Le paradoxe marocain : Un pays jeune sans sa jeunesse !

Le paradoxe marocain : Un pays jeune sans sa jeunesse !

10 octobre, célébration de la journée mondiale pour la santé psychique

Par Khadija El Gour (*)

La Journée mondiale pour la santé psychique que nous célébrons le 10 octobre de chaque année est tombée cette année 2020 en pleine épidémie de la Covid-19 qui impacte l’ensemble de la population de la planète, de ses souffrances et de ses difficultés généralisées. Ce contexte affecte dans notre pays de manière encore plus marquée les cohortes de jeunes dont la marge de liberté d’agir et de se mouvoir se trouve particulièrement limitée et entravée. Les effets psychologiques délétères de cette situation inédite, qui se trouve ainsi exacerbée, aggrave tout particulièrement la condition des personnalités déjà fragilisées par des conditions de vie souvent précaires et empreintes de frustrations sur tous les plans et au quotidien. Ainsi, là où l’espoir à cet âge permet de rêver une société idéale, penser un avenir meilleur, dessiner des horizons avec un ailleurs prometteur. La multiplication des interdits et des frustrations que cette composante de notre société doit subir avec une totale absence à la fois de la considération qu’ils méritent ainsi que l’écoute attentive qu’on se doit de leur accorder.

Les observatoires spécialisés, de par toutes leurs études fines, constatent le triste résultat pour notre jeunesse. En effet, c’est elle qui paie le plus lourd tribu en termes de marginalisations, manifestations de troubles psychologiques, de violences actives ou passives ainsi que des taux de toxicomanie et de suicide bien au-dessus de la moyenne nationale sur toute une population.
Nous déplorons l’absence totale de toute réponse politique adaptée à ces centaines de milliers de jeunes filles et garçons, abandonné(e)s, livré.e.s aux trafiquants de drogues, aux multiples formes d’addictions, aux endoctrinements de tout bord.
Sans lieu d’accueil dans des structures spécialisées, ces jeunes en errance dans les rues des grandes villes basculent.
Nous avons besoin de mettre en place des structures et des dynamiques pour canaliser les énergies des jeunes vers des activités productives et créatives en fonction de leurs passions et de leur ressenti sur les plans collectif et individuel. Il devient aussi impératif de réinventer un nouveau langage et une nouvelle approche de communication avec une nouvelle génération née connectée au monde grâce aux nouvelles technologies de communication, une nouvelle génération qui a une nouvelle vision du monde et de nouvelles aspirations largement différentes des nôtres.
Il est un postulat sur lequel l’accord est anonyme, l’avenir d’un pays, et cela est encore plus vrai pour notre pays, celui-ci ne peut être, ni pensé, ni rêvé sans ses jeunes. Ils doivent être au cœur de nos projets politiques et de toute prospective d’avenir. Le Maroc de demain sera avec eux ou ne sera pas.

Les effets d’annonce d’un jour doivent laisser la place à l’action véritable et à une politique ambitieuse pour les jeunes de notre pays, c’est à cela que nous devons consacrer sans relâche toute notre énergie pour que la réussite de notre pays soit au bout du chemin.
AGISSONS sans attendre !!!!!

(*) Sociologue, experte auprès du Réseau marocain de l’alliance civile des jeunes.

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