux femmes : 27 ONG interpellent le gouvernement

Au Maroc, 27 associations mettent en garde le gouvernement contre une recrudescence de la violence à l’égard des femmes pendant la pandémie de Covid-19. Ces ONG parmi lesquelles figurent notamment Mobilising for Rights Associates (MRA) et l’Association de lutte contre le sida (ALCS) ont adressé vendredi une lettre à la ministre de la solidarité, au ministre de la justice, au ministre de la santé, à la présidente de la Commission nationale pour la protection des femmes victimes de violence, ainsi qu’au président du ministère public pour une réponse d’urgence qui «soit efficace, adaptée, et d’une manière conforme aux normes et principes des droits humains» pour lutter contre ce phénomène qui a pris des proportions alarmantes. «Nous vous écrivons pour vous exhorter à répondre aux besoins urgents des victimes de violence domestique et d’agression sexuelle et aux programmes qui les servent en réponse à la pandémie de coronavirus 2019 (Covid-19) et aux perturbations qui en résultent.

Il est impératif que les mesures d’urgence prises par les autorités répondent aux besoins des femmes – directement et via les programmes qui les servent, notamment à veiller à ce que toutes les parties concernées – les acteurs publics, les associations, et les femmes victimes de violences – aient accès aux informations, aux systèmes de soutien et aux ressources nécessaires pendant la crise actuelle», peut-on lire. Ces ONG estiment que le taux des violences qui est déjà élevé au Maroc risque d’augmenter davantage à cause des tensions au sein des foyers liées notamment au chômage, aux licenciements, et aux pertes de revenu. Les associations signalent qu’étant concentrées dans des secteurs de travail précaires et des emplois à bas salaires, les femmes souffrent de l’insécurité économique causée par la pandémie.

Cette vulnérabilité économique entraîne une dépendance accrue vis-à-vis de leurs agresseurs. Ainsi, les ONG signataires recommandent aux autorités compétentes de donner des consignes aux forces de l’ordre pour se déplacer immédiatement aux domiciles et ce même en l’absence d’un ordre du procureur. Elles proposent aussi d’émettre des ordonnances de protection d’urgence de manière préventive, en attendant ou en l’absence des poursuites ou de jugement pénal final. Elles recommandent également d’imposer le peine maximale pour toutes les infractions – crimes et délits – de violences faites aux femmes pendant cette période et de veiller à ce que les agresseurs condamnés pour violences ne soient pas libérés avant que leur peine soit purgée, et assurer une protection à ces femmes.

La moyenne d’âge des cas confirmés a baissé en passant à 46,5 ans

Le nombre de cas de contamination et de décès continue d’augmenter au Maroc. Le ministère de la santé a annoncé ce dimanche 12 avril à 10 h un nouveau bilan faisant état de l’apparition de 72 nouveaux cas de Covid-19 depuis le samedi à 18h, portant à 1.617 le nombre de cas cumulés. Le nombre de personnes déclarées guéries s’est élevé à 153 avec 12 rémissions supplémentaires. Pour sa part, le nombre global des décès s’est établi à 113, après l’enregistrement de 16 nouveaux décès. Un total de 6.856 cas suspects ont été exclus après des résultats d’analyses effectuées au laboratoire. La région de Casablanca-Settat qui compte toujours le plus grand nombre de cas est en passe d’atteindre les 500 cas. Viennent ensuite les régions de Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès.

Les 1.617 cas testés positifs ont été recensés dans les régions de Casa-Settat (458), Marrakech-Safi (307), Rabat-Salé-Kenitra (231), Fès-Meknès (214), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (153), l’Oriental (104 ), Daraa-Tafilalet (72), Beni Mellal-Khénifra (48), Souss-Massa (23), Laâyoune-Sakia El Hamra (4), Dakhla-Oued Dahhab (2) et Guelmim-Oued Noun (1). Le directeur de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la santé, Mohamed El Youbi, avait fait remarquer samedi lors du point sur la situation épidémiologique du coronavirus au Maroc que la moyenne d’âge des cas confirmés a baissé en passant à 46,5 ans.

Les cas pris en charge actuellement comprennent des nourrissons de 2 mois et des personnes en âge avancé, avec 96 ans comme âge maximal. Cette situation s’explique par l’apparition de plus en plus de cas de jeunes patients dans les milieux familiaux constituant des foyers de contamination. Par ailleurs, les services de santé ont placé 3.541 personnes en quarantaine et sous surveillance car faisant partie des personnes ayant côtoyé des personnes atteintes du coronavirus.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *