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Le Maroc s’associe au Japon et à l’Unesco

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Le projet comprendra aussi des actions de sensibilisation auprès des habitants des provinces d’Al Haouz, Marrakech, Ouarzazate et Taroudant, afin de les former aux mesures de prévention et aux réflexes à adopter quand ces catastrophes surviennent.

Le Maroc, l’Unesco et le Japon renforcent leur coopération dans le domaine de la gestion des catastrophes naturelles. Le séisme du 8 septembre dernier, qui avait marqué les esprits en raison de ses dégâts, pousse les responsables à explorer de nouvelles pistes de coopération avec l’Unesco ainsi que le Japon, l’un des pays qui ont beaucoup d’expérience dans le monde dans la gestion des effets et des risques des tremblements de terre. Dans ce sens, un nouveau projet est annoncé avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Grâce à un financement du Japon, l’Unesco va soutenir le Royaume dans le renforcement de ses outils d’alerte et de résilience aux séismes.

Ce projet bénéficiera à près de 2,8 millions de personnes. «Le Maroc est exposé à de nombreux risques sismiques en raison de l’activité tectonique forte, en particulier dans le nord du pays et dans les montagnes de l’Atlas. Le séisme d’Al Haouz, survenu le 8 septembre 2023, a démontré la nécessité de renforcer encore davantage l’étude de l’activité sismique dans la région en vue de protéger les populations et le patrimoine bâti. L’Unesco, en tant qu’Organisation des Nations Unies pour les sciences, a proposé au Maroc de mettre en œuvre un projet dédié, financé par le Japon à hauteur de 900K$. Ce projet va venir compléter les efforts déjà entrepris par le pays pour renforcer l’évaluation des risques sismiques et le niveau de préparation des populations locales», apprend-on auprès de l’Organisation onusienne. Concrètement, le projet consistera à renforcer les capacités des professionnels sur le terrain, en partageant des pratiques internationales de pointe en matière de sismologie, de réduction des risques liés aux catastrophes naturelles et de techniques de reconstruction. Il comprendra aussi des actions de sensibilisation auprès des habitants des provinces d’Al Haouz, Marrakech, Ouarzazate et Taroudant, afin de les former aux mesures de prévention et aux réflexes à adopter quand ces catastrophes surviennent. «L’Unesco a une longue expérience dans l’étude, la prévention et la réponse aux catastrophes naturelles.

Notre Organisation a notamment créé et coordonne le système mondial d’alerte aux tsunamis. Grâce à ce nouveau projet conduit avec le Royaume du Maroc et le soutien financier du Japon, nous allons aider la population de cette partie de l’Atlas à mieux anticiper les risques liés aux séismes et à s’en protéger le mieux possible », déclare Lidia Arthur Brito, sous-directrice générale de l’Unesco pour les sciences exactes et naturelles. « En tant que représentant du Japon, pays confronté aux risques sismiques, je partage la souffrance causée par le séisme d’Al Houz. Je tiens à exprimer ma respectueuse et sincère appréciation envers les efforts déployés par le gouvernement marocain pour la reconstruction, conformément aux Hautes instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Afin de soutenir les régions sinistrées par ce séisme, mon pays a déjà apporté une contribution financière de 3M$. Ce projet conduit avec l’Unesco montre à nouveau la conviction du Japon à accompagner les populations marocaines», déclare Kuramitsu Hideaki, ambassadeur du Japon à Rabat. L’Unesco mettra en œuvre ce projet en collaboration avec le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, le ministère de l’éducation nationale, du préscolaire et des sports, le Centre national pour la recherche scientifique et technique, et l’Institut national de géophysique qui joue déjà un rôle essentiel dans la surveillance et l’alerte précoce aux séismes.

