Société

Le polisario a l’épreuve de l’umanitaire

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Ils devront prendre leur mal en patience avant de pouvoir se rendre à Laâyoune. Pas moins de 12 000 personnes, vivant à Tindouf, ont fait part de leur volonté de rendre visite à leurs proches au Maroc. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), qui supervise le programme d’échange de visites entre les familles qui vivent à Tindouf en Algérie et leurs parents établis au Maroc, ne peut pas répondre à toutes les demandes. Il a terminé, jeudi dernier, la première phase des va-et-vient entre Laâyoune et les camps de Tindouf.
L’opération concerne 26 personnes, réparties en 7 familles, en provenance de Tindouf et 23 personnes, appartenant à 8 familles, quittant Laâyoune. Ce dernier effectif porte à 1.200 les bénéficiaires du programme, initié en mars 2004. Curieux destin de ces Marocains concernés par le programme du HCR. Les uns vivent dans leur pays. Les autres sont hébergés, voire séquestrés, en Algérie. Les uns sont souverains et mènent la vie ordinaire de tout citoyen. Les autres sont assujettis à l’appareil de propagande du polisario et vivent dans des conditions d’une âpreté indescriptibles. L’humanitaire prédomine dans les opérations supervisées par le HCR. Les échanges de visites permettent en effet à des membres d’une famille, séparés depuis près de 30 ans, de se retrouver. Mais cette opération aux fins humanitaires très louables n’est pas sans risques pour le polisario. «Les personnes qui viennent de Tindouf constatent l’évolution des provinces du Sud. Elles se promènent dans les villes, se rendent comptent de la liberté d’expression, de la normalité de la vie. Elles sont obligées de se rendre à l’évidence de la propagande du polisario», déclare à ALM Hamid Chabar, gouverneur chargé de la coordination avec la Minurso.
Ces personnes restent une semaine au Maroc. Ensuite, elles repartent dans les camps et parlent de ce qu’elles ont vu. A ce sujet, le polisario procède au fractionnement des familles qui se rendent au Maroc. Le HCR ne contraint pas au retour ceux qui formulent le souhait de rester. Pour parer à cette éventualité, le polisario tient en otage l’époux, l’épouse ou les enfants pour obliger les partants à prendre le chemin du retour.
En dépit de cet encadrement et d’autres précautions, le polisario n’a pu empêcher certaines personnes de rester dans le pays où elles souhaitent vivre – le leur.
Deux femmes ont fait le voyage une seule fois. Elles ont choisi de rester au pays avec leurs enfants. Il s’agit de Lghalia et Fouila Lahzam. La première avait pris un grand risque en venant au Maroc, alors qu’elle était à sa dernière semaine de grossesse.
Elle a donné naissance à un garçon à l’hôpital Hassan II de Dakhla. Et pour preuve de sa détermination à rester dans son pays et comme ultime affront à la propagande d’Abdelaziz & co, elle a donné le prénom du Roi à son enfant.