Leadership au féminin : Quand Wimen monte au créneau pour plus de parité !

Leadership au féminin : Quand Wimen monte au créneau  pour plus de parité !

Laila El Andaloussi, dirigeante du Cabinet ABS Consulting, a été reconduite en tant que présidente de l’association Wimen.

$L’événement qui s’est tenu le 1er octobre dernier a, en effet, démarré par la tenue de l’assemblée générale élective. «Wimen vise à travers un vivier de modèles de réussite féminine, et un réseau professionnel de référence, à mobiliser et fédérer des personnalités de calibre autour d’un objectif commun d’empowerment de la femme marocaine». C’est en ces termes que Laila El Andaloussi a rappelé l’importance du rôle de la société civile, dans le but de renforcer l’inclusion de la femme à tous les niveaux. Parmi d’ailleurs son cahier des charges, l’association Wimen prévoit de soutenir la femme rurale à travers un projet intégré (social, entrepreneurial et financier). «Car dans le monde rural, les normes patriarcales sont encore plus rigides. La femme travaille encore plus que l’homme, mais son travail n’est ni reconnu, ni comptabilisé, ni valorisé», déplore, en effet, la présidente.

La soirée a été, par la suite, consacrée à la conférence, présentée par le Pr Raja Aghzadi, chirurgienne praticienne, présidente de «Cœur de femmes» et membre de la Commission spéciale sur le Nouveau modèle de développement, autour du thème «Place de la femme dans la vision du NMD».
Pr Aghzadi insistera sur le fait que «l’égalité entre femme et homme est un enjeu de développement avec des retombées économiques importantes si toutefois on adopte une approche intégrée, à même de libérer les énergies et d’instaurer la confiance tout en prenant en considération toutes les sensibilités de la société, à savoir notre histoire, notre patrimoine socioculturel, nos potentiels, notre géographie (…)». Tout est dit. Personne ne contredira le professeur qui a énuméré les progrès qu’a enregistrés le Royaume dans ce registre. Pour rappel, la réforme du code de la famille en 2004 a permis plusieurs avancées et la Constitution de 2011 est venue renforcer et appeler à la parité. Ce sont 18 dispositions qui plaident, en effet, en faveur de l’égalité entre femme et homme. «Des zones d’ombre dans les textes législatifs restent néanmoins à éclaircir. Une loi claire sans ambigüité doit voir le jour», soulèvera, toutefois, Pr Aghzadi.

Les difficultés sont encore là. Plusieurs indicateurs l’attestent. Le taux de participation de la femme à l’économie a, en effet, baissé de 19%, les inégalités des salaires sont réelles puisque la femme perçoit un salaire égalant 85% celui de l’homme. L’entrepreneuriat féminin ne dépasse pas 11%… Les violences domestiques, psychologiques, sexuelles ont été, également, énumérées comme facteurs bloquants au changement du statut de la femme au Maroc… «Il y a encore un gap important entre nos textes qui prônent l’égalité dans tous les domaines et les pratiques imprégnées d’une culture à forte dominance patriarcale. D’ailleurs, le dernier rapport du HCP, publié en 2020, dévoile que le taux de la population féminine active a reculé à 21%», rappellera, de son côté, la présidente de Wimen.
Pr Aghzadi insistera sur trois piliers prioritaires pour améliorer la situation de la femme, à savoir l’éducation, la santé et l’emploi. Le changement de mentalités ne pourra se faire qu’à travers la scolarisation pour toutes et tous. L’oratrice préconise, à titre d’exemple, l’éducation sexuelle comme partie intégrante du programme de scolarité, afin d’instaurer un modèle contre la violence, qui prône la parité, la mixité et la tolérance.

Et au niveau de l’emploi, elle recommande d’abolir l’écart salarial et d’encourager l’entrepreneuriat féminin, sachant que plus de 20% des ménages sont gérés par des femmes.
Le défi est donc de moderniser l’arsenal juridique et d’assouplir les conditions et politiques de l’emploi féminin. «Au niveau des entreprises en particulier, la situation pourrait s’améliorer si on instaure un dispositif d’information, d’évaluation et de contrôle des avancées relatives à la mixité», conclut la présidente de Wimen.
Les enjeux sont clairs. Les relever dépendra du changement des mentalités. Le nouveau gouvernement qui a fait appel à 7 femmes est un signe encourageant. A suivre…

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