Ce projet contribue également à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, notamment en améliorant l’éducation, la durabilité urbaine, la lutte contre l’impact des changements climatiques et de la perte de biodiversité, ainsi que le renforcement des institutions. Pour rappel, le séisme de 2023 au Maroc, survenu le 8 septembre 2023 à 22 h 11 min 2,2 s MT (23 h 11 locale), est le plus important tremblement de terre enregistré par des stations sismiques de l’histoire du pays, avec une magnitude de 7 sur l’échelle de Richter, selon l’Institut national de géophysique. L’épicentre du séisme, survenu à une profondeur d’environ 8 kilomètres, a été localisé à 30.961 degrés de latitude Nord et 8.413 degrés de longitude Ouest. Ce premier séisme est suivi 20 minutes plus tard d’une importante réplique. Les secousses provoquent d’importants dégâts et l’effondrement de nombreux bâtiments et sont ressenties dans plusieurs régions du Maroc ainsi qu’au sud de l’Espagne, au sud du Portugal et au nord de la Mauritanie. Il faut dire que le Maroc se trouve à proximité des limites de plaques africaine et eurasienne, sur la faille transformante Açores-Gibraltar. Cette zone de décrochement dextre devient transpressive à son extrémité Est, avec le développement de grandes failles inverses.

À l’Est du détroit de Gibraltar, dans la mer d’Alboran, la limite entre les plaques tectoniques est de type convergente. La sismicité au Maroc est majoritairement liée aux mouvements le long de cette limite. Le nord du pays, principalement dans le Rif, situé juste à la limite entre les deux plaques tectoniques, présente le plus grand risque sismique. Le séisme de 2004 à Al Hoceïma de magnitude 6,3 avait causé la mort de 628 personnes et fait 926 blessés. De manière générale, le tremblement de terre du 8 septembre avait causé des destructions extrêmement importantes, par exemple dans la région de Marrakech-Safi, qui regroupe notamment Marrakech, ainsi que les villes côtières de Safi et d’Essaouira. Les provinces les plus touchées sont celles d’Al-Haouz et Chichaoua, dans la région de Marrakech-Safi, mais aussi la province de Taroudant au sud, dans la région du Souss-Massa, ainsi que la province d’Ouarzazate vers l’Est, dans les régions de Drâa-Tafilalet, Béni Mellal-Khénifra et la province d’Azilal.

Solidarité exemplaire
Mobilisation. La nuit du 8 septembre restera à jamais gravée dans les mémoires. Un violent séisme a frappé le Maroc dont l’épicentre est situé dans la province d’Al Haouz faisant des milliers de morts et de blessés. Il s’agit du plus puissant séisme jamais enregistré dans l’histoire du pays. Les dégâts matériels et humains ont été importants, étant donné l’étendue des zones touchées par le séisme et ses répliques. La réactivité de Sa Majesté le Roi Mohammed VI ne s’est pas fait attendre. Le Souverain a présidé le 9 septembre au Palais Royal de Rabat une séance de travail consacrée à l’examen de la situation.
Au cours de cette séance, les responsables avaient présenté en détail les mesures prises pour répondre rapidement à cette catastrophe naturelle majeure. Lors de cette réunion, Sa Majesté le Roi avait donné Ses Hautes instructions pour poursuivre rapidement les opérations de secours sur le terrain et fournir une aide immédiate aux sinistrés, notamment en matière d’hébergement, d’alimentation et de besoins de base. Sur Hautes instructions royales, un compte spécial auprès du Trésor et de Bank Al-Maghrib avait été créé pour recevoir les contributions volontaires des citoyens et des organismes publics et privés.
Par la suite, le Souverain S’était rendu au Centre Hospitalier Universitaire Mohammed VI de Marrakech, où SM le Roi S’est enquis de l’état de santé des blessés. Cette initiative Royale d’un grand soutien moral aux blessés et à leurs familles vient conforter les différentes initiatives et mesures prises pour secourir, assister et accompagner les personnes affectées par le séisme d’Al-Haouz. Immédiatement après la catastrophe naturelle, un mouvement de solidarité exceptionnel s’est organisé au Maroc et partout dans le monde. Dans plusieurs villes du Royaume, les citoyens se sont organisés pour recueillir des dons en nature afin de les acheminer jusqu’aux zones sinistrées.

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